
La Maison Blanche, la CFTC et le FBI se mobilisent au lendemain du vol de 6,4 milliards de dollars sur Binance, attribué au groupe nord-coréen TraderTraitor.
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Un piratage majeur a touché la plateforme Binance, entraînant le vol de 6,4 milliards de dollars.
Washington au chevet de Binance. Vingt-quatre heures après le plus gros casse de l’histoire des cryptomonnaies, le dossier est passé des explorateurs de blocs à la Maison Blanche et aux agences fédérales.
Donald Trump dit examiner l’affaire et le président de la CFTC y voit la preuve qu’il faut placer les plateformes offshore sous tutelle américaine. Chainalysis confirme aussi la piste nord-nord-coréenne que nous détaillions hier matin.
Points clés
Le président américain a commenté le vol de Binance vendredi, sans annoncer de mesure.
Michael Selig (CFTC) réclame un enregistrement fédéral pour les exchanges étrangers.
Le Secret Service et le FBI participent à la traque des fonds avec Circle.
Chainalysis impute les 6,4 milliards de dollars dérobés au groupe TraderTraitor.
Trump et la CFTC s’invitent dans le hack Binance
Donald Trump a été interrogé sur le vol vendredi après-midi, en conférence de presse. Sa réponse a des accents de guichet de banque.
« Mais c’est un piratage, c’est ça le problème », a-t-il lancé. Il a ensuite évoqué l’époque « où l’on signait un chèque », avant de conclure qu’il avait « toujours trouvé ça un peu dangereux ».
Aucune annonce derrière. Le président, qui a gracié Changpeng Zhao il y a un an, s’est contenté de dire qu’il regardait le dossier et que Binance promettait de rembourser ses clients, rapporte The Block.
Michael Selig a été beaucoup plus offensif sur CNBC. Le président de la Commodity Futures Trading Commission (CFTC, le gendarme américain des produits dérivés) estime que le hack « prouve exactement » le bien-fondé des règles proposées par son agence début octobre.
« Le vrai problème, ce sont des plateformes offshore non régulées, qui n’ont pas les mêmes garde-fous que nos marchés financiers aux États-Unis », a-t-il déclaré.
Sa solution porte un nom : une option fédérale permettant aux exchanges étrangers de s’enregistrer auprès de la CFTC et d’adopter les normes de cybersécurité des marchés américains.
Selig prend soin de dédouaner la blockchain. Pour lui, la brèche est partie de l’ordinateur portable d’un employé, pas d’Ethereum.
Et la traçabilité on-chain donne aux régulateurs de quoi jouer les gendarmes de quartier.
Le Congrès s’agite aussi. La sénatrice Cynthia Lummis ressort le Clarity Act, bloqué au Sénat.
Selon elle, le texte aurait offert aux entreprises crypto une couverture juridique pour geler une transaction suspecte « à l’instant où les forces de l’ordre appellent ».
Hack Binance : le Secret Service et Chainalysis sur la trace de TraderTraitor
Le FBI a confirmé travailler avec des partenaires publics et privés pour mesurer l’ampleur de l’attaque. Le Secret Service est aussi sur le coup.
L’agence fédérale dit collaborer avec des acteurs privés, Circle en tête, pour identifier, geler et tracer les fonds volés. L’émetteur de l’USDC a déjà bloqué environ 823 millions de dollars.
Chainalysis attribue le vol au groupe nord-coréen TraderTraitor, déjà accusé du hack de Bybit en février 2025.
L’indice décisif est tombé vendredi vers 5h30, heure de Paris. D’après le rapport de Chainalysis, ses enquêteurs ont vu en temps réel des fonds sortis de Binance se mélanger à ceux volés à Bitget le mois dernier par des pirates nord-coréens.
Le pirate a pourtant tenté de prendre de vitesse les émetteurs de stablecoins. Il a converti en vingt minutes 325 millions de dollars de stablecoins en 285 millions de dollars d’ETH, puis expédié 175 millions vers des portefeuilles relais.
Les premiers gels sont tombés jeudi à 22h14, heure de Paris, moins d’une heure après le début du siphonnage.
Environ 2,8 milliards de dollars sont gelés à ce stade selon Chainalysis. Le reste file.
Des milliers de transactions automatisées, chacune amorcée par l’envoi d’exactement 1 TRX, morcellent la piste sur Tron.
Binance vise une reprise des retraits dimanche et dit avoir provisionné 6,34 milliards de dollars pour couvrir les pertes, une promesse que rien n’oblige juridiquement l’exchange à tenir.
Le Clarity Act, lui, attendra au minimum les midterms de mardi.
AI outlook — possibilities, not facts
Reprise des retraits sur Binance dimanche
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