
Des lycéens manifestent pour de meilleures conditions de scolarité, entraînant des interventions policières et des débats politiques.
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Des lycéens manifestent contre la surcharge des classes et les conditions matérielles. Les Brigades régionales de sécurité sont intervenues 120 fois depuis septembre.
Depuis le début de la semaine, des lycéens issus de plusieurs départements d'Ile-de-France, organisent des blocages dans leur établissements pour dénoncer leurs conditions de scolarité. Dégradations matérielles, tirs de mortiers...leur mouvement a entraîné des interventions policières divisant la classe politique.
Le mouvement se poursuit. Ce matin encore, des tirs de mortiers ont retenti, au lycée Bartholdi de Saint-Denis, selon nos informations. Des lycéens se sont également mobilisés au lycée Paul-Eluard pour exiger également des meilleures conditions de scolarité. Les deux établissements de cette commune, comme une dizaine d'autres lycées en Ile-de-France, multiplient des blocages depuis le début de semaine, entraînant à plusieurs reprises l'intervention de la police.
Sur plusieurs vidéos circulant sur les réseaux sociaux, de nombreux élèves dénoncent ces interventions, parlant "de violentes répressions policières" face à leurs mobilisations. Le maire LFI de la commune, Bally Bagayoko, a d'ailleurs réagi sur son compte X. "J’ai suivi avec attention la mobilisation au lycée Bartholdi, écrit-il. Nos jeunes doivent pouvoir exprimer leur revendications en toute sécurité. Je ne me satisfais pas d'apprendre qu'un agent municipal sur place portait un LBD."
Ce mouvement a entraîné des dégradations dans les établissements franciliens comme on peut le voir, ci-dessous, au sein du lycée Frédéric-Bartholdi à Saint-Denis.
Dans la ville voisine, à Saint-Ouen, un établissement a dû fermé ce jeudi. "Il y a eu ce (jeudi) matin un blocus du lycée Auguste-Blanqui à Saint-Ouen, avec un attroupement, des mouvements, des dégâts matériels mais pas de blessé", a expliqué à l'AFP une porte-parole du rectorat, précisant que l'établissement restait fermé pour l'après-midi à la demande de la police.
Les revendications des lycéens
Les lycéens entendent notamment protester contre leur conditions de scolarité, les classes surchargées ou encore leur emploi du temps. "On est un peu un lycée pauvre... (Notre emploi du temps), c'est 8h00-18h00 le lundi et le mardi, on est 34 élèves dans la classe, parfois on n'a même pas de chaise ni de table libres", assurait Abdelaziz, 14 ans, en seconde à Saint-Ouen. Les revendications sont "très diverses selon les établissements" selon le rectorat de Créteil.
Les blocus s'organisent principalement dans les lycées de la banlieue parisienne. Stains en Seine-Saint-Denis, Sarcelles et Gonesse dans le Val-d'Oise, ou encore Créteil dans le Val-de-Marne ont vu des blocages ces derniers jours, recueillant le soutien d'une partie des enseignants. De source policière, plusieurs incidents ont également été répertoriés à Versailles, avec "tentatives de blocages" ou "poubelles enflammées". Au total, 21 personnes ont été interpellées ce vendredi 25 septembre en marge des mobilisations dans les lycées.
La classe politique divisée
Ce mouvement a aussi entraîné l'intervention des BRS (Brigades régionales de sécurité). Créées par la région, elles ont "pour mission de soutenir, protéger, sécuriser les établissements qui en font la demande." Depuis début septembre, "les brigades régionales de sécurité sont intervenues 120 fois", contre 71 interventions sur la même période l'an dernier, a indiqué Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France, précisant avoir "porté systématiquement plainte contre les dégradations".
Au sujet des blocus, la présidente de la région a ajouté qu'il y aurait une " tolérance zéro pour les caïds et les voyous qui empêchent nos lycéens d'étudier, et de réussir". Selon elle, les blocages participent à " la diffusion assumée d'une culture de l’impunité et de la violence". Des déclarations auxquelles a répondu le député LFI du Val-de-Marne, Louis Boyard, qui soutient les mobilisations lycéennes. "La violence, c’est de frapper à coups de matraque, de lacrymogènes et de LBD des adolescents qui demandent l’égalité. Mais cela ne compte pas pour elle."
Selon l'académie de Créteil interrogé par l'AFP, le mouvement "est en train de prendre de l'ampleur". Pour l'heure, une dizaine d'établissements de l'agglomération parisienne restent mobilisés, sur les 468 lycées publics que compte l'Ile-de-France.

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