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Léa Fontaine remporte son quatrième titre en Grand Slam mais subit des attaques grossophobes
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France Info6 hours agoSports2 min readFrance

Léa Fontaine remporte son quatrième titre en Grand Slam mais subit des attaques grossophobes

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Léa Fontaine, judokate française de 26 ans, a remporté son quatrième titre en Grand Slam à Lausanne dans la catégorie +78 kg, mais a subi des commentaires grossophobes qui ont éclipsé sa performance, suscitant l'indignation de ses coéquipières Julia Tolofua et Romane Dicko, ainsi que de l'ancienne championne olympique Émilie Andéol, qui dénoncent les critiques injustes sur le corps des femmes dans le judo.

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Léa Fontaine a remporté son quatrième titre en Grand Slam à Lausanne dans la catégorie +78 kg, devenant numéro un mondiale, mais a subi des attaques grossophobes qui ont détourné l'attention de sa performance sportive.

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La performance a été reléguée au second plan. Alors que Léa Fontaine a remporté, dimanche 30 août, son quatrième titre en Grand Slam, à Lausanne (Suisse), dans la catégorie des +78 kg, la judoka française de 26 ans a subi un torrent de propos grossophobes, éclipsant au passage sa performance majuscule qui lui a permis de s'offrir le statut de numéro un mondiale.

Ces propos ont fait largement réagir dans le monde du judo. "Je suis sidérée et vraiment en colère à la lecture de ces commentaires. Cela me fait mal au cœur. Ce n'est pas la première fois que Léa vit ce genre de choses. Elle vient de gagner une compétition, et des personnes se permettent de critiquer son physique", s'indigne Julia Tolofua, judoka membre de l'équipe de France et vice-championne du monde des +78 kg.

Des attaques qui doivent être "combattues, bannies et punies"

Sa coéquipière en équipe de France, Romane Dicko, qu'elle a d'ailleurs battue en finale du Grand Slam de Lausanne, a elle aussi défendu Léa Fontaine, dans une story, publiée sur son compte Instagram. "Ces commentaires n'ont absolument rien à voir avec le sport, ni même avec la notion d'humanité d'ailleurs. Critiquer les athlètes pour leur performance sera toujours accepté et acceptable mais les attaques liées au sexe, au physique ou à la couleur de peau devront toujours être combattues, bannies et punies", a-t-elle écrit. La quadruple médaillée olympique a aussi appelé "chacun d'entre nous [à] être vigilant sur les réseaux et ne pas hésiter à signaler tout comportement abusif. La haine, le mépris et l'agressivité n'ont rien à y faire, ni ici, ni ailleurs".

Les commentaires grossophobes, dont Léa Fontaine a été la cible, montrent une nouvelle fois que le corps des femmes est davantage sujet aux attaques et critiques que celui de l'homme. "Quand il s'agit des lourds chez les hommes, je n'entends jamais de critiques. Souvent, on dit que les lourds sont la catégorie reine dans le judo, ce qui n'est pas le cas chez les femmes", pointe Émilie Andéol, championne olympique aux Jeux de Rio en 2016, dans cette catégorie des +78 kg.

"Quand Teddy [Riner, catégorie + 100 kg], combat, personne ne lui dit rien. ll n'y a aucun commentaire. Mais, il faut toujours qu'on ait quelque chose à redire sur le corps des femmes. C'est très énervant. J'aimerais bien savoir, si les gens qui ont commenté, s'enquillent les nombreuses d'heures d'entraînement nécessaires par semaine."

Émilie Andéol, championne olympique chez les +78 kg

à franceinfo: sport

Même si les mentalités évoluent dans la société et dans le monde du sport, le chemin est encore long. "Chez les hommes, on va dire qu'ils sont forts, puissants. Mais une femme qui fait plus de 100 kilos, cela va être très mal vu. Et on va tout de suite dire qu'elle mange trop, qu'elle n'a pas de technique", analyse Emilie Andéol, qui a elle aussi subi ce genre d'attaques. Cette dernière pense que l'usage des réseaux sociaux les a rendues plus virulentes : "On ne peut pas comparer les judos. C'est différent entre les légers et les lourds. De la même manière, on ne produira pas le même judo sur une droitière ou une gauchère, que sur une grande ou une petite. Nos judos s'adaptent selon nos catégories, et à travers des stratégies selon les profils en face de nous. Arrêtons de sans cesse comparer."

Le poids, loin d'être un avantage pour gagner

Choquée par les propos reçus par Léa Fontaine, Emilie Andéol rappelle que, dans la catégorie des +78 kg, la plus haute en poids chez les femmes, plusieurs types de profil cohabitent. "Il peut y avoir des filles affûtées, très musclées, plus légères ou plus lourdes. C'est notre catégorie qui est ainsi. Mais en aucun cas, ce n'est que la force qui compte. Il y a des techniques, de la stratégie, comme dans n'importe quelle catégorie", explique-t-elle. Alors, quand les commentaires pointent l'écart de poids supposé entre Léa Fontaine et Romane Dicko comme argument de victoire dimanche à Lausanne, Emilie Andéol les balaie d'emblée. "C'est n'importe quoi, argue-t-elle. Parfois, ce sont même les profils les plus légers qui peuvent avoir un avantage sur les plus lourdes car elles sont plus mobiles, plus agiles dans le déplacement." "Il s'agit de commentaires de personnes simples d'esprit", complète Julia Tolofua.

"Les athlètes plus légères vont jouer de cet atout, vont être plus rapides sur les mains ou dans les déplacements, comme Romane Dicko par exemple. Léa joue, elle, davantage sur sa force, c'est ce qui lui a permis de gagner à Lausanne. Chacune a ses atouts."

Julia Tolofua, vice-championne du monde des +78 kg

à franceinfo: sport

"À partir du moment où on va mettre le corps des femmes sur un écran, il va être critiqué. Ça a toujours été comme ça, et c'est triste, en 2026, de voir des gens critiquer le corps d'une athlète alors qu'elle vient de gagner un titre. On a l'impression que plus on avance dans le temps, plus on régresse dans la mentalité", regrette Julia Tolofua, qui a subi des propos haineux liés à son genre.

"Quand j'étais plus jeune, j'avais beau porter des tee-shirts un peu décolletés, les gens m'appelaient 'monsieur', ou 'jeune homme'. On ne me laissait pas passer pour les pesées parce qu'on me disait que c'était pour les filles et les garçons étaient de l'autre côté, comme les toilettes. Aujourd'hui, je le vis encore dans mon quotidien, mais moins dans le sport où on me connaît mieux", témoigne-t-elle.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Les fédérations de judo vont lancer des campagnes de sensibilisation contre les discriminations liées au physique

    Likely · Within weeks

  • Léa Fontaine va recevoir un soutien accru de la part de ses coéquipières et de la communauté du judo

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quelles mesures seront prises pour lutter contre les commentaires grossophobes dans le sport ?
  • Les plateformes de réseaux sociaux vont-elles renforcer leur modération concernant les attaques sur le physique des athlètes ?
  • Y aura-t-il des sanctions contre les auteurs des commentaires haineux ?

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This article was originally published by France Info.

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