
CCI France et la Fondation IFRAP évaluent les dommages matériels et les pertes d'exploitation des commerçants suite aux violences.
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Les commerçants français font face à une accumulation de crises depuis 2018, incluant les gilets jaunes, la pandémie et les émeutes de 2023.
Le bilan des dégradations et des pillages en marge des manifestations du 17 octobre est lourd pour les commerçants. «Les premiers retours des assurances nous disent qu’on dépasserait le milliard d’euros», a rapporté ce mardi CCI France. «Pour Paris, on est sur des centaines de millions», a précisé le réseau des chambres de commerce. Ces estimations provisoires ont été calculées par la Fondation IFRAP. Le think tank libéral chiffre la facture à environ 1,1 milliard d’euros dans son hypothèse haute, qu’il retient comme référence, dont près de 910 millions de dommages matériels et 190 millions de pertes d’exploitation ou de manque à gagner suite à l’arrêt ou à la réduction de l’activité. Les commerces pèsent pour l’essentiel de ce montant (666 millions d’euros), devant les biens publics (200 millions), dont l’hôtel de ville de Limoges, ravagé par les flammes.
Les dégâts devraient ainsi dépasser ceux des émeutes consécutives à la mort de Nahel, à l’été 2023, qui avaient coûté 793 millions d’euros aux assureurs pour 16.400 sinistres, et environ un milliard d’euros tous financeurs confondus, selon le Sénat. Elles avaient pourtant duré beaucoup plus longtemps (onze nuits) et touché 672 communes. Cette fois, l’essentiel des dégradations a eu lieu pendant la journée du samedi 17 octobre et la nuit suivante, et se sont prolongées le dimanche 18, dans les hypercentres commerçants. Les autres estimations vont dans le même sens, soit celui d’un bilan supérieur à celui de juin-juillet 2023 : les assureurs s’attendent à une charge supérieure aux 793 millions de 2023, que l’agence de notation Morningstar DBRS borne à 1,2 milliard d’euros si les violences ne s’intensifient pas.
Dans le détail, le premier bilan dressé par CCI France, encore provisoire, recense 2488 commerces et entreprises touchés le 17 octobre, dont 1161 fortement dégradés (pillages, saccages, incendies) et 643 toujours fermés. Il faut ajouter à ceux-là 50 autres, touchés en marge de la mobilisation du samedi 24 octobre. À Marseille, 500 commerces ont été dégradés, contre environ 400 en 2023. À Paris, il y en a 480, dont la moitié lourdement ont été endommagés. Mais les dégâts matériels ne représentent qu’une partie de la facture. «Les samedis de mobilisation, les commerces de centre-ville perdent jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires», insiste CCI France. Des boutiques intactes restent fermées, d’autres ouvrent mais souffrent cruellement du manque de fréquentation provoqué par les mobilisations. À Lyon, l’un des plus gros cafés de la ville n’aurait réalisé que 117 euros de recettes lors d’une journée de manifestation.
CCI France réclame l’interdiction des manifestations jusqu’aux fêtes de fin d’année
Le calendrier de la mobilisation sociale aggrave le choc. La fin d’année représente en effet 40% du chiffre d’affaires annuel du commerce de proximité, qui pèse environ 100 milliards d’euros par an. Les stocks de Noël étaient déjà commandés et en magasin. Selon CCI France, chaque week-end où les commerçants ne peuvent pas travailler coûte 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, dont 200 millions d’euros de TVA pour l’État. Pour des commerçants durement éprouvés depuis 2018, entre crise des «gilets jaunes», pandémie de Covid-19, guerre en Ukraine, émeutes de 2023 et recul du pouvoir d’achat, ce pourrait être «le coup de grâce» si la situation ne s’arrange pas, prévient CCI France. L’été a déjà été difficile, avec des ventes en recul de 20 à 30% à cause des fortes chaleurs.
Le précédent des gilets jaunes donne la mesure du risque. De mi-novembre 2018 à mi-mars 2019, la perte de chiffre d’affaires avait atteint en moyenne 400 millions d’euros par week-end. L’IFRAP retient, elle, 190 millions d’euros de pertes d’exploitation dans son hypothèse haute pour le seul week-end des 17 et 18 octobre. Face à ce risque, le président de CCI France Alain Di Crescenzo réclame l’interdiction des manifestations jusqu’aux fêtes de fin d’année, même en périphérie, car elles font fuir les clients. «Il faut absolument relancer le commerce», martèle-t-il.
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Poursuite des pressions de la CCI pour interdire les manifestations.
Likely · Within weeks
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