Le Grand Prix de Bahreïn délocalisé en Malaisie pour préserver son identité
Quick Look
Le Grand Prix de Bahreïn, initialement prévu à Sakhir, se tiendra finalement sur le circuit de Sepang en Malaisie en raison de la guerre au Moyen-Orient, tout en conservant son identité, ses sponsors et son nom grâce à un accord entre la Formule 1, la FIA, Bahreïn et la Malaisie.
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Why It Matters
Le Grand Prix de Bahreïn fait partie du calendrier de Formule 1 depuis 2004 et était initialement prévu pour le 12 avril sur le circuit de Sakhir, mais a été reporté en raison de la guerre au Moyen-Orient après l'attaque conjointe des États-Unis et d'Israël contre l'Iran en février.
Un Grand Prix de Bahreïn à 6 000 kilomètres des frontières du pays et une bizarrerie qui n’en finit plus de faire parler. Le circuit international de Sepang, au sud de Kuala Lumpur (Malaisie) s’apprête à héberger le paddock de Formule 1 le temps d’un week-end. Pas pour une éphémère renaissance du Grand Prix de Malaisie (19 éditions entre 1999 et 2017), mais pour disputer le Grand Prix de Bahreïn, seizième manche de la saison. Mais comment le pays d’Asie du Sud-Est se retrouve-t-il à accueillir un week-end de course toujours estampillé Grand Prix de Bahreïn ?
À l’origine, le Grand Prix de Bahreïn aurait dû se tenir, selon le calendrier présenté la saison dernière, le 12 avril sur la piste du circuit de Sakhir, où se sont déroulés les essais de présaison. Mais la guerre au Moyen-Orient après l’attaque conjointe lancée par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran en février a poussé la Formule 1 et la FIA (Fédération internationale de l’automobile) à reconsidérer leurs plans.
Pas d'étapes à Bahreïn et en Arabie saoudite en raison de la guerre au Moyen-Orient
Mi-mars, après la deuxième manche de la saison en Chine, les instances ont annoncé que les Grands Prix de Bahreïn et d’Arabie saoudite ne se tiendraient pas le mois suivant. "C’était une décision difficile mais, malheureusement, la bonne à prendre à cet instant au vu de la situation au Moyen-Orient", avait alors expliqué le patron de la discipline Stefano Domenicali. De quoi laisser un trou béant dans le calendrier, mais aussi ouvrir la porte à une relocalisation des épreuves, pas officiellement annulées.
Juste avant la trêve estivale, l’organisation du Grand Prix de Bahreïn a ainsi officialisé que la course aurait bien lieu, à l’automne, sur le circuit de Sepang, qui s’est proposé comme hôte. "Cet accord entre la Formule 1, la FIA, le gouvernement de Bahreïn et le gouvernement de Malaisie, permet à la Formule 1 de préserver un Grand Prix qui n’aurait autrement pas eu lieu", ont notamment écrit les instances dans leur communiqué.
Pour Aurélie Dyvère, directrice générale de Sporsora (association dédiée à l'économie et au marketing sportif), "ils ont les infrastructures nécessaires pour organiser ce Grand Prix. En plus, il a été conçu par le même architecte que le circuit de Bahreïn". La piste a en outre l'avantage d'être appréciée par les pilotes, et de se trouver à proximité de Singapour, lieu de la manche suivante dès le week-end prochain, ce qui facilite la logistique d'un triple header (enchaînement de trois courses sur trois week-ends) pas prévu initialement.
"L'intérêt, c'est que le Grand Prix conserve son identité"
Dès lors, pourquoi le rendez-vous conserve-t-il le nom et l'identité du Grand Prix de Bahreïn ? Car il ne s'agit pas d’un nouveau Grand Prix, mais de celui prévu en avril, simplement délocalisé sur un autre circuit, pour préserver les intérêts des parties engagées, du pays hôte aux instances. "Derrière, il y a beaucoup de sponsors, beaucoup d'enjeux politiques, de politique internationale et aussi de rayonnement international. Leur priorité était de ne pas annuler ce Grand Prix", explique Aurélie Dyvère.
L'intérêt, c'est que le Grand Prix conserve l'identité. Il y a un partenaire titre "namer" qui est la compagnie aérienne Gulf Air, c'est donc le Gulf Air Grand Prix de Bahreïn en Malaisie. Cela permet d'assurer quand même la continuité avec le naming du Grand Prix de Bahreïn.
Aurélie Dyvère, directrice générale de Sporsora
à franceinfo: sport
Pour Bahreïn, présent au calendrier depuis 2004 (et le premier pays arabe à accueillir un Grand Prix de Formule 1), prolongé en 2022 pour 14 ans, l'important était de maintenir une présence autour de l'événement, même loin de ses terres. "La F1 permet à Bahreïn de s'inscrire sur un univers qui associe la technologie, la performance, l'innovation et la modernité. Ce sont des valeurs que le pays veut voir lui être associées", détaille Aurélie Dyvère.
Dans ce contexte, Gulf Air en a également profité pour ouvrir, depuis le 29 septembre, une liaison aérienne entre Bahreïn et Kuala Lumpur. "Donc ils utilisent la course comme moyen de promotion de cette nouvelle liaison", appuie la directrice générale de Sporsora.
Depuis le début du week-end, le paddock de Sepang renvoie bien l’identité du Grand Prix de Bahreïn, avec repas traditionnel ou encore drapeau du pays affichés. "Cela permet aussi de maintenir les activations (des moments forts pour la visibilité d'une marque ou d'un sponsor) qui sont liées à ce Grand Prix qui seront maintenues à Sepang", approfondit Aurélie Dyvère, qui cite deux exemples "clés" : "effectuer le traditionnel survol [de la piste dans un avion de la compagnie Gulf Air] avant la course" et "disposer d'une fan zone sur le circuit". Comme à Bahreïn, mais cette fois en Malaisie.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Le Grand Prix de Bahreïn restera délocalisé en Malaisie pour la saison actuelle en raison de la poursuite des tensions au Moyen-Orient.
Likely · Within weeks
La nouvelle liaison aérienne entre Bahreïn et Kuala Lumpur, lancée par Gulf Air, connaîtra une augmentation de son utilisation pendant la durée du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie.
Possible · Within days
Open Questions
- Combien de temps durera cet accord de délocalisation du Grand Prix de Bahreïn en Malaisie ?
- Quelles seront les répercussions financières à long terme pour Bahreïn en perdant temporairement l'accueil du Grand Prix sur son territoire ?
- La Formule 1 envisagera-t-elle d'autres délocalisations si les tensions au Moyen-Orient persistent ?





