
Pénuries de production, hausses de prix et adaptation des producteurs et primeurs face aux conditions climatiques extrêmes.
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Le marché de Rungis fait face aux impacts des canicules et de la sécheresse estivales sur la production de fruits et légumes en France.
Au marché de Rungis, 3 000 tonnes de fruits et légumes transitent chaque jour. Le secteur a été durement touché par les canicules et la sécheresse de cet été. La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard doit dévoiler jeudi 2 septembre le montant du plan d'aides aux agriculteurs. En attendant, producteurs, grossistes et primeurs s'adaptent.
Benjamin Simonot de Vos, polaire rouge, montre sa production. "Pour les tomates, on aura des fruits plus petits, dit-il, début septembre. La plante a été stressée à cause de la canicule. D'habitude une tomate grappe, c'est cinq fruits. En ce moment on peut trouver plus de tomates grappe de trois ou quatre fruits." Sur son étal le producteur explique qu'avec les températures extrêmes, il a perdu de grosses quantités, malgré son système d'irrigation installé sur son exploitation en Seine-et-Marne. "Il y a en ce moment un gros manque de production notamment pour les tomates puisque les fleurs ont brûlé. Sur certaines variétés, on est à 100% de perte. En moyenne on est à peu près entre 40 et 50% de perte."
Nico est un petit primeur des Yvelines. Il se fournit chez Benjamin Simonot de Vos depuis des années. Lui aussi a observé le manque de choix comparé aux années avec des températures plus clémentes. "Il y a un peu moins de variété dans tous les domaines, les carottes, etc. Il ne faut pas pleurer et faire avec. Et puis comme les clients le disent, de toute façon : s'il y a que ça, il y a que ça."
"Les gens ne veulent pas payer une tomate au-dessus de 3€"
Deuxième mésaventure constatée au marché de Rungis, les prix augmentent. Nico a observé une hausse de 10% sur "tout ce qui est vert, épinards et salade". Benjamin lui, a tenu à ne pas augmenter ses prix pour fidéliser les clients. "Si on devait augmenter les prix proportionnellement à la perte qu'on a eue, je devrais vendre mes produits deux fois plus cher que d'habitude. C'est complètement débile. Donc il vaut mieux lisser le prix sur l'année pour que tout le monde s'y retrouve", tranche-t-il.
Direction un hangar beaucoup plus grand. À perte de vue, s'étendent des cagettes de mangues, de champignons et d'épinards. Ici, il n'y a pas de petits maraîchers, mais des dizaines de grossistes qui se fournissent partout dans le monde. Les prix varient en fonction de l'offre et de la demande. Tony, un grossiste, le regrette mais concède, "c'est la première année que je vends aussi cher la tomate". Ses clients n'ont pas déserté ses étals, mais achètent beaucoup moins que d'habitude.
Face à lui, Boris l'écoute attentivement. Il est primeur et se fournit chez Tony. Quand le prix du grossiste augmente, lui-même songe à augmenter le prix final, celui que le client paiera. À l'arrivée, Tony considère que le primeur est le grand perdant. Les grossistes "gagnent sur leur marge, nous, on baisse notre marge. Les tomates qu'on paye 2 €, on devrait les vendre 2,95 €. En ce moment on la vend 2,49 € parce que les gens ne veulent pas payer de tomates au-dessus de 3 €."
Les produits français moins présents
Tony n'arrive plus à se fournir en Provence ou en Bretagne, des régions très touchées par la sécheresse. "J'ai dû me rabattre sur des pays tiers pour avoir un peu plus de produits. J'ai fait de la tomate de Turquie, alors que je le faisais jamais. J'ai fait aussi de la tomate de Pologne." Même constat du côté d'Audrey : impossible de fournir ses étals uniquement avec des produits français. Elle tient deux boutiques à Paris. "Si on veut faire que du produit français en ce moment... on va installer la moitié de la boutique. D'habitude on est dans la période la plus sympa. C'est-à-dire qu'on a encore les produits de fin de saison d'été. On a tous les produits d'automne qui démarrent, mais là, tout est difficile."
Jérôme Desmettre, un des grossistes les plus importants du secteur, relativise, de son côté, les tensions d'approvisionnement : "On trouve encore de tout à Rungis. Effectivement les fruits sont un peu plus petits et les prix ont très légèrement augmenté. En ce qui me concerne, on a augmenté de 5% sur le mois d'août." Et il souligne que "les fruits sont délicieux, en particulier les melons et mirabelles."
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Dévoilement du plan d'aides aux agriculteurs par la ministre de l'Agriculture
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