
Léon Marchand, quadruple champion olympique, parle de ses deux semaines de vacances, de son documentaire diffusé sur France 2, de ses émotions lors des championnats d'Europe, de sa vie aux États-Unis et de ses objectifs pour les championnats du monde en petit bassin et les Jeux de Los Angeles.
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Léon Marchand est un nageur français quadruple champion olympique ayant remporté deux médailles d'or aux Jeux de Paris 2024. Il vient de décrocher deux nouvelles médailles d'or aux championnats d'Europe de natation en France et un documentaire sur sa vie est diffusé sur France 2.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l'interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
France Télévisions : C'est un champion hors normes. Il accumule les records et les médailles, mais surtout, il est entré dans nos cœurs et dans nos vies, en particulier depuis ce 31 juillet 2024 où il a remporté deux médailles d’or en seulement deux heures aux jeux de Paris devant 11 millions et demi de téléspectateurs. Vous êtes rare dans les médias. On est heureux de vous recevoir. La dernière fois qu’on vous a vu, c’était cet été aux championnats d’Europe. Vous avez encore décroché deux nouvelles médailles d’or. Mais d’abord, est-ce que vous avez réussi à profiter un peu de l’été et à prendre quelques jours de vacances ?
Léon Marchand, quadruple champion olympique de natation : Oui, j’ai eu deux semaines de vacances quand même.
Vous le dites comme si c’était très long.
C’est déjà pas mal pour un sportif de haut niveau, parce qu’on met du temps à revenir un peu au niveau après. Mais j’ai eu deux semaines, donc c’est plutôt bien. Je reprends début septembre dans l’eau à Austin (États-Unis). Mais oui, j’ai pu bien profiter, c’était cool.
Vous nagez pendant les vacances ou pas ?
Je vais nager dans l’océan, mais ça ne compte pas vraiment.
Vous êtes un des meilleurs nageurs du monde, vous êtes un étudiant brillant et on découvre même que vous faites le Rubik’s Cube en 15 secondes. De quelle planète venez-vous, Léon Marchand ?
Je ne sais pas, je viens de Toulouse (Haute-Garonne).
Et c’est quoi cette histoire de Rubik’s Cube alors ? C’est une passion d’enfance ?
J’ai eu de nombreuses passions un peu aléatoires et quand je me lance dans un truc, je pense que j’y vais à fond. Et j’ai fait les championnats de France de Rubik’s Cube quand j’étais jeune. C’était assez drôle.
Cet été vous avez ajouté à votre palmarès, déjà impressionnant, deux nouvelles médailles d’or aux championnats d’Europe de natation qui avaient lieu en France. C’était forcément quelque chose pour vous de retrouver le public français deux ans après les Jeux. C’était un moment particulier ?
C’était excellent. Il y avait énormément d’ambiance dans cette piscine à Saint-Denis. On a eu une belle équipe de France. On a eu de bons résultats toute la semaine. Je me suis aligné sur des courses qui étaient un peu différentes de d’habitude et j’ai pris beaucoup de plaisir. C’était vraiment cool.
Médaille d’or en 200 mètres papillon et médaille d’or en 400 mètres nage libre. Vous faites référence à cette course-là, ce n’était pas votre course de prédilection, jusqu’à présent en tout cas, et vous avez surclassé tous les meilleurs spécialistes de la distance. Le public a chanté la Marseillaise a cappella. Est-ce que vous pouvez essayer de nous expliquer ce que vous ressentez à ce moment-là précis ?
C’est un moment dont je vais me souvenir longtemps. Déjà, les hymnes nationaux aux Jeux de Paris, c’était quelque chose. Après, là, a cappella, c’était vraiment fort de revivre ça deux ans après. C’est un moment où tu es un peu en communion avec les gens. En plus, c’était une piscine qui est assez resserrée, donc j’arrivais à voir les visages des gens qui me regardaient, qui chantaient et qui étaient assez fiers. Une bonne fierté. C’était vraiment sympa, un moment gravé.
Il y a le Léon Marchand qui enchante et qui déchaîne le public français, le Roi Léon, comme on vous surnomme désormais, puis il y a le vrai Léon, Léon Marchand dans la vie. Et c’est celui que l’on découvre dans un documentaire qui sera diffusé mardi soir en prime time sur France 2, qui bat déjà tous les records sur la plateforme france.tv, où il est visible depuis le mois de juillet. Il a été vu plus de 2 millions de fois. "Léon au-delà de l’or", c’est le titre de ce documentaire qui a été coréalisé par votre papa. Dans ce film, on découvre votre vie quotidienne, votre intimité. Vous vous livrez comme jamais. On découvre une partie de vous qu’on ne connaissait pas. Pourquoi avez-vous choisi ce documentaire ?
C’était un peu le but, justement, de se livrer, de montrer aussi la face cachée du sport de haut niveau, de montrer que ma vie, ce n’est pas forcément les médailles, les médias, etc., mais plus de l’entraînement, quelque chose qui est assez difficile, assez ennuyeux. J’avais vraiment envie de montrer tout ça, surtout après les JO de Paris. Et après, c’est dans une année de transition pour moi. J’ai un peu réalisé mon rêve à Paris à 22 ans. Donc, qu’est-ce qui se passe après ?
C’est la grande question de ce documentaire. Et vous ne cachez pas qu’il y a eu un moment difficile après les Jeux.
C’était le but de montrer mes doutes, de montrer ma vulnérabilité aussi, de montrer que ce n’est pas toujours positif. Et surtout avec un objectif pareil : se recentrer, retrouver la flamme. C’est un peu ce dont on parle dans le documentaire.
Vous dites à un moment : "Je ne savais plus, pourquoi il fallait que je me lève le matin."
Oui, c’est ça, le lendemain des JO tout simplement. Je pense que ce n’est pas une question d’objectif, mais vraiment de raison, de sens, de savoir pourquoi est-ce qu’on doit aller à 5 heures du matin encore s’entraîner, encore souffrir, encore mettre son corps à rude épreuve. Et ça, on le redécouvre après avec le temps.
Vous avez pensé à arrêter la natation à ce moment-là ?
Oui, bien sûr. Après, je sais qu’il me restait des temps, des records à aller chercher. J’avais l’impression que je n’avais pas fini encore mon livre. Mais c’est vrai que ça a mis du temps. Je n’avais pas envie de revenir dans l’eau pour les mauvaises raisons.
Vous avez pris le temps de vous retrouver, d’apprendre à mieux vous connaître aussi. C’est ce qu’on voit dans le documentaire. On voit aussi que la natation, à très haut niveau, c’est un sport ingrat. On vous voit vous réveiller à 5 heures du matin. Il faut être à 6 heures du matin dans la piscine pour l’entraînement. Il y a la douleur physique. Il y a l’ennui aussi.
C’est quelque chose qui n’est pas facile à exprimer : la difficulté de mon sport, l’ennui, la souffrance, etc. Parce qu’on a des vies qui sont quand même incroyables. On ne va pas se le cacher. On voyage, on a des émotions qui sont hyper intenses, surtout à nos âges. Mais là, pour le coup, on a pu vraiment montrer une journée type dans ma vie au quotidien. Je pense que c’était important de le montrer.
Dans le film, on vous voit vous, avec vos camarades nageurs, avec vos entraîneurs, on voit vos parents et votre frère. Vous êtes une famille très unie, très soudée. Vos parents sont des anciens nageurs qui connaissent le haut niveau. Vous nous racontez qu’ils vous manquent depuis que vous vivez aux États-Unis. Et, il y a cette notoriété immense qui vous est tombée dessus brutalement, Léon Marchand, et qui n’est pas toujours si facile à vivre. Vous avez ce sentiment d’appartenir à tout le monde ?
Un petit peu plus forcément, après les JO, il y a un moment où j’ai eu besoin vraiment de séparer mon image publique et privée. Après, ce qui est aussi intéressant dans ce documentaire, c’est qu’on voit que je ne suis pas seul dans ma ligne d’eau. Il y a tout un cercle familial derrière, des personnes que j’aime, des personnes qui me soutiennent depuis vraiment le début. Quand je suis derrière le plot, je pense à toutes ces personnes et je pense qu’on a essayé de rendre hommage à tout ça dans ce documentaire.
Mais cette notoriété immense qui vous est tombée dessus du jour au lendemain, est-ce que c’est parfois pesant ? Est-ce que c’est la raison aussi pour laquelle vous avez choisi de vivre aux États-Unis ?
Non, ce n’est pas la raison. Je suis parti aux États-Unis bien avant les JO de Paris. J’ai fait mes études là-bas, donc je ne suis pas du tout parti pour ça. Par contre, ça m’a aidé par la suite. Forcément, après les JO, j’étais bien content de retrouver une vie un peu plus calme, un peu plus posée à Austin, au Texas. Ça m’a servi, je pense.
Et la France vous manque parfois quand même ?
Vous me manquez, la nourriture me manque, la culture, ma famille, mes proches, mes potes aussi qui sont en France.
Vous pourriez revenir ?
Oui, bien sûr.
Après les Jeux de Los Angeles, peut-être ?
Oui, pourquoi pas.
Le prochain défi pour vous, ce sont les championnats en petit bassin, au mois de décembre.
Les championnats du monde en petit bassin à Pékin qui sont en décembre, effectivement.
Quel est votre objectif ?
Objectif : essayer de gagner.
Le plus de médailles d’or possible, comme d’habitude ?
On va essayer de faire le maximum.
Et puis Los Angeles, évidemment, c’est l’objectif ultime. Vos deuxièmes Jeux olympiques, vous qui êtes l’athlète français qui a remporté le plus de titres en une édition des Jeux olympiques à la maison, en plus. Comment faire pour voir encore plus haut, encore plus loin maintenant ?
Je pense que j’ai toujours plein de choses à aller chercher dans mon sport. Je pense que je suis un peu seulement au début. Ce sera donc mes troisièmes Jeux olympiques si je me qualifie dans 2 ans. C’est un objectif qui est énorme, un peu comme les JO de Paris. Je sais que c’est la direction dans laquelle je vais, après je ne sais pas encore exactement comment ça va se dessiner.
Dans le documentaire Léon Marchand, il y a aussi une séquence où vous rencontrez un autre Français très célèbre aux États-Unis, c’est Victor Wembanyama, la star française du basket américain, qui a pu prendre position sur des sujets politiques aux États-Unis, notamment les meurtres commis par l’ICE, la police de l’immigration. Est-ce que vous vous sentez plus proche d’un sportif comme lui ou comme un Kylian Mbappé qui a pris des positions politiques lui aussi, ou est-ce que vous préférez rester loin de tout ça ?
Je préférerais rester loin de tout ça, mais je pense qu’on va avoir un rôle qui pourrait être déterminant, je pense, dans les prochaines années. Juste par notre influence, je pense. Après, c’est quelque chose qu’il faut que je travaille. Je n’ai pas envie de dire n’importe quoi parce que je ne me sens pas légitime. C’est comme ça que je le sens.
Vous savez que vous êtes un modèle pour beaucoup de jeunes.
Je m’en rends compte tout doucement, effectivement.
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Léon Marchand tentera de remporter le plus de médailles d'or possible aux championnats du monde en petit bassin à Pékin en décembre.
Likely · Within weeks
Léon Marchand envisage de participer aux Jeux olympiques de Los Angeles en 2028 s'il se qualifie.
Possible · Within years

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