Jordan Bardella signe un accord avec Nigel Farage pour renvoyer les migrants vers la France
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Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a signé vendredi à Birmingham un protocole d'accord avec Nigel Farage prévoyant le renvoi des migrants interceptés dans les eaux territoriales britanniques vers la France, une mesure dénoncée par ses adversaires politiques de gauche et du centre.
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Why It Matters
Le Rassemblement national et Reform UK partagent une opposition à l'immigration clandestine et au fédéralisme européen. Jordan Bardella, destiné à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen, cherche à renforcer les liens avec les alliés anti-européens du Royaume-Uni post-Brexit.
Le patron du RN Jordan Bardella a symboliquement signé, vendredi 4 septembre, un protocole d'accord en Angleterre avec son allié anti-européen Nigel Farage, prévoyant un renvoi de migrants des eaux britanniques vers la France, mesure aussitôt critiquée par ses adversaires, de Jean-Luc Mélenchon à Edouard Philippe.
Attaquant depuis Birmingham le président Emmanuel Macron, - qui "a échoué à protéger la France" contre l'immigration -, le président du Rassemblement national a estimé que "le plus grand défi est celui que nous connaissons tous : reprendre le contrôle de l'immigration." Lors du congrès du parti Reform UK, il s'est fendu d'un discours de vingt minutes en anglais, se référant à Napoléon et Charles De Gaulle, devant l'artisan du Brexit et ses troupes, dont Jordan Bardella a repris le fameux slogan "take back control", affirmant que les deux pays doivent "ensemble reprendre le contrôle de [leurs] frontières".
"Renvoyer en France"
Destiné à Matignon en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, le chef du parti d'extrême droite a promis que son gouvernement "fera tout ce qui est en son pouvoir pour que la France ne soit plus la porte d'entrée de l'immigration clandestine vers le Royaume-Uni". Serment ensuite scellé par la signature, sur la même scène, d'un "protocole d'accord" avec Nigel Farage. Selon ce document, les Britanniques pourront "renvoyer en France" toutes les personnes arrêtées sur les bateaux "interceptés dans (leurs) eaux territoriales", a souligné le leader de Reform UK, assurant qu'ainsi "les gens qui sont venus en France avec l'intention de rentrer dans notre pays, n'y arriveront pas".
Un paraphe qui a immédiatement suscité des critiques des adversaires du RN, de l'autre côté de la Manche. A l'instar de Jean-Luc Mélenchon, candidat de LFI à la présidentielle : "notre pays deviendrait le garde-barrière des Anglais ? Ne pas voter Le Pen en 2027 devient une question de dignité nationale", a-t-il lancé sur X.
Dans la foulée, le patron et candidat d'Horizons Edouard Philippe a fustigé un "revirement" du RN. "Voir Jordan Bardella signer un accord qui prévoit de renvoyer en France les migrants interceptés dans la Manche, celle-là, on ne l'avait pas vu venir", a-t-il ironisé, se demandant si la candidate du parti Marine Le Pen, "est sur la même ligne". Puis son rival au centre et chef de Renaissance, Gabriel Attal, a évoqué une "faiblesse indigne" du président du Rassemblement national.
"Contrairement à ce que vous affirmez, nous tarirons les flux d’immigration illégale vers le Royaume-Uni en faisant ce que vous avez échoué à faire : protéger nos frontières nationales et faire respecter nos lois", a répondu à sur X Jordan Bardella à Edouard Philippe.
Ce déplacement était aussi l'occasion pour Jordan Bardella d'apporter son soutien à Nigel Farage, dont le parti est dans la tourmente vendredi après la diffusion d'un reportage la veille montrant un de ses proches collaborateurs proposer de contourner la loi pour obtenir un don de l'étranger.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le RN continuera de chercher des accords similaires avec d'autres partis européens anti-immigration
Likely · Within months
Le débat sur l'immigration deviendra un thème central de la campagne présidentielle de 2027 en France
Very likely · Within months
Open Questions
- Cet accord a-t-il une valeur juridique contraignante ?
- La France accepterait-elle réellement de reprendre les migrants renvoyés par le Royaume-Uni ?
- Quelles sont les réactions officielles des gouvernements français et britannique ?




