
Cinq anciens régulateurs américains appellent la SEC et la CFTC à créer un cadre réglementaire pour rapatrier les échanges de produits dérivés crypto.
Cinq anciens régulateurs de la SEC et de la CFTC demandent un cadre réglementaire pour les contrats perpétuels crypto, un marché offshore estimé à 90 000 milliards de dollars, afin de favoriser leur rapatriement aux États-Unis.
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Les contrats perpétuels sont des produits dérivés sans date d'échéance, largement utilisés dans le trading crypto mais absents du marché américain en raison de la régulation.
Quatre-vingt-dix mille milliards de dollars en cavale. Cinq anciens régulateurs américains, dont un ex-président de la CFTC, ont déposé fin août une lettre commune à la SEC et à la CFTC pour réclamer un cadre calibré sur le risque réel plutôt que sur la peur du risque. La cible : les contrats perpétuels, ces produits dérivés sans date d’échéance devenus le format dominant du trading crypto, mais qui prospèrent presque entièrement hors des frontières américaines. La demande n’a jamais disparu. Elle a juste changé d’adresse.
Le marché des perpétuels a pris le large, direction 90 000 milliards de dollars
Un contrat perpétuel est un produit dérivé qui parie sur le cours d’un actif sans jamais expirer, contrairement à un future classique adossé à une date de livraison. Traduisez : un pari à effet de levier qu’on peut garder ouvert indéfiniment, tant qu’on paie le financement qui le maintient collé au prix au comptant. Le format est devenu la norme du trading crypto ailleurs dans le monde. Aux États-Unis, la régulation l’a longtemps tenu à distance.
Selon les estimations de Kalshi, la plateforme de paris prédictifs qui propose elle-même des perpétuels crypto depuis cette année, le volume offshore est passé de 28 000 à plus de 90 000 milliards de dollars entre 2023 et 2025. Un triplement en deux ans. La lettre déposée auprès de la SEC répond à une consultation conjointe lancée en juin par les deux agences, censée clarifier où s’arrête la compétence de l’une et où commence celle de l’autre pour les swaps et produits dérivés émergents.
Kalshi finance, cinq ex-régulateurs signent pour les perpétuels
Les signataires ne sont pas des inconnus. Chris Giancarlo (ex-président de la CFTC), Brian Quintenz et Sharon Brown-Hruska (tous deux ex-commissaires de la même agence), Steven Wallman (ex-commissaire de la SEC) et Chester Spatt (ex-chef économiste de la SEC) : cinq parcours qui traversent les deux agences sans étiquette partisane commune. C’est justement l’argument mis en avant. Protéger les investisseurs et garder des marchés américains compétitifs n’a jamais été, rappellent-ils, un sujet de gauche ou de droite.
Kalshi a sponsorisé la démarche en mandatant le cabinet Bellementis pour la rédaction. Autant le dire tout net, aucun signataire n’affirme avoir touché un centime, et la plateforme n’aurait eu aucun droit de regard sur le contenu final. Le nom de Kalshi sur la facture mérite pourtant d’être connu du lecteur, pas juste glissé en bas de page. Chris Giancarlo résume l’enjeu sans détour : « Le marché offshore des perpétuels à 90 000 milliards de dollars n’est pas un mystère à résoudre, c’est un marché qui attend un cadre américain sensé. Si l’on calibre la régulation fédérale sur le risque réel plutôt que sur la contrainte maximale, cette liquidité revient chez nous. Chaque année d’attente rend le rapatriement plus difficile », a-t-il déclaré à Crypto In America.
Washington multiplie les chantiers sur les perpétuels crypto
La lettre tombe alors que plusieurs dossiers avancent en parallèle. Donald Trump a affirmé début août que Michael Selig, le président de la CFTC, travaillait activement à faire atterrir Hyperliquid sur le sol américain. Elle reste la plus grosse place offshore du secteur.
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Clarification des compétences entre SEC et CFTC sur les dérivés crypto.
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