
La hausse des prix à la consommation à 3,7 % en septembre ravive les craintes d'un resserrement monétaire par la Fed.
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L'inflation américaine a atteint 3,7 % en septembre, dépassant les prévisions de 3,6 %. Cette hausse est largement attribuée à l'augmentation des prix de l'essence.
Valeur refuge, version soldes. Keynes voyait dans l’étalon-or une « relique barbare ». Et ce mercredi 14 octobre le marché semble lui donner raison le temps d’une après-midi. L’once d’or a ainsi glissé vers 4 100 dollars après une inflation américaine plus chaude que prévu, à 3,7 % en septembre.
Le métal jaune lâche environ 1,5 % car une expression revient en force sur les marchés : hausse des taux.
Les prix à la consommation américains progressent de 3,7 % sur douze mois, au-dessus des 3,6 % anticipés.
Le cours de l’once tombe autour de 4 110 dollars, près de son plus bas de la séance.
Les traders voient désormais près d’une chance sur deux de resserrement monétaire dès le comité d’octobre.
Le bitcoin cède lui aussi un millier de dollars dans le sillage du chiffre.
L’essence fait flamber l’inflation américaine
Le Bureau of Labor Statistics a publié ses chiffres à 8h30 heure de New York, soit 14h30 à Paris. Selon le rapport officiel du BLS, l’indice des prix à la consommation a progressé de 0,6 % sur un mois. La hausse atteint 3,7 % sur un an, contre 3,4 % en août. Le consensus tablait sur 3,6 %.
Le coupable a un nom. L’essence a bondi de 9,1 % en un mois. Elle pèse donc à elle seule plus de la moitié de la hausse mensuelle. Le carburant affiche +34,2 % sur douze mois et l’énergie +20,4 %. La faute au choc pétrolier provoqué par la guerre en Iran.
Mais l’énergie n’explique pas tout. L’inflation sous-jacente, hors alimentation et énergie, remonte à 2,6 % sur un an contre 2,5 % attendu. Elle sortait pourtant d’un plus bas de cinq ans à 2,4 % en août. Le logement accélère aussi à +0,4 % sur le mois. Jeffrey Roach, chef économiste de LPL Financial, résume la situation sans détour : les pressions inflationnistes « s’étendent au-delà de l’énergie ».
Pourquoi l’or décroche quand la Fed durcit le ton
Un actif qui ne verse ni coupon ni dividende supporte mal la concurrence des obligations. Quand les rendements montent, détenir de l’or coûte plus cher en manque à gagner. Le rendement du Trésor américain à 10 ans a justement pris 8 points de base pour atteindre 5,3 %. Le dollar s’est également renforcé de 0,5 %.
The Kobeissi Letter a été parmi les premiers à relayer la glissade sur X, graphique à l’appui. Le contrat à terme sur l’or y apparaît à 4 113,7 dollars, en recul de 63,6 dollars sur la séance.
Artem Bakushev, responsable des risques chez Monaxa, décrit une vente classique face à la remontée du dollar et des taux réels. Le rapport fournit selon lui « de vraies munitions » aux faucons, partisans d’une politique monétaire stricte.
Les probabilités ont suivi. Adam Button, analyste en chef d’InvestingLive, chiffre le basculement. Avant la publication, les marchés estimaient à 21 % la probabilité d’une hausse des taux dès la réunion d’octobre. Après le chiffre, ils la plaçaient à 47 %. Ils tablent désormais sur 36 points de base de resserrement d’ici fin 2026, contre 27 auparavant.
Tout le monde ne crie pas au loup. Jeff Schulze, du Franklin Templeton Institute, juge pourtant la barre assez haute pour un nouveau tour de vis. Il s’appuie sur les derniers discours des responsables de la Fed.
Bitcoin et or encaissent le même coup
Les cryptomonnaies n’ont pas joué les abris non plus. Le bitcoin a perdu environ 1 000 dollars après la publication pour revenir autour de 82 800 dollars. Dans le même temps, les contrats à terme sur le Nasdaq 100 cédaient 0,65 %.
Car un dollar plus cher et des taux plus hauts pèsent sur tout actif sans rendement, le bitcoin comme l’or. Le 10 ans américain paie 5,3 % pour une inflation à 3,7 %. Un placement sans risque rapporte donc désormais 1,6 point de plus que la hausse des prix.
AI outlook — possibilities, not facts
Hausse probable des taux par la Fed en octobre
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