
Jamie Dimon et UBS alertent sur les investissements massifs des géants du cloud dans l'intelligence artificielle.
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Les géants du cloud augmentent massivement leurs dépenses d'investissement pour soutenir le développement de l'intelligence artificielle.
Irrational exuberance. Le patron de JPMorgan n’a pas employé cette formule. Mais le vertige qu’elle décrit plane clairement au-dessus de ses derniers chiffres. Après la panique boursière qui a coûté 15 milliards de dollars à Michael Dell en une seule séance, Jamie Dimon vient de remettre une pièce dans la machine à inquiétude, avec une estimation qui donne le tournis.
De 300 à 700, bientôt 1 000 milliards de dollars
Invité de la 11e conférence annuelle de JPMorgan en Inde, dimanche, le PDG a livré une trajectoire édifiante. Les dépenses d’investissement des géants du cloud (les fameux hyperscalers, ces entreprises dont l’infrastructure sert de colonne vertébrale à l’ensemble du secteur) sont passées d’environ 300 milliards de dollars l’an dernier à près de 700 milliards cette année, selon les propos rapportés par CNBC. Elles pourraient franchir la barre des 1 000 milliards en 2027.
Dimon voit dans cette ruée un moteur de croissance réel : environ un point de PIB supplémentaire chaque année. Le revers, c’est l’inflation, qu’il juge susceptible de remonter à mesure que les entreprises embauchent, bâtissent des usines et achètent du matériel à prix d’or. Sur le retour sur investissement, il refuse de trancher dans le vif. « Parfois, c’est juste le prix à payer pour rester dans la course », a-t-il résumé, préférant parler de mise de fond obligatoire plutôt que de pari calculé.
UBS voit encore plus grand que Dimon
Et Dimon serait presque optimiste. La banque UBS projette, elle, un total de 4 100 milliards de dollars de dépenses d’infrastructure IA cumulées entre 2026 et 2028, dont 1 447 milliards rien que pour 2027, davantage que le trillion évoqué par le patron de JPMorgan. Amazon, Alphabet et Microsoft consacreraient à eux seuls 102 % de leurs revenus cloud à ces investissements cette année, un chiffre qui ne signifie pas qu’ils dépensent plus qu’ils ne gagnent, mais que la totalité de cette manne repart aussitôt en data centers et en puces.
Rien de tout cela ne garantit un rendement. La différence entre les gagnants et les perdants de cette course ne se jouera pas sur qui dépense le plus, mais sur qui parvient à transformer ces milliards en revenus récurrents. Un pari, pas une certitude.

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