
Plusieurs cortèges sauvages et actions de blocage ont lieu ce samedi en France, entraînant de nombreuses interpellations et des mesures de sécurité renforcées.
Des manifestations et cortèges sauvages ont lieu ce samedi à Paris, Rennes, Lyon et Bordeaux, entraînant des dizaines d'interpellations, des blocages et des interventions des forces de l'ordre face à une contestation sociale protéiforme.
AI-generated summary
Des mouvements sociaux et des contestations ont lieu en France sur fond de projet de budget prévoyant des économies et de revendications sur le pouvoir d'achat.
En ce milieu de matinée, deux cortèges sauvages parisiens ont été dispersés par les effectifs de la préfecture de police. Un premier rassemblement syndical composé d’une centaine de personnes s’est formé aux alentours de la Gare du Nord avant de rejoindre la rue du faubourg Saint-Denis. Dans le quartier de la Gare de l’Est, plus d’une centaine de personnes partiellement masquées et criant « Acab » se faufilent dans les rues. Au fil des croisements de rues, les policiers de la Brav-M bloquent certains passages afin d’orienter le cortège sauvage. Un second cortège, composé d’une centaine de lycéens a débuté rue de Rennes.
À 11h00 ce samedi matin, 61 interpellations et 589 contrôles préventifs ont été réalisés.
Présent à un rassemblement de quelques centaines de personnes à Valenciennes (Nord), le candidat communiste à la présidentielle Fabien Roussel a assuré : «Les Français ont peur, ils sont inquiets, ils ont raison (...). C’est pour ça que nous devons être très nombreux, paysans, salariés, lycéens, lycéennes, il faut que tous ensemble on arrive à être unis pour peser sur les choix du gouvernement». «Alors qu’il y a des mesures fortes à prendre pour défendre le pouvoir d’achat des Français (...), le gouvernement fait tout l’inverse» avec son projet de budget 2027 prévoyant 54 milliards d’euros d’économies, a ajouté le chef du PCF.
Quelques minutes plus tôt, sa prise de parole et celles de représentants des Jeunes communistes et d’un syndicaliste CGT devant les manifestants ont été perturbées par quelques gilets jaunes qui ont crié «Jordan Bardella» et «Front national», a constaté l’AFP. «Pour moi, ce qui est important, c’est que l’ensemble des Français, quelles que soient leurs opinions (politiques, NDLR), se mobilisent», a insisté Fabien Roussel. «Il y a forcément parmi les gens qui manifestent aujourd’hui, qui sont en colère, des gens qui ont envie de voter pour l’extrême droite».
Regarder la vidéo La gauche est «renforcée» par la multiplicité des candidatures, estime Fabien Roussel
Le début de matinée est plutôt calme à Bordeaux. Malgré des actions annoncées sur plusieurs ponts de Bordeaux, la situation reste globalement calme ce matin. Une barricade a été montée par une trentaine de jeunes sur le cours Balguerie-Stuttenberg.
À Langon, une dizaine de manifestants se sont également regroupés sur le rond-point d’Aquitaine, selon Sud Ouest.
La manifestation doit se tenir à 14h sur la place de la Bourse. Le musée national des Douanes, situé sur la place, n’a pas encore décidé s’il fermerait ses portes, une décision qui dépendra de l’ampleur de la mobilisation.
Simon Pierre, Le Figaro Bordeaux
Rayan psn, un influenceur contre lequel le préfet de police de Paris a saisi la justice en raison de ses appels à «participer à des émeutes» samedi, a été interpellé et placé en garde à vue. L’influenceur, de son vrai nom Rayanne B., a été interpellé vers 1 heure dans la nuit de vendredi à samedi à Créteil lors d’un contrôle policier d’un groupe de personnes sortant d’un minibus.
Lundi, le préfet de police, Patrice Faure, avait saisi la procureure de la République de Paris après que sur le réseau social Twitch Rayan psn a appelé à se mobiliser sous le signe «le 17, c’est war zone!». «Je veux des chefs de meute, des gens qui n’ont pas peur, qui ont déjà fait des gardes à vue», disait-il lors de cette séquence.
En rendant public jeudi ce signalement, la préfecture de police de Paris avait souligné que l’influenceur avait déjà fait l’objet de «plusieurs procédures et condamnations judiciaires (…) pour outrage et menace de mort sur personne dépositaire de l’autorité publique».
À lire aussi « Chaque fois que j’entends un bruit sourd, je sursaute » : à Créteil, le lycée Saint-Exupéry, berceau de la contestation, reste traumatisé par les violences
«Dans le cadre du dispositif de sécurité déployé sur l’agglomération parisienne, à 9h30, 40 interpellations ont déjà été réalisées, principalement pour port d’armes ou de protections prohibées», a indiqué la préfecture de police de la capitale sur X, en relayant des images des saisies.
«Aussitôt installées, aussitôt retirées». Sur son compte X, la préfecture de police de Paris a également rapporté avoir retiré des barricades sur les Champs-Élysées. «Manifester est un droit. Entraver la circulation sur la voie publique ne l’est pas», écrit la préfecture. «Nous appelons chacun à exprimer ses revendications dans le calme et dans le respect de l’ordre public.»
Tôt dans la matinée, des publications sur les réseaux sociaux relayaient des images de l’avenue bloquée, et prétendaient qu’il s’agissait de l’Élysée qui se barricadait en prévision des manifestations prévues ce samedi.
Le maire LFI de Saint-Denis, Bally Bagayoko, invité de franceinfo ce matin, a déclaré à l’intention des lycéens : «Vous avez le droit de manifester, allez-y (...), nous serons à vos côtés car votre combat est juste et légitime».
«L’objectif, c’est à la fois la convergence des luttes, des indignés et des générations», a poursuivi Bally Bagayoko, qui espère que cette mobilisation du 17 octobre sera «le point de départ d’une dynamique plus importante».
«La violence peut être légitime mais elle doit être évitée» : Bally Bagayoko revient sur la polémique suscitée par sa déclaration. «La violence n’est pas forcément physique (...), la première violence est institutionnelle», précise le maire LFI de Saint-Denis.
Les locaux de la chaîne CNEWS ont été pris pour cible tôt ce matin par des manifestants, comme le montre une vidéo partagée par Paris Match sur les réseaux sociaux. Plusieurs rédactions, qualifiées de «canaux de la propagande ennemie», ont été explicitement ciblées dans les groupes de discussion de manifestants du 17 octobre.
Aux alentours de 7 heures, une centaine «d’individus cagoulés» ont bloqué l’accès au parking devant le bâtiment situé dans l’ouest de la capitale et qui abrite également la rédaction d’Europe 1, a précisé cette source.
Les manifestants ont jeté des projectiles et brisé des vitres. Des images sur les réseaux sociaux montraient également des barrières renversées. Après intervention des forces de l’ordre, 21 personnes ont été interpellées, a indiqué la préfecture de police.
Dès 8h, une vingtaine de personnes ont installé un barrage filtrant, avec des poubelles et des grosses palettes, aux abords du centre commercial Leclerc du quartier de Cleunay, à Rennes. Julie, étudiante, dit être «là pour sauver les services publics» et en «soutien aux lycéens contre les violences policières». «Il faut plus de thunes pour les écoles et les hôpitaux et moins pour l’armée», a-t-elle ajouté à l’AFP.
Des barricades enflammées ont aussi été installées par des manifestants sur la rocade, au niveau de la porte de Villejean, entraînant une interruption de la circulation, a rapporté la préfète de Bretagne et d’Ille-et-Vilaine sur X. À l’arrivée des forces de l’ordre, les individus ont quitté les lieux. Les forces de l’ordre sécurisent le secteur.
Une intervention est également en cours sur la route de Lorient, où des pavés ont été jetés par des manifestants contre les forces de sécurité intérieure, a précisé la préfète.
À Lyon, plusieurs commerces du centre-ville ont barricadé leur vitrine avec des panneaux de bois pour éviter les dégradations après la manifestation de mardi marquée par de nombreux incidents. Elle n’avait d’ailleurs pu aller à son terme. Le cortège de 11.000 à 15.000 personnes ayant été dispersé après des dégradations sur une station-service. La première mobilisation, le 6 octobre, qui avait réuni près du double de participants s’était pourtant tenue dans le calme.
Plusieurs points de rassemblements sont prévus dans le département du Rhône ce samedi 17 octobre. Des opérations péage gratuits et des blocages de route sont annoncés. Des rendez-vous sont aussi donnés à la raffinerie de Feyzin ou à l’entrepôt pétrolier du port Édouard Herriot sans que l’on sache s’ils seront tenus. La préfecture a prévenu que «aucun blocage sur des axes structurant et des équipements majeurs, important, essentiels ne sera toléré».
À lire aussi Manifestation du 17 octobre : face à la contestation, les syndicats en ordre dispersé
Si aucun parcours de manifestation n’a été déposé, plusieurs appels à rassemblement circulent. Le plus relayé donne rendez-vous à 14 heures sur la place Bellecour. Les services de l’État annoncent «un dispositif de sécurité adapté et robuste» pour intervenir «systématiquement» en cas de violences ou de dégradations. Comme ces derniers jours des arrêtés interdisant le transport de carburant et d’engins pyrotechniques ont été pris par la préfecture.
À 9 heures, la préfecture annonce la présence d’un «groupe hostile d’une centaine de personnes» sur les quais de Rhône. Les forces de l’ordre sont présentes sur place. Elles ont déjà dispersé un groupe de 40 individus qui tentait d’entraver la circulation au niveau du pont de la Guillotière. Idem au nord de la ville où un groupe d’une quinzaine d’individus a été dispersé au niveau du rond-point de la Feyssine. Enfin, le rendez vous à la raffinerie de Feyzin a été rejoint par une dizaine de personnes, également dispersées par les forces de l’ordre.
Face aux mobilisations attendues ce samedi, Sébastien Lecornu a convoqué une cellule interministérielle de crise (CIC), au niveau des directeurs de cabinet du premier ministre, du ministre de l’Intérieur et des autres membres du gouvernement concerné
Ces derniers jours, le gouvernement a multiplié les gestes pour tenter de désamorcer la contestation. Jeudi soir, une nouvelle rencontre avec les organisations lycéennes n’a pas permis de dissiper leur insatisfaction. Le premier ministre a annoncé une enveloppe comprise entre 500 et 700 millions d’euros pour le plan de relance agricole de 2027, alors que le spectre d’une reprise de la mobilisation des agriculteurs se profile.
L’exécutif a également prolongé les aides destinées aux secteurs les plus exposés à la hausse des prix des carburants. Autant de fronts sociaux que le gouvernement cherche à contenir, dans un contexte de fortes contraintes budgétaires.
La RATP a annoncé la fermeture de 25 stations de métro et RER dès ce samedi 8 heures, «à la demande de la préfecture de Police».
Dans le détail, les arrêts ne seront pas desservis ce samedi 17 octobre dès 8h du matin à:
Charles de Gaulle-Étoile (lignes 1, 2 et 6, RER A)
Champs-Élysées - Clemenceau (lignes 1 et 13)
Concorde (lignes 1, 8 et 12)
Opéra (lignes 3, 7 et 8)
Tuileries (ligne 1)
Pyramides (lignes 7 et 14)
Madeleine (lignes 8, 12 et 14)
Assemblée nationale (ligne 12)
Miromesnil (lignes 9 et 13)
À partir de 12 heures, «les trains circuleront sans marquer l’arrêt et les correspondances ne seront donc pas assurées» aux stations:
Anvers (ligne 2)
Blanche (ligne 2)
Pigalle (ligne 2 et 12)
Bastille (lignes 1, 5 et 8)
Bourse (ligne 3)
À lire aussi Mobilisation du 17 octobre : bras de fer autour du parcours des manifestations parisiennes
La réouverture de ces stations s’effectuera «sur autorisation de la Préfecture de Police», précise la RATP.
AI outlook — possibilities, not facts
Maintien d'un dispositif de sécurité renforcé pour les manifestations
Very likely · Within days
A national day of social mobilization on October 17 in France gave rise to demonstrations, blockages and tensions between demonstrators and the police in Paris, Lyon, Marseille and other cities, with numerous arrests.
Several demonstrations and incidents punctuated the national day of mobilization of October 17 in France, marked by tensions, arrests in Paris and in the provinces, as well as an attack on the headquarters of CNews.
A day of social mobilization punctuated by wild processions and arrests is taking place in France, against a backdrop of rising prices and contestation of the draft budget, pushing the authorities to mobilize the police.
High school students, yellow vests, climate activists and trade unionists are preparing a convergence of their demonstrations in France this October 17. More than 90 demonstrations are structured, while the government warns against blockages.

Faced with the political and economic situation in France, many young graduates, like Emile who left for Hong Kong, doubt the future and are hesitant to return to the country, against a backdrop of low confidence in the institutions.
A vast day of social mobilization and the return of the yellow vest movement led to thousands of demonstrators and actions in France, with tensions in Marseille, Lyon and Rennes and restrictions in Paris.