
Les élus des communes françaises traversées par le sentier préparent une charte pour instaurer des réservations obligatoires et encadrer le bivouac d'ici 2027.
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Le Tour du Mont-Blanc attire environ 90 000 randonneurs par an, une fréquentation en hausse de 50 % depuis la crise sanitaire.
Le tour du Mont-Blanc (TMB) ne sera bientôt plus un self-service. Réunis le 16 septembre à l’initiative de Jean-Marc Peillex, maire de Saint-Gervais et président de la communauté de communes Pays du Mont-Blanc, et de François-Xavier Laffin, son homologue de Chamonix, également président de la communauté de communes de la Vallée de Chamonix-Mont-Blanc, les élus des sept communes françaises traversées par ce trek de 170 kilomètres et 10.000 mètres de dénivelé ont acté le principe d’une charte pour en réguler la fréquentation.
Un texte élaboré avec les gardiens de refuge, hébergeurs, guides, transporteurs et services de l’État, encore en cours de finalisation, mais dont l’esprit tient en une formule de Jean-Marc Peillex, rapportée par l’AFP : «Le côté open bar, c’est terminé !»
Le constat, dressé dans un communiqué publié le 21 septembre par les deux élus, est sans appel. Le TMB attire désormais quelque 90 000 trekkeurs chaque année, soit une hausse de près de 50 % depuis la crise sanitaire, selon leurs estimations. Une affluence aux conséquences jugées «négatives, voire désastreuses» pour les propriétés traversées, l’environnement et la sécurité, qui complique aussi le travail des professionnels du massif.
Files indiennes sur les sentiers, campements sauvages aux abords des refuges, déchets abandonnés dans la nature : les élus dénoncent les dérives d’un itinéraire devenu victime de son succès. Sans compter ces randonneurs qui font transporter leurs grosses valises à roulettes par taxi d’une étape à l’autre, transformant parfois l’aventure en séjour tout compris.
Pour autant, pas question de fermer la montagne. L’objectif affiché est de mieux organiser la fréquentation du parcours, en tenant compte de la capacité d’accueil des hébergements.
C’est le principal changement envisagé pour 2027 : les randonneurs parcourant le TMB en itinérance pendant la saison estivale devraient obligatoirement réserver chacune de leurs nuitées, que ce soit en refuge, à l’hôtel, au camping ou dans une aire de bivouac autorisée.
Le bivouac sauvage serait interdit au profit d’emplacements dédiés, équipés de toilettes et de points d’eau, dont l’utilisation donnerait lieu au paiement d’une redevance. Le transport des bagages entre les étapes serait également encadré, avec une restriction aux seuls sacs de trek.
Pour faire respecter ces nouvelles règles, les collectivités envisagent la création d’une «brigade verte», chargée notamment de vérifier les réservations et de veiller au respect des lieux.
Contacté par TF1info, Daniel Rodrigues, directeur de la Compagnie des guides de Chamonix, accueille favorablement le projet, notamment l’encadrement du bivouac sauvage. Il insiste également sur le rôle des accompagnateurs en montagne, alors que certaines agences commercialisent des séjours sur le TMB sans guide, une pratique dont il souligne les risques pour les randonneurs insuffisamment préparés.
Mais la mise en œuvre du dispositif soulève encore des questions. Comment contrôler les réservations sur un itinéraire aussi étendu ? Et comment éviter que les restrictions ne déplacent les problèmes vers d’autres secteurs du massif ? Autant de points qui restent à préciser avant la signature de la charte, espérée d’ici la fin de l’année, pour une entrée en vigueur au printemps 2027.
Autre difficulté : le tour du Mont-Blanc traverse trois pays. Les collectivités françaises souhaitent associer leurs homologues italiens et suisses à cette démarche, afin d’éviter que les règles ne changent d’une frontière à l’autre.
AI outlook — possibilities, not facts
Signature d'une charte de régulation d'ici fin 2024.
Likely · Within months
Entrée en vigueur des nouvelles règles de réservation en 2027.
Likely · Within years

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