Grève de la fonction publique et blocages de lycées : les enseignants et agents mobilisés contre le budget 2027
Moins bien rémunérés que dans l'OCDE, les enseignants français manifestent ce mardi aux côtés des fonctionnaires et des lycéens contre le gel du point d'indice et le projet de budget.
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Des milliers de fonctionnaires, enseignants et lycéens manifestent en France pour protester contre le gel du point d'indice, la baisse du pouvoir d'achat et le projet de budget 2027, à l'appel d'une large intersyndicale.
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Why It Matters
Les agents publics protestent contre le gel du point d'indice et la perte de pouvoir d'achat face à l'inflation.
Moins bien rémunérés en moyenne que leurs homologues des pays de l’OCDE, les enseignants français sont également moins nombreux à se déclarer satisfaits de leurs salaires, relève l’organisme dans son rapport annuel «Regards sur l’éducation» publié ce mardi, dans un contexte de grogne des agents de la fonction publique.
En France, seuls 27% des professeurs du premier cycle du secondaire (collège) se disent satisfaits de leur rémunération, contre 39% en moyenne dans les pays de l’Organisation pour la coopération et le développement économiques (OCDE). En France, les rémunérations demeurent inférieures à la moyenne de l’OCDE, en particulier en milieu de carrière.
En 2025, un enseignant de collège titulaire du Capes et comptant quinze ans d’ancienneté gagnait ainsi 18 % de moins que la moyenne observée dans l’organisation, contre 16 % en 2022. À l’inverse, l’écart est plus limité en début de carrière (-2 %) et en fin de carrière (-4 %).
«Le gel du point d’indice, ça veut dire une baisse de salaire pour des millions d’agents publics qui sont déjà parmi les moins bien payés des pays de l’OCDE», a déclaré la numéro un de la CGT Sophie Binet sur BFMTV/RMC. Elle a appelé le gouvernement à «changer ce projet de budget qui est dangereux pour le pays et qui nous fait foncer à 200 km/h dans le mur de la récession».
Depuis 2017, les agents publics n’ont vu leur point d’indice revalorisé qu’en 2022 (3,5%) et 2023 (1,5%), soit une revalorisation totale légèrement supérieure à 5%. Entre-temps, selon l’Insee, l’inflation cumulée depuis 2017 aura atteint 24,17% à la fin 2026. Au programme : le «pouvoir d’achat» des fonctionnaires, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années.
La CGT a promis une «journée noire» dans la fonction publique, et les autorités s’attendent à voir défiler entre 20.000 et 40.000 personnes, hors pompiers.
Interrogée par Le Figaro à proximité du lycée Claude Monet, dans le 13e arrondissement de Paris, où un blocus s’organise depuis ce mardi matin, la députée parisienne et membre du parti Les Écologistes a estimé qu’il était «important que les lycéens se mobilisent car l’Éducation nationale fait partie des administrations ciblées par les politiques macronistes».
Et de poursuivre: «A priori, cette année le budget sera maintenu pour l’Éducation Nationale. Mais on pourrait imaginer que ce soit l’une des priorités de l’avenir. Avec ce budget, force est de constater que ce n’est pas le cas». Sandrine Rousseau reprend les résultats de l’enquête PISA parue début septembre. «Si on a des résultats PISA catastrophiques, ce n’est pas le fait du hasard. C’est parce que les politiques publiques en matière d’éducation baissent».
Interrogé ce mardi matin sur France Inter sur le rôle son parti politique dans les blocages de lycées, Manuel Bompard a défendu le soutien de LFI au mouvement. «Je veux saluer la mobilisation des lycéens. Je trouve que c’est assez formidable et assez exemplaire de voir des jeunes gens [...] qui se battent et qui se mobilisent tout simplement pour demander des conditions d’éducation qui soient dignes», a déclaré le coordinateur de LFI.
«Je trouve qu’on devrait tous saluer cette mobilisation lycéenne», a-t-il poursuivi. Et d’assumer le soutien de son mouvement : «Quand on partage les revendications d’une mobilisation, c’est normal qu’on l’appuie, qu’on la soutienne et qu’on appelle à ce qu’elle s’amplifie.»
Jugeant «honteuse» la stratégie de TotalEnergies, la secrétaire générale de la CGT propose «d’imposer au géant pétrogazier et autres majors du pétrole de vendre le carburant moins cher aux distributeurs».
«J’ai entendu Serge Papin dire à votre micro : “je n’ai pas envie d’embêter Total”, mais pour qui travaille-t-il ? Est-ce que son travail est d’être au service de Total pour ne pas l’embêter ou d’être au service de l’intérêt général et des 40 millions de travailleurs qui ne peuvent même plus aller travailler ?», a-t-elle interrogé encore sur BFMTV/RMC.
Sophie Binet réclame ainsi un «blocage des prix et des marges», et ce, pour tout le monde. En somme, «imposer un prix de vente des pétroliers aux distributeurs» pour qu’ils ne profitent pas davantage de la crise en cours. Car il y a selon elle «un risque de dumping», alors que Total pourrait «profiter de l’asphyxie des stations-service en faillite» pour les racheter et «élargir ainsi leur monopole».
La secrétaire générale de la CGT a appelé de son côté ce mardi matin le gouvernement «à entendre la colère des lycéens» et «à cesser d’envoyer des policiers» dès lors qu’une mobilisation lycéenne est organisée.
«Ce qu’ils demandent, c’est très simple : des tables, des chaises et des enseignants, et on leur répond en leur envoyant des forces de l’ordre. C’est dangereux, il faut laisser les équipes éducatives faire leur travail et laisser les lycéens exercer leurs droits de citoyens», s’est-elle exprimée sur BFMTV/RMC.
«Quand on envoie les forces de l’ordre, on organise les débordements», a poursuivi la syndicaliste, estimant que c’était avant tout «au ministère de l’Éducation nationale de gérer les mobilisations lycéennes, et non pas au ministère de l’Intérieur». Avant de lancer : «Il faut cesser tout de suite (d’envoyer des policiers) et répondre sur le fond à leurs revendications légitimes».
Invitée de RMC ce mardi matin, la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse a appelé «à l’apaisement» après les blocages de plusieurs établissements lundi. Elle a évoqué «une quarantaine de lycées bloqués», «vingt blessés» et quinze établissements vandalisés, pour un montant de réparations déjà estimé à «200.000 euros».
«Tout ça est une instrumentalisation politique», a-t-elle accusé, mettant directement en cause La France insoumise. Selon elle, un mot d’ordre «“Saccage ton lycée”» circulerait sur les réseaux sociaux, accompagné de défis TikTok autour des blocages. «Aujourd’hui, la LFI, c’est les pompiers pyromanes», a-t-elle lancé.
Des centaines d’élèves étaient massés, ce mardi matin, devant l’établissement du 13e arrondissement de Paris. Un jeune homme a tenu un discours, debout sur les poubelles. Les collégiens «sont autorisés à rentrer», précise le lycéen.
Par sa présence ce mardi matin, Julien (prénom modifié), élève de terminale au lycée Claude Monet, soutient «le mouvement de la fonction publique» et «le blocus des lycées.» «Je suis contre la répression extrêmement violente qui a eu lieu dans les lycées de banlieue depuis le début de la semaine.»
Les lycéens comptent prendre part à la grève du 29 septembre de la fonction publique, à leur façon. Depuis une semaine, à Paris et plus globalement en Île-de-France, plusieurs établissements sont bloqués par des élèves. La raison ? La surcharge des classes et les emplois du temps, qu’ils jugent trop denses.
Après un été marqué par des incendies historiques durant lesquels les pompiers ont été rudement mis à l’épreuve, les pompiers ont décidé de se rassembler dans la capitale pour se joindre au reste des fonctionnaires.
Attendus au nombre de 5000 à 10.000 par les autorités, ils défileront dans un premier temps dans leur propre cortège, entre la place d’Italie et la Bastille, avant de rejoindre le reste des manifestants, qui partiront, eux, de la place de la République, pour se diriger ensuite jusqu’à la place de la Nation.
Une journée de grève nationale. Les agents de la fonction publique, au premier rang desquels les pompiers, manifestent ce mardi un peu partout en France à l’appel d’une large intersyndicale, avec l’ambition de mettre la pression sur le gouvernement, à deux jours de la présentation du projet de budget pour 2027.
Échaudées par un nouveau gel du point d’indice annoncé début septembre par le premier ministre Sébastien Lecornu, la CGT, FO, la CFDT, UNSA, la FSU, Solidaires, CFE-CGC et la FA-FP organisent plus de 170 manifestations à travers le pays pour réclamer une revalorisation des salaires des fonctionnaires et des «moyens budgétaires à la hauteur» des missions des services publics.
«Les premières annonces budgétaires pour 2027 font planer la menace de nouvelles contraintes sur les services publics ainsi que sur les rémunérations et sur les conditions de travail de leurs agents», a déploré l’intersyndicale dans un communiqué commun publié début septembre.
Les syndicats réclament ainsi «des mesures salariales générales, notamment une revalorisation significative de la valeur du point d’indice et son indexation sur l’inflation», mais aussi «des moyens budgétaires à la hauteur des besoins et des missions des services publics».
Le mouvement social est soutenu par la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, qui a appelé à «une journée noire» contre un projet de budget «régressif», et par son homologue de la CFDT, Marylise Léon. Cette dernière a appelé lundi le gouvernement à «augmenter les fonctionnaires», qui en ont «ras-le-bol du fonctionnaire bashing».
Écoles, transports, hôpitaux… Les effets de la grève vont se faire sentir dans plusieurs secteurs. Du côté de l’Éducation nationale, dans le premier degré, le FSU-SNUipp, premier syndicat des enseignants des écoles primaires, s’attend à 40% de grévistes.
Dans les transports, la grève devrait avoir peu d’impact. Côté SNCF, «le trafic des trains SNCF Voyageurs sera normal mardi 29 septembre sur les liaisons TGV, Intercités» et «quasi normal sur les TER», selon SNCF Voyageurs. En Île-de-France, quelques perturbations sont attendues sur les RER C et E (3 trains sur 4), sur le RER D (entre 1 train sur 2 et 1 train sur 3 selon les branches), ainsi que sur les lignes R (1 train sur 3, uniquement aux heures de pointe) et V (2 trains sur 3) du Transilien.
Dans les hôpitaux, la CGT Santé Action sociale a déposé un préavis de grève. La CFDT Santé-Sociaux a rejoint le mouvement. Les syndicats de France Travail appellent eux aussi leurs agents à cesser le travail. Déjà mobilisés depuis plusieurs semaines, les pompiers prévoient de manifester ce mardi. Sur son site, la CGT recense plus de 150 cortèges prévus dans 90 départements.
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Présentation du projet de budget pour 2027 par le gouvernement
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- Quelle sera l'ampleur réelle de la mobilisation interprofessionnelle ?
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