Manifestations hebdomadaires à Séoul pour la reconnaissance des crimes sexuels de l'armée japonaise pendant la Seconde Guerre mondiale
Quick Look
- Depuis 34 ans, des manifestants se rassemblent chaque mercredi devant l'ambassade du Japon à Séoul pour exiger la reconnaissance de la responsabilité de Tokyo dans l'esclavage sexuel de femmes sud-coréennes par l'armée nippone durant la Seconde Guerre mondiale.
- Malgré le témoignage de survivantes comme Kim Hak-sun en 1991 et un accord de 2015 jugé insuffisant, seules cinq victimes sont encore en vie, et la mobilisation se poursuit sous l'égide de l'association Korean Council.
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Why It Matters
Depuis 1992, des manifestants se rassemblent chaque mercredi devant l'ambassade du Japon à Séoul pour demander la reconnaissance des crimes sexuels commis par l'armée japonaise contre des femmes sud-coréennes pendant la colonisation et la Seconde Guerre mondiale, connus sous le nom de 'femmes de réconfort'.
Depuis 34 ans, Séoul est chaque semaine le théâtre d’un même rituel. Tous les mercredis, des manifestants se rassemblent dans la capitale sud-coréenne, pour protester devant l’ambassade du Japon. Ils réclament la reconnaissance de la responsabilité de Tokyo dans l’esclavage sexuel perpétré par des soldats de l’armée nippone sur des femmes sud-coréennes.
Une prostitution forcée organisée à partir de 1932, lors de la colonisation japonaise en Corée, jusqu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Avec le très faible nombre de survivantes – seules cinq de ces femmes sont encore en vie – la mobilisation est désormais portée par l’association Korean Council qui milite pour leur mémoire avec le soutien d’étudiants ou de militants des droits humains.
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Une omerta de 50 ans
Selon les données d’Amnesty International, environ 200.000 Coréennes, surnommées des «femmes de réconfort», ont été abusées lors de la Seconde Guerre mondiale. Généralement issues d’un milieu populaire, les victimes ont été emmenées contre leur gré dans des maisons closes pour y subir des sévices sexuels infligés par des soldats japonais.
Pendant un demi-siècle, ces actes sont passés sous silence avant que l’omerta ne se brise, en 1991, avec le témoignage de Kim Hak-sun. «Je suis toujours vivante et debout. Il est absurde que le Japon nie avoir enrôlé de force les femmes de réconfort. J’ai souffert en tant que femme de réconfort, j’en suis la preuve vivante», avait-elle affirmé dans des propos cités par le média The Dong-A Ilbo. Le gouvernement japonais a d’abord refuté être directement responsable de ces abus.
Pour protester, un mouvement de solidarité est organisé autour de ces milliers de victimes. La première d’une très longue série de manifestations est lancée le 8 janvier 1992, jour de la visite de Kiichi Miyazawa, premier ministre japonais de l’époque. Depuis ce jour, les manifestants se retrouvent de manière hebdomadaire pour exiger des excuses officielles du gouvernement nippon.
Un mouvement inscrit au Livre des records
Au fil des années, le Pays du Soleil-Levant a tenté de faire amende honorable. Un an après la première mobilisation, il reconnaît pour la première fois l’implication de son armée dans la gestion des «stations de réconfort». Une démarche jugée insuffisante face à la volonté d’une reconnaissance juridique de la responsabilité nippone.
Depuis 2007, plusieurs pays comme les États-Unis, le Canada, les Pays-Bas et Taïwan, ainsi que le Parlement européen, au nom des 27 États membres de l’Union européenne, ont adopté des résolutions demandant au gouvernement japonais de reconnaître sa responsabilité dans les crimes commis contre ces femmes et de leur présenter des excuses
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En 2015, un accord, présenté comme un règlement «définitif et irréversible», est signé par les deux gouvernements. Tokyo verserait 1 milliard de yens, soit environ 7,5 millions d’euros, à une fondation d’aide aux survivantes sud-coréennes encore en vie. Là encore, l’acte n’est pas jugé suffisant pour le mouvement pour mettre fin à ce devoir de commémoration. De nombreuses survivantes ont jugé l’accord humiliant, notamment parce que le Japon n’y endossait pas de responsabilité juridique formelle.
What to Watch
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Les manifestations hebdomadaires devant l'ambassade du Japon à Séoul continueront tant que la responsabilité juridique du Japon ne sera pas reconnue.
Very likely · Within months
Open Questions
- Le Japon acceptera-t-il un jour une responsabilité juridique formelle pour ces crimes ?
- Quel sera l'avenir de la commémoration lorsque les dernières survivantes disparaîtront ?
- Les pressions internationales suffiront-elles à pousser le Japon à des excuses officielles complètes ?



