
Alors que le gouvernement promet des permis de construire en un mois pour les sinistrés des incendies, des habitants ayant tout perdu en 2022 témoignent de la longueur des démarches.
Face aux annonces gouvernementales de délais réduits pour reconstruire après les incendies en Gironde, des sinistrés de 2022 témoignent de la lourdeur administrative et partagent leur expérience.
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Les incendies de 2022 à La Teste-de-Buch et Landiras ont détruit de nombreuses habitations en Gironde, nécessitant de longues procédures de reconstruction pour les sinistrés.
Le Premier ministre a sorti "l'artillerie lourde" pour faire face aux conséquences des gigantesques incendies en Gironde et dans les Landes cet été. Parmi les mesures annoncées par Sébastien Lecornu, lundi 17 août, lors de son déplacement en Gironde, des permis de construire délivrés "globalement sous un délai d'un mois", voire "moins d'un mois" pour une reconstruction "en équivalence". Cette période de la reconstruction, certains habitants de la Gironde l'ont déjà connue après les incendies de La Teste-de-Buch et de Landiras en 2022, comme Corinne et Christophe Videaud dont la maison à Guillos a été détruite il y a quatre ans.
"On ressent comme si on m'avait scié les pieds. J'ai toujours eu très mal aux pieds tant que ma maison n'a pas été reconstruite", confie Corinne Videaud. Justement, afin de la reconstruire, il faut prendre contact avec le notaire, l'assurance, mais aussi tenter de retrouver des affaires au milieu des cendres. "Le pire du pire, c'est faire l'inventaire de tout ce qu'il y avait dans chaque pièce. Et là, vous vous dites : 'Oui, j'avais ça. Ah non, je ne l'ai plus.' 'J'avais ça, je ne l'ai plus non plus.' Et on fait l'inventaire de ce qu'on n'a plus, en fait." "De 40 ans de vie", rebondit son mari, Christophe. "Et j'ai fait un fichier Excel, ça m'a pris six mois pour faire l'inventaire", reprend Corinne.
Après cet inventaire, le couple se souvient de semaines d'attente beaucoup trop longues : "Les expertises, les demandes de documents, etc. Toute cette paperasse administrative. L'expert était gentil, mais pas assez rapide à notre goût. Cette inertie, elle est d'une lenteur insoutenable parce qu'on n'est pas chez nous. Enfin, moi, je me suis sentie déracinée."
"Garder espoir et ne rien lâcher"
Leur permis de construire met plusieurs mois avant d'être délivré. Alors, quand le Premier ministre annonce un mois maximum pour les sinistrés de cet été, ils du mal à y croire. "Il ne pourra pas tenir ces délais le ministre, ce n'est pas possible. Vu le nombre de maisons et tout, rendez-vous compte des dossiers ? Je n'y crois pas. L'instruction des dossiers, etc. C'est du cas par cas. C'est un effet d'annonce", réagissent-ils en chœur.
Et même si les permis mettent maintenant un peu plus de temps que ce que promet le gouvernement à être délivrés, Corinne et Christophe Videaud assurent aux sinistrés que leur future maison sera sûrement mieux que l'ancienne. La leur a été prise en charge par l'assurance à 100%. "Le positif aujourd'hui, c'est qu'on a pu faire une maison qu'on aurait voulu modifier, c'est-à-dire les murs, tourner un peu la maison. Au lieu d'avoir un salon de 20 m2, on a un salon de 60 m2 aujourd'hui", soulignent-ils.
Désormais, ils se sentent bien dans leur nouvelle maison, avec l'impression d'avoir recollé les morceaux. Alors, pour les habitants du Porge, ils ont un message : "Qu'ils gardent espoir et ne lâchent jamais. Ne rien lâcher, rien, même si c'est difficile." Si le temps peut paraître parfois long, les Videaud ont finalement eu à patienter deux ans entre l'incendie et l'arrivée dans leur nouveau chez eux.

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