
Le Department of Homeland Security ordonne le retrait immédiat des produits DeepSeek et des services tiers basés sur ses modèles au sein des agences fédérales.
Le DHS américain a banni DeepSeek de l'administration civile, invoquant des risques de sécurité nationale liés à la localisation des serveurs en Chine et à la collecte de données, impactant également les logiciels tiers utilisant ces modèles.
AI-generated summary
Le DHS s'appuie sur le Federal Acquisition Supply Chain Security Act de 2018 pour bannir des fournisseurs jugés dangereux. DeepSeek est une entreprise chinoise dont les modèles sont largement utilisés dans des services tiers.
Trois mois dans un tiroir. Les USA bannissent DeepSeek de leur administration civile. En effet, le Federal Register publie ce mardi 20 octobre l’ordre du Department of Homeland Security. Celui-ci exclut DeepSeek de tout achat des agences civiles fédérales. Il ordonne aussi le retrait « immédiat » de ses produits des systèmes informatiques de l’État.
Le texte vise aussi « les produits et services tiers développés à partir des implémentations de DeepSeek ». Autrement dit, la formule dépasse l’application chinoise. Elle touche tout logiciel américain qui l’embarque.
L’ordre est signé du secrétaire Markwayne Mullin et daté du 24 juillet. Il précède donc de deux mois l’enquête de Pékin. La Chine a en effet ouvert sa propre procédure chez DeepSeek pour fuite de données vers les États-Unis.
L’outil juridique est inédit pour le DHS. En effet, l’« Exclusion and Removal Order #2026-01 » s’appuie sur le Federal Acquisition Supply Chain Security Act de 2018. Cette loi permet d’écarter un fournisseur jugé dangereux sans passer par le Commerce ni par la liste des entités. Le seul précédent connu est l’ordre du renseignement américain contre Acronis en 2025.
Celui-ci couvre toutes les agences civiles, sauf les systèmes de sécurité nationale. Il s’applique aussi bien à l’application qu’à l’API et aux affiliés de « Hangzhou DeepSeek Artificial Intelligence ». Enfin, l’avis est publié au Federal Register sous le numéro 2026-21447.
Les motifs tiennent en quelques phrases. « Les modèles de DeepSeek présentent de multiples vecteurs de menace », écrit le DHS. D’abord, les serveurs sont en Chine. Là-bas, « le système juridique accorde aux fonctions cyber et de renseignement du gouvernement un accès étendu aux infrastructures des entreprises privées ». Ensuite, la création de compte collecte des données personnelles. Elle « peut aussi pister et empreinter numériquement les utilisateurs ».
Enfin, les modèles eux-mêmes « peuvent contenir des malwares ». La seule pièce au dossier est pourtant un rapport de NowSecure de février 2025 sur les failles de l’application iOS. Aucune preuve de code malveillant dans un modèle précis n’est fournie.
Si les USA bannissent DeepSeek, ils laissent toutefois une porte. Les agences qui ne peuvent pas s’en passer ont 60 jours pour demander une exception à la CISA. De plus, le DHS réexaminera l’ordre chaque année.
La phrase qui inquiète est en note de bas de page. Le retrait s’étend aux « implémentations tierces de DeepSeek utilisées pour fournir des produits et services aux agences civiles ». Or les poids de DeepSeek sont ouverts sous licence MIT. Ainsi, la version V4 Pro d’août 2026 compte 1 600 milliards de paramètres. La mise à jour V4.1-Flash est, elle, sortie dimanche.
Ces modèles tournent chez Amazon Bedrock et Microsoft Azure depuis 2025. Perplexity en a même tiré une version « dé-censurée ». De plus, des passerelles comme OpenRouter ou Vercel AI Gateway routent les requêtes vers « le meilleur fournisseur disponible ». Celui-ci peut donc être DeepSeek sans que l’agence le sache. Microsoft prévoit d’ailleurs de faire tourner V4 Flash en local dans Windows.
Katie Moussouris, fondatrice de Luta Security, pose le problème à The Register. « Bannir l’application et l’API de DeepSeek est faisable. Le problème, c’est l’interdiction des produits et services tiers développés à partir des implémentations de DeepSeek. » Selon elle, l’ordre « ne dit pas ce que signifie « développé à partir de » ». Par conséquent, « chaque éditeur devrait attester que rien de ce dont il dépend n’a jamais touché DeepSeek. Il n’y a aucun moyen pratique de vérifier cela ».
Elle ajoute qu’un modèle hébergé aux États-Unis évite « la plupart » des risques listés. Mais les USA bannissent DeepSeek jusque dans les logiciels tiers. L’ordre ne prévoit en effet aucune exemption pour l’auto-hébergement. Les éditeurs de logiciels fédéraux devront donc choisir entre un audit impossible et un changement de modèle.
Pékin a répondu mardi par la voix de Mao Ning. La porte-parole dénonce « la généralisation excessive de la sécurité nationale ». Elle promet aussi de « défendre fermement les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises ». DeepSeek n’a pas réagi. The Information rapporte cependant que l’entreprise co-conçoit désormais la puce Ascend 960DT de Huawei. Elle est attendue au premier trimestre 2027.
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Demandes d'exceptions massives auprès de la CISA par les agences fédérales.
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