Le « Stablecoin 2.0 » : Reeve Collins veut redistribuer les milliards des réserves
Les réserves des stablecoins USDT et USDC ont rapporté des milliards, mais les détenteurs n'en touchent rien. Reeve Collins propose de séparer le rendement du token.
Quick Look
- Les réserves soutenant l'USDT et l'USDC ont généré des milliards de dollars au deuxième trimestre 2026.
- Reeve Collins, cofondateur de Tether, souhaite détacher ce rendement des stablecoins via le concept de « Stablecoin 2.0 » pour en faire profiter les utilisateurs.
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Why It Matters
Les réserves des émetteurs de stablecoins génèrent des profits massifs grâce aux bons du Trésor, mais ces revenus ne sont pas partagés avec les utilisateurs de base.
Les réserves qui garantissent l’USDT et l’USDC ont rapporté plus d’un milliard de dollars à Tether et plusieurs centaines de millions à Circle au deuxième trimestre. Les détenteurs de ces tokens n’en ont rien touché. Reeve Collins, cofondateur de Tether, veut détacher ce rendement du stablecoin : c’est ce qu’il appelle le « Stablecoin 2.0 ».
Tether comptait 184,6 milliards de dollars d’USDT en circulation au deuxième trimestre 2026. Ses réserves, placées notamment en bons du Trésor américain, lui ont rapporté 1,5 milliard de dollars de bénéfice opérationnel net sur le trimestre.
Circle a encaissé 667,7 millions de dollars de revenus de réserve sur la même période. Soit près de 95 % de son chiffre d’affaires.
Coinbase, qui distribue l’USDC, a perçu 324,6 millions de dollars de Circle sur le trimestre. Le montant de cette rémunération dépend notamment des USDC détenus sur la plateforme.
Ces revenus reviennent exclusivement à l’émetteur. Il peut ensuite en reverser une partie à ses distributeurs, comme c’est le cas entre Circle et Coinbase. Le détenteur du stablecoin conserve un token qui vaut 1 dollar.
Une plateforme d’échange peut conserver des centaines de millions de dollars de stablecoins et en faire transiter des milliards pour ses clients. Les revenus produits par les réserves restent pourtant sous le contrôle de l’émetteur.
Reeve Collins estime que les plateformes devraient pouvoir en récupérer une partie pour la reverser à leurs clients.
Il a détaillé sa vision le 23 septembre dans un entretien accordé à Wu Blockchain.
Les réserves sont visibles on-chain et les revenus qu’elles génèrent sont séparés du stablecoin, puis distribués selon des règles définies dans le protocole. C’est ce que Collins appelle le « Stablecoin 2.0 ».
Le stablecoin, lui, doit rester à 1 dollar et conserver sa fonction de moyen de paiement. Il reste ainsi disponible pour être échangé ou racheté à sa valeur cible, tandis que les revenus des réserves sont distribués séparément.
Collins a cofondé STBL, qui applique déjà ce principe. Un même dépôt y donne naissance à deux tokens. USST circule comme stablecoin et YLD porte le rendement du collatéral.
En Europe, l’article 50 de MiCA interdit aux émetteurs de jetons de monnaie électronique d’accorder des intérêts sur ces jetons. Aux États-Unis, le GENIUS Act interdit également à l’émetteur d’un stablecoin de verser un rendement à ses détenteurs.
Le stablecoin peut ainsi rester l’actif utilisé pour les paiements, tandis qu’un autre token porte le rendement. Collins dit avoir construit son modèle avec ces règles en tête.
Le rendement est au cœur de la réflexion de Collins sur les stablecoins. Cette question dépasse pourtant largement les émetteurs. Pour un investisseur qui détient du capital, se pose aussi la question de la manière dont ce capital peut être rémunéré.
En DeFi, plusieurs mécanismes permettent de générer du rendement à partir des stablecoins, sans avoir à parier sur la hausse ou la baisse du marché.
Les stablecoins peuvent être prêtés, utilisés pour fournir de la liquidité ou intégrés à des stratégies d’arbitrage.
Au Club 25%, chaque stratégie est étudiée à partir de cette même logique : comprendre d’où vient le rendement, qui le paie et quelle activité permet de le générer.
Les stablecoins ont mis le dollar sur des rails qui tournent 24 heures sur 24. Reeve Collins pose la question suivante : qui doit capter les revenus produits par les actifs qui servent de réserves à ces tokens ?
Open Questions
- Comment les régulateurs accueilleront-ils le modèle du Stablecoin 2.0 ?
- Quel sera l'impact sur l'adoption de l'USDT et l'USDC ?







