L'Espagne retourne aux urnes le 29 novembre après la dissolution du parlement par Pedro Sánchez
Quick Look
- Pedro Sánchez a annoncé la dissolution du parlement espagnol et la tenue d'élections législatives anticipées le 29 novembre, en réponse au rejet d'un paquet de mesures sur la crise du logement.
- Le scrutin intervient dans un contexte de crise du logement, de tensions migratoires à Ceuta, de montée de l'extrême droite avec Vox comme potentiel arbitre, et de scandales judiciaires touchant son entourage, notamment son épouse et l'ancien président Zapatero.
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Why It Matters
Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol depuis 2018, fait face à une pression croissante en raison de la crise du logement, de la gestion de la migration à Ceuta et de plusieurs scandales de corruption impliquant son entourage. Son annonce d'élections anticipées intervient après le rejet par le parlement d'un paquet de mesures visant à résoudre la crise du logement.
L’Espagne va retourner aux urnes le 29 novembre. Très critiqué politiquement, Pedro Sánchez a décidé de jouer son va-tout. Le Premier ministre socialiste a annoncé lundi la dissolution du parlement et la convocation d'élections législatives anticipées.
Entre crise du logement, crise migratoire ou encore une série de scandales de corruption, 20 Minutes fait le point sur les enjeux de ce scrutin où le chef du gouvernement remet son mandat en jeu.
La crise du logement
Le dirigeant socialiste de 54 ans a annoncé la dissolution à la suite du rejet vendredi par les députés d’un paquet de mesures destiné à enrayer la crise du logement. Ces décrets constituaient la réponse du gouvernement à la vague de protestations déclenchée par l’expulsion de Maricarmen Abascal, une octogénaire contrainte de quitter l’appartement madrilène où elle vivait depuis soixante-dix ans. Les manifestations ont notamment débouché sur l’installation d’un campement de fortune au cœur de Madrid, ainsi qu’à des mobilisations dans plusieurs villes du pays.
L’Espagne fait face à une forte hausse des loyers et des prix de l’immobilier. Selon les organisations sociales, ce phénomène s’explique notamment par le manque de logements abordables, l’essor des locations touristiques et l’activité des grands investisseurs immobiliers. Le salaire moyen en Espagne s’élève à environ 2.110 euros bruts par mois, tandis que le prix moyen du mètre carré en location a atteint 15,1 euros en août.
Pedro Sánchez cherche à capitaliser sur le mécontentement suscité par cette crise. En annonçant les élections, il a demandé aux Espagnols de lui accorder un nouveau mandat pour « résoudre » des problèmes tels que l'« accès au logement ».
La crise migratoire de Ceuta
Depuis l’arrivée massive de migrants en provenance du Maroc fin juillet, des centaines de personnes vivent toujours dans des camps de fortune à Ceuta, alimentant les tensions dans cette enclave espagnole d’Afrique du Nord d’environ 80.000 habitants. La crise migratoire devrait donc agiter la campagne.
Pedro Sánchez, qui maintient un discours d’ouverture sur l’immigration à contre-courant de plusieurs pays européens, a essuyé de nombreuses critiques sur sa gestion de cette crise.
Le poids de l’extrême droite
Les sondages placent le Parti populaire (PP, droite), principale force d’opposition, devant les socialistes, mais sans majorité absolue. Ce scénario pourrait faire du parti d’extrême droite Vox, troisième force politique et en progression dans les enquêtes d’opinion, l’arbitre de la gouvernabilité du futur Parlement.
Le chef du PP, Alberto Núñez Feijóo, affirme souhaiter « gouverner seul », tout en assurant qu’il ne compte pas « diaboliser » Vox, laissant ainsi ouverte la possibilité de négociations avec cette formation, avec laquelle le PP est déjà allié dans plusieurs régions.
Les affaires judiciaires
La principale source d’usure politique pour Pedro Sánchez provient des tribunaux, avec une série de scandales de corruption touchant son entourage proche, notamment son épouse, qui doit prochainement être jugée.
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À cela s’ajoute l’inculpation de l’ancien président du gouvernement José Luis Rodríguez Zapatero, l’une des figures les plus influentes du socialisme espagnol et allié politique de Sánchez. La menace la plus sérieuse pour Sánchez serait que le PSOE lui-même soit mis en examen avant le scrutin.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le Parti populaire remportera le plus de sièges mais devra négocier avec Vox pour former un gouvernement.
Likely · Within weeks
Pedro Sánchez ne sera pas réélu en tant que Premier ministre.
Possible · Within weeks
Open Questions
- Quel sera l'impact réel des élections sur la résolution de la crise du logement ?
- Vox soutiendra-t-il le Parti populaire pour permettre une gouvernance stable ?
- Les scandales judiciaires concernant l'épouse de Pedro Sánchez et José Luis Rodríguez Zapatero auront-ils un effet décisif sur le scrutin ?
- Comment la situation à Ceuta évoluera-t-elle pendant la campagne électorale ?




