
Cinq pays européens envisagent d'ouvrir un centre pilote au Rwanda pour les déboutés d'asile, malgré les critiques des ONG et de la France.
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Le Royaume-Uni avait tenté un projet similaire avec le Rwanda en 2022, abandonné par le gouvernement Starmer. Les cinq pays européens cherchent à externaliser le traitement des déboutés d'asile.
Le Rwanda est pressenti pour accueillir le premier centre pour migrants expulsés d'Europe, possiblement dès le début de l'année prochaine, ont indiqué des sources concordantes à l'AFP.
En vertu d’un accord attendu dans les prochaines semaines, des déboutés d’asile de cinq pays européens devraient bientôt être envoyés dans un «hub de retour» de ce pays d’Afrique de l’Est. Ces centres ont été imaginés en lien avec la Commission européenne, il y a un an et demi, afin d’accroître significativement le nombre des expulsions de migrants du territoire européen.
Depuis plusieurs mois, ces cinq pays de l'Union europénne (UE) - Allemagne, Autriche, Danemark, Grèce et Pays-Bas - travaillent d'arrache-pied pour ouvrir un de ces centres aussi vite, et efficacement, que possible. Partisans d'une ligne migratoire très ferme, leur raisonnement est double: en plus d'expulser les déboutés d'asile, ils espèrent ainsi décourager des migrants de tenter de s'installer sur le continent. Leur objectif affiché est de conclure un accord avec un pays d'ici à la fin de l'année, afin de permettre l'ouverture d'un centre en 2027.
Le Rwanda figure depuis plusieurs mois parmi les destinations envisagées. Selon des sources proches des négociations, il apparaît désormais comme le candidat le plus probable. Des représentants des cinq pays se sont rendus à Kigali, pour une mission début septembre, a confié une source diplomatique à l'AFP. Une délégation rwandaise a quant à elle voyagé en Europe il y a quelques jours, faisant notamment étape à Bruxelles pour des réunions.
Ces «hubs de retour» sont très critiqués par la gauche et les ONG, qui s'inquiètent du traitement des migrants dans ces établissements. La France est également sceptique. Le président Emmanuel Macron avait vivement critiqué le concept en marge d'un sommet en juin, jugeant que ces centres n'étaient «ni efficaces», ni conformes aux valeurs de l'UE. Afin de dissiper certaines des inquiétudes les cinq pays européens entendent d'abord lancer ce centre à une très petite échelle, a expliqué une autre source diplomatique à l'AFP. Une sorte de projet pilote.
L'idée est d'y envoyer d'abord une vingtaine de déboutés d'asile par pays européen concerné, probablement des hommes majeurs, appréhendés à la frontière. Et d'anticiper tous les scénarios possibles avant l'annonce formelle: qui les transportera, que se passera-t-il si l'un des migrants tombe malade, etc... ? À en croire une source proche des négociations, l'établissement ne sera pas un centre de détention fermé. Le Rwanda souhaite appeler cela des «centres d'accueil» et pourrait y proposer des formations professionnelles.
«Je ne vois pas en quoi il est accueillant d'envoyer des centaines de personnes en dehors de l'Union européenne, simplement parce que nous ne voulons pas qu'elles restent dans l'UE», rétorque l'eurodéputée Anna Strolenberg, de retour d'une mission au Rwanda il y a quelques semaines. Sur place, l'élue écologiste néerlandaise a constaté une évolution négative «du sentiment à l'égard des réfugiés» et voit comme «une grave erreur» l'ouverture prévue de ce centre. Ces cinq pays européens ne sont en effet pas les premiers à s'intéresser au Rwanda. Le Royaume-Uni avait annoncé en 2022 son intention d'y ouvrir un centre. Mais le projet avait finalement été abandonné par le gouvernement de Keir Starmer, en raison d'obstacles judiciaires.
Sous la présidence de Donald Trump, les Etats-Unis ont eux intensifié leurs efforts pour expulser des étrangers qui ne peuvent légalement être renvoyés dans leur pays, en proposant de les envoyer dans des pays comme l'Ouganda, le Salvador et le Rwanda. L'accord entre le Rwanda et les pays de l'UE pourrait être officialisé mi-novembre, possiblement en marge d'une conférence à Vienne consacrée aux questions migratoires, ont indiqué trois sources à l'AFP. «Le dialogue avance très bien mais nous ne ferons pas de commentaire quant au timing ou au pays», a affirmé un diplomate venant d'un de ces cinq pays.
Le gouvernement rwandais n'a pas répondu dans l'immédiat aux sollicitations de l'AFP. La Commission européenne participe à certaines de ces réunions en tant qu'observatrice, sans se prononcer directement sur les modalités du projet. L'Ouganda et l'Ouzbékistan figurent également parmi les pays susceptibles d'accueillir, à terme, un de ces centres.
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Officialisation potentielle de l'accord mi-novembre à Vienne.
Possible · Within weeks

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