
L'Europe lance un sommet spatial à Paris pour répondre à son retard dans la production de fusées face à la demande croissante de lancements de satellites, notamment pour des constellations comme Starlink et Iris², tandis qu'ArianeGroup et l'ESA encouragent l'émergence de nouvelles entreprises européennes pour fabriquer des lanceurs plus petits et réutilisables d'ici 2030.
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L'Europe tente de renforcer sa capacité de lancement spatial face à la domination de SpaceX et à la demande croissante de satellites pour les télécommunications, l'observation de la Terre et la défense.
L'Europe manque-t-elle ou va-t-elle manquer de fusées ? Alors que s'ouvre mercredi 9 septembre matin un sommet spatial international à Paris, c'est l'une des questions au cœur des discussions entre États et industriels. Pour tenir la cadence face à la concurrence, l'Europe doit avoir plus de fusées et de lanceurs de satellites à disposition.
En 2025, SpaceX a fait décoller 170 fusées aux États-Unis alors que pendant ce temps-là, l'Europe en faisait décoller huit. Ce n'est pourtant pas les demandes qui manquent. De plus en plus de satellites sont à lancer, par exemple pour les constellations de télécommunications telle que Starlink. Mais il y a aussi sa concurrente directe, Amazon Leo. Les Européens développent également la leur appelée Iris².
Il y a aussi des besoins pour l'observation de la Terre avec le programme Copernicus, nécessaire pour les usages de ce qu'on appelle l'Internet des objets utilisé pour les voitures connectées ou la Défense. Dans un entretien au Financial Times en août, Joseph Aschbacher, le patron de l'agence spatiale européenne, l'ESA, a estimé qu'il y aura un pic de besoin de lancement entre 2029 et 2031. L'Europe risque de manquer de moyens de transport, c'est-à-dire de fusées. Ce sont les autres pays et leurs entreprises qui risquent d'en profiter.
Un concours lancé pour booster la production
Il faut donc en fabriquer plus mais ce n'est pas si simple. "Notre enjeu aujourd'hui, c'est de passer de la haute couture au prêt-à-porter. Et ce n'est pas si simple, puisqu'un lanceur, c'est plus de 200 000 pièces, 300 000 pièces même. C'est 600 fournisseurs dans 13 pays, et donc c'est un puzzle qu'il faut absolument aligner", explique Christophe Bruno, PDG d'ArianeGroup, l'entreprise qui fabrique la grande fusée européenne Ariane 6.
C'est un peu comme si un constructeur de Formule 1 devait se mettre à faire des voitures en série. Il faut évidemment modifier les process de fabrication et accélérer les cadences. Ces dernières années, un changement de vision a été amorcé par l'Agence spatiale européenne, qui coordonne les programmes spatiaux du continent et qui regroupe 23 pays.
Au lieu de construire une fusée de A à Z en étant aux commandes de tout le chantier, comme elle l'a fait pour Ariane 6, elle a ouvert un concours il y a trois ans. L'objectif est de faire naître, en les soutenant financièrement, de nouvelles entreprises du spatial capable de fabriquer d'ici maximum 2030 des fusées qui répondent aux différents besoins du marché.
Fabriquer des plus petites fusées
Les besoins nécessitent de fabriquer davantage, plus varié pour lancer plus souvent. Ariane 6, est une fusée comparable à un gros camion dans lequel on peut mettre jusqu'à 11 tonnes. Mais pour que le voyage soit rentable, il faut remplir ce camion. Donc avoir soit un très gros colis à livrer, comme un gros satellite d'observation de la Terre. Soit il faut un client qui remplit la remorque avec de nombreux petits colis, comme le fait Amazon Léo et ses satellites de télécommunication, ou bien il faut la remplir avec plusieurs appareils et plusieurs clients. Ce n'est pas le système le plus souple même si ça répond à une partie de la demande.
Pour éviter ce problème, l'idée est d'avoir de plus petites fusées et pourquoi pas réutilisables pour baisser les coûts. On pourrait les lancer depuis le centre européen de Kourou en Guyane mais aussi depuis des plateformes en Europe continentale. Il en existe par exemple une à Andøya en Norvège. Quatre entreprises sont aujourd'hui en lice dans le concours lancé par l'agence spatiale européenne pour les construire. Deux sont allemandes, RFA (Rocket Factory Augsbourg) et Isar Aerospace, qui a réussi il y a quelques jours le premier lancement en orbite de sa fusée. Il y a également une compagnie espagnole, PDL Space, et une française, MaiaSpace. Cette dernière vise un premier vol d'essai de sa fusée, qui sera à terme, réutilisable au deuxième semestre 2027.
AI outlook — possibilities, not facts
L'Europe connaîtra un pic de besoin de lancement entre 2029 et 2031 selon Joseph Aschbacher de l'ESA.
Likely · Within years
MaiaSpace vise un premier vol d'essai de sa fusée réutilisable au deuxième semestre 2027.
Possible · Within years

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