
Face à l'intensification des bombardements russes, Kiev cherche à obtenir des missiles intercepteurs pour ses systèmes Patriot et Mamba.
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L'Ukraine utilise des systèmes Patriot et Mamba pour intercepter les missiles balistiques russes. Ces munitions sont complexes à produire et rares dans les arsenaux mondiaux.
L'Ukraine accueille, lundi 24 août, une réunion de ses principaux soutiens européens, espérant de leur part une pression accrue sur la Russie et, surtout, des systèmes de défense antiaérienne dont elle commence à manquer.
Nul ne connaît exactement l'état du stock de missiles intercepteurs dont disposent les Ukrainiens, mais le rythme de leurs interceptions de missiles russes s'est clairement ralenti, alors même que Moscou amplifiait ses bombardements. Dernier exemple en date : dans la nuit de dimanche à lundi, la Russie a tiré huit missiles sur la ville d'Odessa ; les Ukrainiens n'en ont intercepté que trois, sous réserve de confirmation.
Les engins les plus difficiles à contrer sont les missiles dits "balistiques" des Russes : des engins qui partent comme une fusée, à la verticale, opèrent un vol à la limite de la plus haute atmosphère et retombent à des vitesses phénoménales. Leur trajectoire est prévisible mais aller les cueillir en altitude demande des missiles dits "antimissiles" tout aussi rapides et très précis. Pour reprendre l'expression d'un ingénieur de l'armement, l'opération revient à tenter d'"arrêter une balle avec une balle".
Autrement dit, il s'agit de systèmes hautement sophistiqués et très chers - environ un milliard d'euro chacun - composés d'un radar, d'un module de commandement et de conduite de tir, et de plusieurs batteries lance-missiles équipées chacune de huit à seize missiles intercepteurs. C'est un peu le "nec plus ultra" de la défense anti-aérienne.
Des arsenaux mis à contribution en Europe
L'Ukraine dispose d'une dizaine de systèmes Patriot, les plus connus, auxquels il faut ajouter deux systèmes franco-italiens Mamba et un troisième, promis avant la fin de l'année. Patriot et Mamba sont en Ukraine les seuls systèmes à pouvoir intercepter les missiles balistiques russes. Ce qui manque, ce ne sont pas tant les systèmes eux-mêmes que les missiles anti-missiles qui vont avec. Si Kiev manque surtout de ces intercepteurs, c'est tout simplement parce qu'ils existent en nombre limité dans tous les arsenaux du monde. Et qu'ils sont longs et difficile à produire : il faut 18 mois, par exemple, pour produire le missile intercepteur d'un système Mamba.
A terme l'Ukraine espère bien pouvoir produire elle-même ces missiles intercepteurs. Plusieurs accords ont d'ailleurs été passés avec les producteurs européens, voire américains. Et Kiev développe même son propre système intercepteur. Mais tout cela concerne le long terme. Dans l'immédiat, Kiev cherche surtout à se défendre contre les volées de missiles balistiques que tirent les Russes actuellement. Pour ce faire, l'Ukraine cherche donc à acquérir des missiles intercepteurs (ceux des Patriot et ceux pour les Mamba) qui sont disponibles aujourd'hui, notamment en Europe. Les arsenaux roumains, allemands, français et italiens ont déjà été mis à contribution ; restent ceux de la Grèce, de l'Espagne, des Pays-Bas, voire de la Suède. A condition qu'ils aient eux mêmes quelques réserves, et il est difficile de le savoir car cela fait partie des informations logiquement estampillées "secret-défense".
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