Le ministre de l'Économie appelle les bâtisseurs d'infrastructures d'IA à convaincre les riverains, comparant ce défi à l'acceptation du nucléaire dans les années 1970.
Le ministre français de l'Économie Roland Lescure a reconnu à San Francisco que la fronde contre les centres de données aux États-Unis pourrait survenir en France, exhortant les entreprises à obtenir leur «licence sociale» auprès des riverains à l'instar du nucléaire.
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Les centres de données dédiés à l'intelligence artificielle consomment des quantités massives d'électricité, provoquant des résistances locales aux États-Unis.
La fronde contre les centres de données qui agite les États-Unis «pourrait aussi arriver en France», a reconnu mercredi le ministre de l'Économie Roland Lescure, appelant les bâtisseurs de ces infrastructures de l'intelligence artificielle (IA) à convaincre les riverains des retombées positives, «comme le nucléaire» avant eux. «Il y a eu des réactions de rejet ici, probablement plus qu'en Europe», a relevé le ministre lors d'un point presse à San Francisco.
«Honnêtement, sous différentes formes, cela pourrait aussi arriver en France. Nous en sommes très conscients.» Le ministre s'exprimait en parallèle d'une réunion du G20 en Caroline du Nord, où les patrons de Nvidia, Meta et SpaceX ont appelé les gouvernements à construire davantage de ces installations, gourmandes en électricité et devenues un sujet majeur des élections américaines de mi-mandat.
Donald Trump a fustigé lundi leurs opposants, leur prédisant de finir «arriérés et pauvres». «Quiconque installe un centre de données doit convaincre», a plaidé le ministre, «faire comprendre aux habitants pourquoi c'est bon pour eux: cela va créer des emplois et de la valeur qui sera partagée.»
En France, «dans les années 1970, quand nous avons commencé à construire des centrales nucléaires, les gens sur place n'étaient pas si contents», a rappelé le ministre: «cinquante ans plus tard, quand nous disons que nous allons en construire de nouvelles, ceux qui en ont déjà les veulent, parce qu'ils ont vu les retombées locales au fil du temps.» Les entreprises de l'IA doivent gagner leur «licence sociale», c'est-à-dire l'acceptation des riverains, «comme les centrales nucléaires ont dû le faire dans les années 1970, comme le TGV dans les années 1980, comme les parcs éoliens doivent le faire aujourd'hui», a-t-il ajouté.
Venu rencontrer des acteurs clés de la Silicon Valley, le ministre a mis en avant l'électricité française «décarbonée et bon marché», un réseau «stable» et des procédures d'autorisation accélérées. Il a vanté aussi la filière industrielle française, citant Schneider Electric et Legrand, qui «aident à construire les usines de l'IA, y compris les centres de données».
Comme la relance du nucléaire, cette nouvelle chaîne d'approvisionnement doit «apporter de la prospérité en France pour financer notre modèle social, qui devient un peu cher», a-t-il argumenté. Interrogée mercredi par l'AFP en marge de la réunion du G20, la vice-présidente de la Commission européenne Henna Virkkunen a jugé que ce n'était «pas une bonne solution» que ces centres de données se concentrent dans les quelques pays européens disposant d'une énergie bas carbone et abondante.

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