
Après des rumeurs sur son décès, le manifestant bénévole témoigne des violences subies lors de son interpellation par les CRS.
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Des affrontements ont eu lieu le 17 octobre place de la République à Paris. Des rumeurs circulaient sur les réseaux sociaux concernant le décès d'un manifestant.
Cela fait plusieurs jours que des centaines d'internautes et des élus se demandent ce qui est arrivé à un street medic (manifestant bénévole ayant reçu une formation de premiers secours), samedi 17 octobre, place de la République. Franceinfo l'a retrouvé, il n'est pas mort, mais il est blessé et choqué. L'homme qui est mort près de la place de la République avait en fait 59 ans.
Samedi, vers 16h, cela fait déjà plusieurs heures que les CRS affrontent les manifestants sur la place de la République à Paris. Antoine, formé aux gestes de secours, voit un camion canon à eau approcher et essaie de l'empêcher de passer. "Je me suis dit qu'un mec qui s'interpose, c'est un peu symbolique, raconte-t-il. Je me suis mis au milieu et j'ai simplement tendu les bras de manière à ce qu'ils voient que je n'étais pas menaçant."
Plusieurs coups "un peu partout", dont à la tête
Plusieurs vidéos de la scène, que nous avons authentifiées, le montrent en effet, les bras écartés. Il n'est pas menaçant, mais les policiers arrivent, et lui donnent des coups de boucliers et de matraques. Antoine dit plusieurs fois qu'il est street medic, mais rien n'y fait. Il est seul, entouré par plusieurs dizaines de policiers. "C'était écrit sur mon tee-shirt et j'avais un brassard que j'avais bricolé avec une croix rouge. J'ai pris plusieurs coups à la tête, des coups un peu partout, il y a un truc qui m'a explosé dans le dos, je ne sais pas ce que c'est mais ça m'a brûlé. Là, c'est un peu le black-out. Je me souviens avoir réussi à m'extirper, mais après, c'est un trou noir jusqu'à ce que je me réveille dans un camion de pompiers."
Antoine a fini par perdre connaissance. "Quand j'ai senti que je perdais connaissance, je n'ai pas cherché à lutter. Je me suis laissé aller, je ne savais pas ce qu'il allait se passer derrière, donc je ne préférais pas être conscient." Pendant qu'il est inconscient, les CRS le traînent par terre, d'abord par le sac à dos, puis ils le laissent quelques instants allongés sur le sol, dans les débris des affrontements. Ensuite, ils le portent par les jambes et les bras, l'emmènent plus loin, et finissent par le mettre en position latérale de sécurité. Beaucoup d'internautes pensent alors qu'il est mort.
Pris en charge par les pompiers
D'autres street medics et des journalistes viennent l'aider. Une personne présente témoigne : "Lorsqu'on l'a pris en charge, il a redit qu'il était, à la base, présent à la manifestation pour soigner, mais on sentait qu'il voulait aussi s'en prendre aux policiers." Une autre personne nous a raconté avoir transporté le blessé jusqu'à une rue à côté, pour qu'il soit pris en charge par les pompiers. Une vidéo montre ce moment-là, où Antoine reprend doucement connaissance avec les pompiers. L'un d'eux décrit la scène : "Le jeune homme reprenait conscience, il ne présentait pas de lésion ni de fracture apparente, on a décidé de l'éloigner des affrontements de la place de la République pour qu'il soit sécurisé."
Il rentre chez lui, mais il se sent mal tout le week-end. "Je suis tout le dimanche au lit avec des maux de crâne assez importants, et lundi, comme ça n'allait pas mieux, j'ai appelé le SAMU pour aller à l'hôpital." Antoine a un traumatisme crânien. Il n'a pas déposé plainte. Il ne croit pas en l'efficacité de l'IGPN, la police des polices.
Il a publié une vidéo sur Instagram, mardi 20 octobre, pour appeler à manifester pacifiquement sans tomber dans la violence, car il estime que c’est ce que veulent les forces de l’ordre.

Six investigations were entrusted to the IGPN following alleged police violence during demonstrations against the high cost of living in France. Serious injuries, including a teenage girl with one blind eye in Mulhouse and a mutilated minor in Saint-Etienne, have been reported.

Following the weekend's violence, curfews were extended or introduced in Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux and Nice. In Marseille, an unprecedented measure specifically targets minors in certain sectors to ensure calm.

A suspect has been arrested for the fire at Limoges town hall. At the same time, the Grand Mosque of Paris criticizes CNews and whistleblower Chawki Benzehra concerning the Algerian influencers affair.

Faced with urban violence over the weekend, French authorities are extending targeted curfews and bans on gatherings in Paris, Lyon, Marseille, Aubagne and Toulouse to secure commercial areas and city centers.

A teenager was seriously injured in the hand during clashes in Lens. At the same time, 21 people were arrested after damage committed at the headquarters of CNews and Europe 1, described as acts of intimidation.

In Nantes, thirty-eight businesses were looted on the weekend of October 17 during a demonstration against the high cost of living. Mayor Johanna Rolland visited the scene and announced support measures for traders affected by this violence.