Horaires atypiques : une réalité pour la majorité des actifs en France
Selon un avis de l'Anses, entre 55 % et 75 % des travailleurs français sont exposés à des formes d'horaires atypiques.
Quick Look
- Un avis de l'Anses révèle qu'une majorité d'actifs en France, entre 55 % et 75 %, effectue des horaires atypiques.
- L'agence souligne l'absence de définition juridique commune et appelle à un meilleur encadrement de ces rythmes en raison de leurs impacts sur la santé.
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Why It Matters
L'Anses a publié un avis le 2 septembre concernant l'exposition des actifs aux horaires atypiques. Il n'existe actuellement aucune définition juridique unifiée de cette notion en droit français.
La majorité des actifs travaillerait à des horaires atypiques. Voilà ce que révèle un avis de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), publié ce mercredi 2 septembre. Selon cette dernière, « entre 55 % et 75 % des actifs qui ont un emploi en France sont exposés à au moins une forme d’horaire atypique ».
Une part non négligeable d’actifs en France donc. « Salariés, agents publics ou indépendants, quel que soit le métier, tous les travailleurs peuvent être concernés […] par les horaires atypiques au cours de leur vie professionnelle », poursuit l’Anses. Celle-ci prône l’encadrement de ce rythme de travail qui a des effets sur la santé et la sphère sociofamiliale.
C’est quoi des « horaires atypiques » ?
C’est le sujet principal dans l’avis de l’Anses, alors autant expliquer à quoi cela correspond. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que cela est difficile puisqu’il n’existe aucune définition commune de cette notion. L’agence sanitaire se permet d’ailleurs de le rappeler : « Actuellement, la notion d’horaires atypiques ne correspond à aucune catégorie juridique en droit français et européen. » Elle « invite les pouvoirs publics » à en adopter une.
Pour son analyse, l’Anses a donc retenu trois formes d’horaires atypiques : le travail le week-end, le travail en horaires longs de plus de 8h par jour et/ou 40h par semaine, le travail en horaires décalés entre 5h et 8h et entre 19h et minuit. Le travail de nuit, qui est également considéré comme un travail avec horaires atypiques, n’a pas été pris en compte pour cette étude. Voilà donc pour la définition.
Pour réaliser cette analyse, l’agence sanitaire s’est heurtée au manque voire à l’absence de données sur plusieurs points. La durée exacte des pauses au cours des longues journées de travail est par exemple inconnue, « seule l’amplitude de la journée de travail étant renseignée ». Plusieurs hypothèses, « des plus restrictives aux plus larges », ont ainsi été formulées par l’Anses. Voilà pourquoi on se retrouve avec cette fourchette allant de 55 % à 75 % (76,22 % pour être précis) des formes d’horaires atypiques étudiées.
Chiffre et définition différents pour l’INSEE
Comme écrit précédemment, il n’existe pas de définition commune de la notion d’horaires atypiques. L’Anses a sa propre définition, tout comme l’Insee et la Dares.
Pour l’Insee, les horaires atypiques désignent le travail le week-end et le travail en horaires décalés (le soir de 20h à minuit, ou la nuit de minuit à 5h). Résultat : En 2025, 46 % des salariés déclarent travailler au moins une fois, sur une période d’un mois, sur une plage horaire atypique.
De son côté, le service statistique ministériel sur le monde du travail (la Dares) a récemment mis en ligne des données précises sur le travail le dimanche et le travail de nuit. Ainsi, en 2025, 23.2 % des personnes en emploi ont travaillé au moins un dimanche sur une période d’un mois. Pour le travail de nuit, cela concerne 10.9 % des personnes en emploi.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Appel des pouvoirs publics à adopter une définition juridique des horaires atypiques.
Likely · Within months
Open Questions
- Quelles mesures concrètes seront prises par les pouvoirs publics ?
- Quel est l'impact précis sur la santé à long terme ?



