Breaking
DETraffic: Accident on A5 - both lanes closed brieflyDEShipping: Federal government prohibits sale of logistics company to ChineseCNA passenger car flipped over at the starting point of National 1 Keelung End, and the 30-year-old female driver was trapped for a timeRUMuscovites were warned about almost 20-degree heatCRYPTO-TRAnother shutdown in Ethereum L2s: “They lost tens of millions of dollars”ITThe online platform for rent contributions for separated parents is launchedITRental bonus for separated parents, applications beginARThe UAE comments after the Houthis continue targeting Saudi ArabiaTRStatement from President Erdoğan on fund investigation: Those who commit fraud will be held accountableRUShipments through the Strait of Hormuz have recovered to pre-war levels.DETraffic: Accident on A5 - both lanes closed brieflyDEShipping: Federal government prohibits sale of logistics company to ChineseCNA passenger car flipped over at the starting point of National 1 Keelung End, and the 30-year-old female driver was trapped for a timeRUMuscovites were warned about almost 20-degree heatCRYPTO-TRAnother shutdown in Ethereum L2s: “They lost tens of millions of dollars”ITThe online platform for rent contributions for separated parents is launchedITRental bonus for separated parents, applications beginARThe UAE comments after the Houthis continue targeting Saudi ArabiaTRStatement from President Erdoğan on fund investigation: Those who commit fraud will be held accountableRUShipments through the Strait of Hormuz have recovered to pre-war levels.
Back"Ils déblaient à la main" : trois ans après le début de la guerre à Gaza, les Palestiniens toujours contraints de vivre dans les ruines et le dénuement
"Ils déblaient à la main" : trois ans après le début de la guerre à Gaza, les Palestiniens toujours contraints de vivre dans les ruines et le dénuement
Developing
France Info1 hour agoWorld7 min readFrance

"Ils déblaient à la main" : trois ans après le début de la guerre à Gaza, les Palestiniens toujours contraints de vivre dans les ruines et le dénuement

Trois ans après le début du conflit, la bande de Gaza fait face à une crise humanitaire sans précédent. Malgré un cessez-le-feu, le blocus israélien et le manque de moyens bloquent toute reconstruction.

Quick Look

Un an après le cessez-le-feu, la bande de Gaza reste un champ de ruines où 2,1 millions de Palestiniens survivent dans des tentes et des immeubles menaçant de s'effondrer, entravés par le blocus israélien.

AI-generated summary

Why It Matters

La guerre dans la bande de Gaza a débuté après les attaques du 7 octobre. Un cessez-le-feu est entré en vigueur il y a un an, le 10 octobre 2025.

Font size

Aussi loin que le regard se porte, la même désolation. Lorsque l'on pénètre dans la bande de Gaza par le point de passage de Keret Shalom, à l'Est, il faut traverser un paysage dévasté. "Sur des kilomètres, on voit des montagnes de gravats et de fers à béton tordus", raconte Pat Griffiths, porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) à Jérusalem. "Aucune maison, aucun immeuble n'est debout, tout a été terrassé", assure l'humanitaire, qui s'est rendu dans l'enclave fin septembre. Puis "l'étendue sans fin de ruines" cède à "une interminable mer de tentes", où se massent des centaines de millions de déplacés.

Trois ans après les attaques terroristes du 7-Octobre perpétrées par le Hamas, et le début de la guerre lancée par Israël en représailles, la situation humanitaire dans la bande de Gaza n'en finit plus de se dégrader. Et l'espoir d'une reconstruction du petit territoire, né lors de l'annonce du cessez-le-feu il y a un an, le 10 octobre 2025, semble loin de se concrétiser.

"Les conditions de vie ne se sont améliorées en rien", note Pat Griffiths. Selon l'ONU, l'enclave palestinienne connaît "la pire crise économique jamais observée" dans le monde, avec une chute de 94% des activités industrielles et agricoles, et la totalité de la population plongée dans la pauvreté.

D'après l'agence de l'ONU pour les affaires humanitaires, 82% des bâtiments et infrastructures de la bande de Gaza ont été détruits durant la guerre, qui a également fait près de 74 000 morts. La récente mise à jour des images satellites de Google Maps montre l'immensité des dégâts, comme dans la ville de Rafah, dans le Sud. Caroline Willemen, coordinatrice d'urgence de Médecins sans frontières (MSF) pour le territoire palestinien, a déjà travaillé sur plusieurs terrains de guerre. Mais elle n'avait jamais été "confrontée à un tel niveau de destruction, avec des quartiers entiers rayés de la carte".

Quelque 2,1 millions de Palestiniens vivent au milieu de ces ruines, dans des conditions à peine concevables. "Il y a d'énormes amas de gravats partout, et à beaucoup d'endroits les gens essaient encore de retrouver les dépouilles de leurs proches sous les bâtiments détruits", témoigne Safaa, une étudiante de 22 ans qui habite dans la ville de Gaza. La défense civile estime que 8 000 corps sont encore ensevelis, précise l'ONU.

"Cela a des conséquences importantes sur la santé mentale d'une population (...) déjà exposée à un niveau d'horreur inimaginable", s'inquiète l'humanitaire, qui rappelle que les frappes israéliennes continuent de causer des destructions et des morts presque chaque jour. "Un de mes collègues s'occupe désormais de quinze enfants : les siens et ceux de ses frères et sœurs tués durant la guerre", ajoute Caroline Willemen.

Pour éviter "qu'une fratrie entière soit tuée en une seule attaque", ce Palestinien répartit les enfants de chaque famille "entre plusieurs tentes", détaille la coordinatrice de MSF, pour illustrer la détresse psychologique à laquelle sont confrontés les Gazaouis.

D'un bout à l'autre du territoire, "des familles déblaient les décombres à la main, en attendant que la reconstruction commence", révèle une porte-parole du Programme alimentaire mondial (PAM). Au bord des routes, les gravats collectés à l'aide de masses et de brouettes s'élèvent en monticules. "Nous déplaçons ces débris sur des sites où ils peuvent être stockés en toute sécurité, puis concassés", explique cette source au PAM, l'une des organisations qui participent aux opérations de déblaiement. En un an, l'agence onusienne a pris en charge 25 000 mètres cubes de gravats. "Une goutte d'eau" face aux 60 millions de tonnes de décombres que compte le territoire.

La majorité de la population vit désormais dans des abris temporaires, de grandes tentes blanches agglutinées les unes aux autres, coincées entre des immeubles détruits et des flots d'immondices. Car les bombes ont aussi dévasté le réseau d'égouts. "Les gens vivent au milieu des eaux usées, et se retrouvent exposés à des maladies", dénonce Pat Griffiths, du CICR.

Comme MSF, l'ONG rapporte de nombreux cas de pathologies de la peau ou gastro-intestinales, ainsi que des infections par des parasites. "Une de nos médecins a récemment traité un nourrisson d'à peine un mois, souffrant de giardiase", une maladie causée par un parasite et entraînant diarrhées et vomissements, explique Pat Griffiths.

Dans le champ de ruines qu'est Gaza, accéder à l'eau potable et à l'électricité "demeure un rêve", regrette le porte-parole du CICR. Chaque jour, des enfants parcourent les rues avec "d'énormes seaux et bidons", suivant les camions-citernes qui approvisionnent la population. La nourriture manque aussi, et provient presque exclusivement des livraisons d'aide internationale, encore sévèrement restreintes par Israël.

"La situation est encore pire pour ceux qui vivent en dehors des principales zones d'habitation : l'eau, la nourriture et les médicaments y sont très difficiles à obtenir", souligne Pat Griffiths. Endommagées par le conflit, les routes ne sont pas toutes praticables, et le manque de carburants limite les déplacements.

A l'approche de l'hiver, les humanitaires redoutent que la crise ne s'aggrave encore. Sous les tentes, les Gazaouis vivent "dans des conditions déjà inadaptées aux chaleurs estivales", note Pat Griffiths, alors que les nuisibles y ont proliféré durant l'été. D'ici quelques semaines, ils seront "exposés au froid, à la pluie et aux tempêtes, sans possibilité de se protéger réellement", alerte le porte-parole du CICR.

A défaut d'un toit, certains habitants retournent vivre dans les immeubles éventrés par les frappes israéliennes. "Lorsqu'on voit une fenêtre barricadée avec du carton, on sait qu'une famille s'est réfugiée là, dans un bâtiment qui a pourtant l'air tout sauf sûr", déplore Pat Griffiths. Les murs en parpaings sont en apparence plus solides, mais potentiellement mortels. Mi-septembre, un immeuble de six étages s'est effondré en pleine nuit dans la ville de Gaza, tuant au moins 21 personnes. Selon Safaa, les habitants savaient que le bâtiment était "gravement endommagé" et "dangereux". "Ils vivaient là parce qu'il n'y a nulle part ailleurs où aller", assure l'étudiante palestinienne.

"Les secouristes et des voisins ont passé des heures à essayer d'accéder aux personnes piégées sous les décombres, mais le manque de matériel a rendu les opérations extrêmement difficiles", confie-t-elle. Car un an après l'entrée en vigueur du cessez-le-feu, la bande de Gaza manque toujours de pelleteuses et d'engins de chantiers pour déblayer les gravats, sous lesquels sont aussi enfouis des engins explosifs non détonnés.

Si la reconstruction n'avance pas, c'est en partie à cause du blocus israélien, qui interdit l'entrée sur le territoire des objets à "double usage" – tout ce qui, selon l'Etat hébreu, pourrait être employé à des fins militaires, et donc servir au Hamas. La liste, opaque, inclut engins de chantiers, ciment et matériaux de construction, acier, huile de moteur, véhicules, pièces détachées... "La définition est si large que de nombreux matériaux et matériels essentiels sont proscrits", critique Caroline Willemen. "Même les broches chirurgicales, qui servent à stabiliser certaines fractures graves, sont interdites", cite en exemple la responsable de MSF.

Les Palestiniens en sont réduits à des solutions de fortune. A Khan Younès, dans le sud de l'enclave, des entrepreneurs locaux recyclent les gravats pour fabriquer leur propre ciment. Trop rare, trop cher pour la plupart des Gazaouis, et trop fragile pour le gros œuvre, il est uniquement utilisé pour des réparations de base sur quelques chantiers.

Une partie des gravats collectés par le PAM sont aussi réduits en graviers pour "réparer les routes endommagées", relève une porte-parole. Jusqu'ici, 100 km de routes ont été rendues praticables et 14,5 km "réellement nettoyées" par l'agence onusienne. Mais sans le matériel nécessaire, le titanesque déblaiement de Gaza semble "insurmontable", reconnaît cette porte-parole. Le Programme des Nations unies pour le développement estime "qu'au rythme actuel, il faudrait sept ans pour enlever tous les gravats", précise-t-elle.

L'échéance est d'autant plus incertaine qu'on ignore qui va mener la reconstruction, et comment. L'ONU et d'autres acteurs internationaux, comme l'Union européenne ou des ONG, y contribuent déjà, souligne Hugh Lovatt, chercheur au Conseil européen pour les relations internationales (ECFR). Mais le chantier monumental dépend aussi, théoriquement, du Conseil de paix imaginé par Donald Trump.

L'accord sur la phase deux du cessez-le-feu, signé en juillet, prévoit le retrait progressif des troupes israéliennes et le désarmement total du Hamas, qui laisserait le pouvoir à un groupe de technocrates installé par cette institution. Ce comité serait chargé de superviser la reconstruction de l'enclave, selon un plan dévoilé par le gendre de Donald Trump, Jared Kushner, qui a promis des travaux menés en trois ans seulement, une "nouvelle" ville de Rafah et une zone de "tourisme côtier".

En septembre, l'instance dirigée par Donald Trump a dévoilé une première série de projets, chiffrés à 2,45 milliards de dollars, relaie la BBC. Elle ne disposait toutefois que de 280 millions de financement. Très loin des 71,5 milliards de dollars nécessaires pour rebâtir Gaza, selon les estimations de l'ONU.

Hugh Lovatt pointe aussi "un manque de clarté" sur les opérations de déblaiement en cours de l'autre côté de la "ligne jaune", qui délimite le territoire contrôlé par l'armée israélienne. Interdite aux Palestiniens, cette zone tampon s'étend désormais sur 60% de l'enclave palestinienne, le long de la frontière avec l'Etat hébreu. "La réflexion des autorités israéliennes ne porte pas sur comment permettre la reconstruction de Gaza, mais sur comment y maintenir son contrôle", estime le chercheur de l'ECFR.

Dans ce contexte, les Gazaouis pourraient attendre "des années avant de retrouver un semblant de normalité", craint Pat Griffiths. Il appelle à "une véritable volonté politique d'améliorer les conditions de vie à Gaza", un besoin que même les enfants manifestent. Le CICR a récemment organisé un atelier de soutien psychologique pour de jeunes Palestiniens. "On leur a demandé de dessiner ce qui représente le sentiment de sécurité", relate le porte-parole de l'ONG. "Tous ont dessiné une maison, ce que plus aucun d'entre eux ne possède."

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Il faudrait sept ans pour enlever tous les gravats au rythme actuel.

    Likely · Within months

Open Questions

  • Qui va réellement financer et mener la reconstruction de Gaza ?
  • Le blocus israélien sera-t-il assoupli pour laisser entrer les matériaux ?

Related Topics

This article was originally published by France Info.

Related Stories

More on this topicgaza