Paris : des formations pour les agents périscolaires face aux questions sur le contact physique
La mairie de Paris déploie un plan de 20 millions d'euros pour prévenir les violences sexuelles, incluant des formations et de nouvelles règles de conduite pour les agents.
Quick Look
- À l'école maternelle Télégraphe à Paris, les agents périscolaires suivent des formations pour clarifier les limites du contact physique avec les enfants.
- Ce dispositif s'inscrit dans un plan municipal de 20 millions d'euros contre les violences sexuelles.
AI-generated summary
Why It Matters
La mairie de Paris a lancé un plan de 20 millions d'euros pour lutter contre les violences sexuelles dans les structures périscolaires.
À l'école maternelle Télégraphe, dans le XXe arrondissement de Paris, une quinzaine d'agents sont réunis autour d'une table. Au centre, la directrice du périscolaire pose une question : "C'est la rentrée pour Matis, il vient d’arriver sur le temps de cantine, il pleure, il veut absolument venir dans vos bras. Quelle est votre réaction ?"
La situation paraît banale. Pourtant, les réponses montrent que les professionnels s'interrogent de plus en plus sur les gestes qu'ils peuvent avoir avec les enfants. "Cela fait 20 ans que je fais ce métier-là, mais avec tout ce qui se passe maintenant on se pose beaucoup de questions, on ne sait plus si on a le droit de faire des câlins. On ne sait pas ce que l'on a le droit de faire. Cela remet en question notre métier", explique Maria, agente du périscolaire.
"Il faut toujours aller au-devant de ces situations"
Une autre agente estime qu'il faut d'abord chercher à comprendre la raison des pleurs : "En premier lieu, ce n’est pas la réponse que l'on doit donner, le câlin, c'est lui demander pourquoi il pleure". Mais pour certains professionnels, le contact physique reste parfois nécessaire. "Tu essayes par le dialogue, mais des fois, c'est trop dur, ils veulent donner la main, faire un câlin, et je pense que cela reste primordial de le faire", estime un agent.
La formation vise justement à donner aux équipes un cadre commun. Les préconisations présentées aux agents sont de ne jamais repousser un enfant, mais de chercher des alternatives : lui poser des questions, lire ou chanter avec lui, ou encore simplement rester à ses côtés. Si un animateur fait un câlin à un enfant, il doit en informer sa hiérarchie. "Il faut toujours aller au-devant de ces situations", explique la directrice du périscolaire.
Ces formations font partie d'un plan de 20 millions d'euros mis en place par la mairie de Paris pour lutter contre les violences sexuelles. Six journées pédagogiques par an doivent désormais être proposées à l'ensemble des agents du périscolaire, notamment les animateurs, les ASEM et les RASEM.
Des mesures qui suscitent des interrogations
Dans cette école du XXe arrondissement, d'autres mesures ont été mises en place dès cet été. Parmi elles, l'interdiction pour les hommes d'accéder au dortoir.
Gabriel, 18 ans, a commencé à travailler dans l'établissement en juin. Il n'avait pas le droit d'entrer dans le dortoir. "Cela veut dire que tous les hommes sont un peu dangereux, mais d’une certaine manière c’est aussi tout ce que l'on peut faire pour le moment. Avec tous les cas qu’il y a, c’est aussi normal de mettre de tels dispositifs."
Une mesure qui divise les professionnels. Alice, 25 ans, animatrice depuis huit ans, estime au contraire "que cela va trop loin, que c'est une forme de discrimination. C'est extrêmement pesant. On a l'impression que le moindre fait et geste nous sera reproché. Le fait qu’il y a des formations ne sera jamais de trop," d'autant que tous les animateurs ne sont pas encore formés.
Pour les responsables, l'enjeu est de trouver un équilibre entre protection des enfants et accompagnement des professionnels. "On a des gens qui sont arrivés avec un peu d'expérience en babysitting ou après avoir fait carrière totalement ailleurs et qui, avec 3 enfants, changent de carrière et se tournent vers l'animation. Donc, oui, il nous faut des procédures communes, il faut absolument un socle commun », explique Sandrine Bobin, directrice du périscolaire dans cette école du XXe arrondissement de Paris.
Pour renforcer cette formation, une "école du périscolaire" doit être inaugurée la semaine prochaine à Paris.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Inauguration de l'école du périscolaire à Paris la semaine prochaine.
Very likely · Within weeks
Open Questions
- Quelle est l'efficacité réelle de ces mesures sur le terrain ?
- Comment les parents perçoivent-ils ces nouvelles règles ?




