Le secrétaire américain au Trésor critique l'Europe sur l'IA et son modèle économique
Quick Look
Lors d'une conférence à l'Université méthodiste du Sud à Dallas, Scott Bessent a minimisé les capacités européennes en intelligence artificielle, affirmant que même la start-up française Mistral ne pourrait rivaliser avec les valorisations attendues d'OpenAI et Anthropic, et a attribué ce retard à l'aversion au risque et à la surréglementation en Europe, tout en critiquant le modèle des démocraties sociales européennes.
AI-generated summary
Why It Matters
Scott Bessent, secrétaire américain au Trésor dans l'administration Trump, a exprimé lors d'une conférence à Dallas son scepticisme quant à la capacité de l'Europe à produire des géants de l'intelligence artificielle comparables à ceux des États-Unis ou de la Chine, citant l'exemple de Mistral et critiquant la réglementation européenne et le modèle des démocraties sociales.
Voilà une remarque qui ne devrait pas plaire aux dirigeants du vieux continent. En marge d’une conférence à la Southern Methodist University de Dallas, au Texas, le secrétaire américain au Trésor Scott Bessent a raillé les capacités de l’Europe en matière d’intelligence artificielle. Le modérateur lui demandait : «Quand on parle d’intelligence artificielle, on entend toujours parler de la Chine, mais que se passe-t-il du côté de l’Europe ?»
Ce à quoi Scott Bessent a sèchement rétorqué : «Nothing.» («rien», dans la langue de Shakespeare), provoquant les rires de l’assemblée, composée d’étudiants. Avant d’enfoncer le clou : «Je peux aussi le dire en français : rien. Et en espagnol : nada.»
Passer la publicité
Le «monsieur économie» de l’administration Trump a bien reconnu, citant la start-up française Mistral, que l’Europe disposait «d’une bonne entreprise» dans le domaine de l’IA. Mais celle-ci ne pourrait même pas prétendre rivaliser avec les géants américains OpenAI et Anthropic : «Mistral tourne autour des 30 milliards de dollars de valorisation. OpenAI et Anthropic vont probablement entrer en Bourse avec une valorisation de 2.000 milliards de dollars. On n’a jamais vu une chose pareille être créée par le passé», a lancé Scott Bessent.
«Comment est-ce possible ?»
Un problème de dimension, mais aussi d’état d’esprit, pour le secrétaire américain au Trésor, qui pointe du doigt des sociétés européennes «très éduquées, mais averses au risque». Scott Bessent en veut pour exemple les réflexions de ses collègues du Vieux continent lors du G20 Finance, qui s’est tenu fin août en Caroline du Nord. «La première chose qu’ils demandent, c’est : “Comment réguler ?”», a raillé Scott Bessent, pour qui il est «inconcevable» que l’Europe ne dispose «d’aucune grande entreprise du numérique, tandis que nous, Américains, avons Microsoft, Amazon, Google... la Chine a Alibaba, Tencent...»
«Comment est-ce possible ?», s’interroge Scott Bessent. Il met en avant le rôle joué par les normes édictées par l’Union européenne : «Imaginez, aux États-Unis, si nous avions une strate supplémentaire de régulation...». Avant de faire part, soi-disant, du désarroi des entrepreneurs européens : «Lorsque je reçois des chefs d’entreprise européens dans mon bureau, ils me disent : “Avec vous, nous avons obtenu un rendez-vous en cinq jours. Pour avoir une réunion avec Bruxelles, il nous faut attendre trois mois.”»
Plus largement, le modèle des «sociales démocraties à l’européenne» a failli selon Scott Bessent. Pour lui, la majorité des États européens «se trouvent dans une spirale» où «ils creusent leur déficit, donc augmentent les impôts, puis perdent de la croissance, et augmentent encore les impôts...». Une spirale dans laquelle se serait retrouvée l’Amérique si Kamala Harris était devenue présidente, estime le bras droit du président Trump.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
L'Union européenne subira une pression accrue pour alléger sa réglementation en matière d'intelligence artificielle afin de rester compétitive.
Likely · Within months
Open Questions
- Quelles mesures spécifiques l'Union européenne envisage-t-elle pour soutenir ses entreprises d'IA ?
- Comment les start-up européennes comme Mistral prévoient-elles de lever des fonds compétitifs face aux géants américains ?
- Le G20 Finance de fin août a-t-il débouché sur des propositions concrètes concernant l'IA ?






