
Vingt-cinq ans après les attaques, le récit de Donald Trump sur sa présence à Ground Zero continue d'évoluer, contredisant les faits documentés.
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Donald Trump a multiplié les versions de ses actions le 11 septembre 2001 au fil des années. Aucune preuve publique ne confirme sa présence à Ground Zero le jour des attentats.
Il y a des souvenirs qui s'effacent avec le temps. Et ceux de Donald Trump qui semblent se réécrire d'année en année. Vingt-cinq ans après les attentats qui ont fait près de 3 000 morts aux Etats-Unis, le président américain vient d'ajouter une nouvelle version à celles qu'il raconte depuis des années. Lors d'une cérémonie organisée près de la Maison Blanche, mardi 8 septembre, l'ancien promoteur immobilier a assuré s'être rendu avec son équipe près de Ground Zero juste après les attaques.
Un récit d'autant plus étonnant que le 11-Septembre a laissé des souvenirs particulièrement précis aux Américains. Selon le Pew Research Center, 93% d'entre eux se souvenaient, dans une enquête publiée dix ans après les attentats, de l'endroit où ils se trouvaient ou de ce qu'ils faisaient ce jour-là lorsqu'ils ont appris la nouvelle. Donald Trump, lui, semble avoir une mémoire plus mouvante.
Dans sa dernière version, le président américain raconte qu'un immeuble menaçait de s'effondrer alors qu'il se trouvait près de Ground Zero. Deux pompiers l'ont alors saisi par le bras pour l'éloigner au plus vite. "Ils m'ont soulevé et ils ont commencé à courir", a-t-il assuré. Problème : aucun élément public ne permet, à ce jour, d'établir sa présence près des tours frappées ce jour-là. Et ce récit vient encore s'ajouter aux différentes versions livrées par le locataire de la Maison Blanche depuis 2001.
Le jour des attentats, Donald Trump intervient par téléphone sur WWOR, une chaîne de télévision locale du New Jersey, et raconte ce qu'il prétend avoir vu depuis la Trump Tower. Situé à environ six kilomètres du World Trade Center, son gratte-ciel offre, assure-t-il, une vue sur les tours. "J'ai vu cette énorme explosion", affirme-t-il, avant d'ajouter : "Maintenant, il ne reste plus rien. Tout a disparu. C'est incroyable."
Une autre de ses déclarations faites le 11 septembre 2001 fera polémique des années plus tard. Interrogé sur le 40 Wall Street, un immeuble qu'il possède dans le sud de la presqu'île de Manhattan, Donald Trump explique que celui-ci était devenu le deuxième plus haut bâtiment du quartier après la construction des tours jumelles. "Et maintenant, c'est le plus haut", constate-t-il quelques heures seulement après l'effondrement du World Trade Center.
L'homme d'affaires racontera ensuite qu'il se trouvait chez lui, dans la Trump Tower, au moment des attaques. Il dit qu'il était sur le point de regarder une interview du PDG de General Electric, Jack Welch, lorsque les chaînes de télévision ont interrompu leurs programmes. Il affirme également avoir vu le deuxième avion percuter la tour Sud. En 2015, son souvenir devient encore plus précis : il assure avoir même vu des personnes se jeter par les fenêtres.
Avec les années, le milliardaire républicain ne raconte plus seulement avoir assisté aux attentats à distance. En 2019, lors d'une cérémonie au Pentagone, à Washington, il affirme être descendu à Ground Zero avec plusieurs de ses employés pour "essayer d'aider du mieux que nous pouvions". Quelques années plus tôt, pendant sa campagne présidentielle de 2016, il était allé plus loin : "J'étais là, j'ai regardé, et j'ai un peu aidé", assurait-il à propos du déblaiement des décombres.
Une présence de Donald Trump près de Ground Zero est en revanche documentée deux jours après les attentats. Le 13 septembre 2001, il est filmé dans une zone réservée aux médias. Interrogé par une chaîne de télévision allemande, il décrit "un spectacle épouvantable" et salue la résilience des New-Yorkais. Il assure également avoir "beaucoup d'hommes" sur place pour participer aux opérations de secours.
Aucun témoignage ne permet en revanche de confirmer sa présence aux pieds des deux tours le 11 septembre 2001. Comme le rapporte le New York Times, Barbara Res, ancienne vice-présidente de la Trump Organization, met directement en doute son dernier récit : "S'il avait été présent et escorté par des pompiers et des secouristes, cela aurait fait la une du Times le lendemain : il aurait fait en sorte que cela arrive."
Un quart de siècle plus tard, le récit de Donald Trump continue pourtant de s'étoffer. D'une catastrophe initialement observée depuis sa tour, il s'est peu à peu rapproché de Ground Zero puis des opérations de secours. A mesure que les années passent, les souvenirs du président américain semblent gagner en détails, sans que les preuves suivent toujours le même chemin.

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