Les législatives lettonnes donnent l'avantage au parti du Premier ministre sortant Andris Kulbergs
Quick Look
Selon les sondages à la sortie des urnes, le parti Liste unie du Premier ministre sortant Andris Kulbergs arrive en tête des élections législatives en Lettonie avec 35,6 % des voix, tandis que les partis populistes Lettonie d'abord et Pouvoir souverain obtiennent respectivement 11,3 % et 10,8 %, dans un contexte de préoccupations sécuritaires face à la Russie et de difficultés socio-économiques.
AI-generated summary
Why It Matters
La Lettonie, État baltique membre de l'OTAN et de l'UE depuis 2004, considère la Russie comme sa principale menace stratégique. Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, la sécurité a dominé la campagne électorale, tout comme les enjeux socio-économiques tels que le coût de la vie, les bas salaires et le déclin démographique.
Le parti Liste unie du premier ministre letton sortant Andris Kulbergs arrive samedi en tête des législatives, selon les sondages à la sortie des urnes, indiquant que le pays balte ne devrait pas modifier sa ligne pro-européenne et pro-ukrainienne.
Mais les partis populistes ont également réalisé une bonne performance, au terme d'une campagne électorale dominée par les inquiétudes concernant la Russie voisine et le coût de la vie dans le pays. Le parti de Andris Kulbergs obtiendrait 35,6 % des voix, selon les sondages à la sortie des urnes publiés par le média public LSM.
«C’est plus élevé que prévu»
«Ce n'est pas encore terminé, mais c'est plus élevé que prévu», a réagi M. Kulbergs, devant des journalistes. «Cela signifie que les gens veulent vraiment le changement», ce qui, selon lui, signifie «croissance économique» et «un avenir pour les enfants de la Lettonie», a poursuivi Andris Kulbergs, qui n'a pris ses fonctions de premier ministre qu'en mai.
Sa coalition, dont les sondages préélectoraux prédisaient un affaiblissement, ne devrait cependant probablement pas être reconduite sous sa forme actuelle.
L'un de ses partenaires, l'Union des verts et des agriculteurs, ne passerait pas la barre des 5 % nécessaire pour entrer au parlement, la Saeima, avec seulement 3,7 % des voix.
Partis populistes en 2e et 4e place
Quatre ans après le début de la guerre en Ukraine, la question sécuritaire a dominé largement les débats. Membre de l'Otan et de l'UE depuis 2004, la Lettonie considère la Russie comme sa principale menace stratégique et a fortement augmenté ses dépenses de défense, à près de 5 % du PIB.
La plupart des formations susceptibles d'entrer au Parlement soutiennent un renforcement militaire et la poursuite de l'aide à Kiev. Mais les enjeux sociaux-économiques - hausse du coût de la vie, bas salaires, santé et déclin démographique, la Lettonie étant le pays le plus modeste des trois États baltes en termes de niveau de vie - ont été au cœur de la campagne et le scrutin pourrait donner aux populistes une place importante au Parlement unicaméral de 100 sièges.
Passer la publicité
Le parti populiste Pouvoir souverain (Suverena vara, SV), dirigé par Julija Stepanenko, finit en quatrième position avec 10,8 % des voix, selon des sondages à la sortie des urnes. Critique de l'aide à l'Ukraine et de l'augmentation des dépenses militaires, ce parti met en avant les difficultés économiques du pays. Considéré comme pro-russe par ses détracteurs, SV reste toutefois entouré d'un cordon sanitaire par la plupart des autres partis.
Autre formation populiste, Lettonie d'abord (LPV) arrive en deuxième position avec 11,3 %. Dirigée par l'homme d'affaires Ainars Slesers, elle pourrait devenir un partenaire incontournable dans les prochaines négociations de coalition. Les Progressistes (PRO), parti social-démocrate pro-européen favorable à une protection sociale renforcée et à l'aide à l'Ukraine, arriveraient en troisième position avec 11,1 %. Les partis populistes pourraient obtenir de meilleurs scores dans les résultats définitifs, leurs électeurs étant plus réticents à admettre dans les sondages leur soutien à des partis jugés plus radicaux.
Passer la publicité
Population russophone
«Je crois vraiment que la plus forte hausse des résultats réels, par rapport aux sondages de sortie des urnes, concernera les partis soutenus par l'électorat russophone, à savoir Pouvoir souverain et Lettonie d'abord», a déclaré à l'AFP Roberts Kits, analyste au groupe de réflexion letton LaSER.
Sigita Struberga, secrétaire générale de l'association transatlantique lettone LATO, estime aussi qu'il est trop tôt pour prédire avec précision la configuration de toute future coalition. «Nous devons vraiment attendre les pourcentages réels, qui pourraient être légèrement différents de ce que nous observons pour l'instant», a-t-elle indiqué à l'AFP.
Le vote de la population russophone - environ 35% de la population lettone -, longtemps rassemblée autour d'un seul parti, Harmonie, disparu du Parlement en 2022, est en pleine mutation. Sans que les questions identitaires disparaissent, une partie croissante de cet électorat vote désormais en fonction de critères économiques et sociaux, notamment pour des partis populistes. Au-delà de la répartition des sièges, l'enjeu sera la formation d'une coalition capable de gouverner, dont la constitution pourrait être longue à négocier.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Les partis populistes Lettonie d'abord et Pouvoir souverain obtiendront un pourcentage réel supérieur à celui indiqué par les sondages de sortie des urnes, notamment grâce au soutien de l'électorat russophone.
Likely · Within days
La formation d'une coalition gouvernementale prendra plusieurs semaines voire mois en raison de la fragmentation du Parlement et des désaccords entre les partis.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quel sera le pourcentage réel des voix pour chaque parti après le dépouillement définitif ?
- Quelle coalition pourra être formée pour gouverner le pays ?
- Les partis populistes gagneront-ils du soutien parmi l'électorat russophone dans les résultats finaux ?
- Comment la Lettonie ajustera-t-elle sa politique de défense et d'aide à l'Ukraine selon la composition du nouveau Parlement ?





