François Bayrou met en garde contre « la tenaille du pire » et plaide pour une primaire élargie du bloc central
Invité d’Europe 1, l’ancien premier ministre alerte sur le danger d’un duel RN-LFI en 2027 et critique le plan d’économies de Marine Le Pen.
Quick Look
- Invité d’Europe 1, François Bayrou met en garde contre un duel RN-LFI en 2027 qui ferait courir un « danger létal » à la France.
- Il appelle à une large primaire du bloc central et critique vivement les propositions du RN.
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Why It Matters
L'élection présidentielle française de 2027 suscite de multiples positionnements politiques et alliances au sein des différents blocs.
Invité d’Europe 1 ce matin, l’ancien premier ministre François Bayrou met en garde contre «la tenaille du pire» qui guette la France, une confrontation RN contre LFI. «Les deux partis plongeraient la France dans une situation dont elle ne sortirait pas. Elle courrait un danger létal, et je n’exagère rien», affirme-t-il. Selon lui, l’élection de l’un de ces deux partis aurait la même conséquence : «L’Union européenne saute.»
Dans son livre La France qui vient, François Bayrou alerte contre l’endettement effarant de la France. Néanmoins, le plan de 125 milliards d’économies proposé par Marine Le Pen lui semble inepte. «C’est une blague», lance-t-il. «Aucun gouvernement ne peut en claquant des doigts faire des économies de cet ordre. Je rappelle que le budget de l’État c’est 400 milliards.» Les trois postes d’économie suggérés par le RN - la coupe des crédits de l’immigration, la fin de la contribution à l’UE et la suppression des 170 agences françaises - ne lui semblent ni réalistes, ni raisonnables.
En cette rentrée politique, François Bayrou estime qu’en amont de la présidentielle, il faut une primaire qui va «de tous ceux qui refusent l’alliance avec Mélenchon à tous ceux qui refusent l’alliance avec Le Pen». «Nous allons devoir nous battre pour que le candidat qui présente une autre solution que le dramatique affrontement des extrêmes soit au second tour. Ces personnes vont devoir accepter une confrontation loyale.» Parmi les personnalités qui ont «la capacité, l’envie et l’expérience pour participer» et pourraient représenter le bloc central, François Bayrou cite Thierry Breton, Jean-Louis Borloo, Bruno Lemaire et Élisabeth Borne. L’ancien premier ministre considère «que le centre n’est pas représenté comme il faut dans cette élection» et voudrait une primaire plus large.
Gabriel Attal venu défendre «une campagne de terrain», Marine Tondelier soutenir «l’union» de la gauche et Jean-Luc Mélenchon dérouler ses propositions sociales: les candidats à la présidentielle ont présenté samedi à la braderie de Lille leurs stratégies face au Rassemblement national.
Entre remise en cause de l’aide financière à l’Ukraine et signature par Jordan Bardella d’un protocole d’accord symbolique sur l’immigration avec Nigel Farage, figure du Brexit, le Rassemblement national fait face à ses contradictions sur le volet international. Ses opposants se sont engouffrés dans la brèche. «Cheval de Troie de la Russie», «grande soumission», «patriotes de pacotille»... Les mots des candidats à l’élection présidentielle sont forts à l’encontre du parti de Marine Le Pen et M. Bardella.
Favorite des sondages pour l’Elysée en 2027, la candidate du parti à la flamme et son président sont visés de toutes parts par leurs concurrents, après deux prises de position de leurs troupes ces derniers jours. En premier lieu, l’hypothèse de voir la France «couper le robinet» de l’aide à l’Ukraine en cas d’arrivée du RN au pouvoir a été avancée par le vice-président Louis Aliot, jeudi soir.
Et vendredi, le président du parti M. Bardella est parvenu à rassembler la quasi-totalité de la classe politique contre lui en paraphant en grande pompe un protocole d’accord symbolique avec Nigel Farage, patron du parti pro-Brexit Reform UK. Dans ce texte, qui imagine fictivement une victoire de ces deux partis alliés, un volet prévoit notamment... le renvoi vers la France de migrants interceptés dans les eaux britanniques.
Marine Le Pen reste largement en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2027, tandis qu’Édouard Philippe confirme être à ce stade le mieux placé du bloc central pour accéder au second tour, selon un sondage Ipsos/BVA pour Le Parisien publié samedi.
Avec entre 34 et 36% des intentions de vote au premier tour, la candidate du Rassemblement national reste loin devant ses concurrents. Le score du Rassemblement national paraît stabilisé : il est très similaire à celui que recueillait en juin chez le même sondeur Jordan Bardella, testé à l’époque. Derrière Marine Le Pen, le candidat Horizons Édouard Philippe est le mieux placé dans quasiment toutes les configurations pour accéder au second tour.
Seule exception néanmoins : si Gabriel Attal (Renaissance) est sur la ligne de départ à ses côtés. Dans ce cas, M. Philippe (14,5%) serait doublé de justesse par le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon (15%), M. Attal obtenant 7,5% des voix. Si Gabriel Attal n’était pas candidat, Édouard Philippe serait à 19%, quatre points devant Jean-Luc Mélenchon, et loin devant Bruno Retailleau (Les Républicains, 7,5%). Ce dernier apparaît en recul d’1,5 point dans cette configuration par rapport à la dernière enquête Ipsos pour Le Parisien, réalisée en juin.
Raphaël Glucksmann, candidat via la primaire organisée avec le Parti socialiste, navigue entre 11,5% et 14% des intentions de vote. Il serait au coude à coude avec Gabriel Attal si l’ex-premier ministre était désigné candidat du camp présidentiel, à 14%. Dans l’espace socio-démocrate, le candidat de Place publique semble convaincre beaucoup plus que le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, testé pour la première fois par cet institut et dont les intentions de vote ne dépasseraient pas 5,5%, un score proche de celui de l’écologiste Marine Tondelier (entre 3,5 et 5,5%).
What to Watch
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Organisation d'une primaire au sein du bloc central pour la présidentielle
Possible · Within months
Open Questions
- Qui sera désigné candidat unique du bloc central ?
- Quel impact réel auront les polémiques internationales du RN sur les intentions de vote ?





