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Présidentielle 2027 : critiques tous azimuts contre le RN et recompositions à gauche comme au centre
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Le Figaro Actualités38 minutes agoPolitics4 min readFrance

Présidentielle 2027 : critiques tous azimuts contre le RN et recompositions à gauche comme au centre

Bruno Retailleau critique la démocratie, François Bayrou met en garde contre la « tenaille du pire », et les derniers sondages dessinent les rapports de force en vue de 2027.

Quick Look

  • À l'approche de la présidentielle de 2027, la classe politique française cible le Rassemblement national après l'accord entre Jordan Bardella et Nigel Farage.
  • Pendant ce temps, Bruno Retailleau conteste la démocratie, François Bayrou plaide pour une primaire élargie au centre et les sondages placent Marine Le Pen en tête.

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Why It Matters

La vie politique française s'organise en vue de l'élection présidentielle de 2027 avec des alliances et des primaires en discussion.

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«Le constat que je fais, et que beaucoup de Français font, est qu’on n’est pas vraiment dans une véritable démocratie», a déclaré Bruno Retailleau au micro de BFMTV. «L’immigration massive, jamais le peuple n’a voté pour, ni le laxisme judiciaire», explique-t-il. «Je veux donner la parole aux Français pour qu’ils retrouvent le pouvoir», abonde le républicain.

«On n’est pas dans une dictature, on n’est pas non plus dans un régime autoritaire, mais on n’est pas vraiment une démocratie. Je veux que le dernier mot soit celui du peuple», s’est-il justifié. Pour Bruno Retailleau, qui évoque un «malaise démocratique», le conseil constitutionnel «va au-delà de ses responsabilités et de ses missions».

Le candidat républicain à la présidentielle Bruno Retailleau a vivement critiqué, à l’instar de l’ensemble de la classe politique française, l’intervention vendredi de Jordan Bardella aux côtés de Nigel Farage et la signature de l’accord qui en a résulté. Un «signe parfait de l’amateurisme» du président du parti à la flamme, juge l’ancien ministre de l’Intérieur au micro de BFMTV.

La signature d’un mémorandum - qui n’a aucune valeur légale - sur l’immigration est «absolument incompréhensible», a aussi jugé Bruno Retailleau, qui estime que cet accord reviendrait à «transformer la France en un vaste centre de retour pour tous les immigrés illégaux».

Sur les images, «on le voit comme une sorte d’écolier», poursuit-il. «En cas de succès de Marine Le Pen, c’est lui qui devrait être premier ministre», rappelle le républicain, tout en soulignant la dégradation des relations entre la candidate à la présidentielle et son poulain qui fait de plus en plus douter cette perspective. «Ça fait peur», assure-t-il. Et de qualifier le RN de «parti girouette».

Depuis jeudi, les adhérentes et adhérents du Parti communiste français (PCF) sont invités à se prononcer sur la candidature de Fabien Roussel à l’élection présidentielle. Le résultat sera annoncé dans la soirée.

Le chef de file communiste avait été reconduit à la tête du PCF en juillet dernier à l’issue du congrès du parti. À l’élection présidentielle de 2022, Fabien Roussel avait récolté 2.28% des suffrages.

Dans un entretien accordé à La Tribune Dimanche, le chef des socialistes à l’Assemblée nationale Boris Vallaud estime que le patron de Place Publique Raphaël Glucksmann «est le mieux placé et le mieux préparé à gauche» en vue de la primaire sociale-démocrate.

«Dans cette grande bataille qui s’annonce, sa sincérité est une qualité rare. Sa détermination, dont je mesure à quel point elle est solide, est une force», justifie le député socialiste.

Questionné sur la candidature d’Olivier Faure, le premier secrétaire de son parti, Boris Vallaud reste vague : «Le sujet n’est pas Olivier Faure, mais le chemin d’une victoire à gauche. La question est de savoir quelle est sa place et où être le plus utile à son camp.»

Invité d’Europe 1 ce matin, l’ancien premier ministre François Bayrou met en garde contre «la tenaille du pire» qui guette la France, une confrontation RN contre LFI. «Les deux partis plongeraient la France dans une situation dont elle ne sortirait pas. Elle courrait un danger létal, et je n’exagère rien», affirme-t-il. Selon lui, l’élection de l’un de ces deux partis aurait la même conséquence : «L’Union européenne saute.»

Dans son livre La France qui vient, François Bayrou alerte contre l’endettement effarant de la France. Néanmoins, le plan de 125 milliards d’économies proposé par Marine Le Pen lui semble inepte. «C’est une blague», lance-t-il. «Aucun gouvernement ne peut en claquant des doigts faire des économies de cet ordre. Je rappelle que le budget de l’État c’est 400 milliards.» Les trois postes d’économie suggérés par le RN - la coupe des crédits de l’immigration, la fin de la contribution à l’UE et la suppression des 170 agences françaises - ne lui semblent ni réalistes, ni raisonnables.

En cette rentrée politique, François Bayrou estime qu’en amont de la présidentielle, il faut une primaire qui va «de tous ceux qui refusent l’alliance avec Mélenchon à tous ceux qui refusent l’alliance avec Le Pen». «Nous allons devoir nous battre pour que le candidat qui présente une autre solution que le dramatique affrontement des extrêmes soit au second tour. Ces personnes vont devoir accepter une confrontation loyale.» Parmi les personnalités qui ont «la capacité, l’envie et l’expérience pour participer» et pourraient représenter le bloc central, François Bayrou cite Thierry Breton, Jean-Louis Borloo, Bruno Lemaire et Élisabeth Borne. L’ancien premier ministre considère «que le centre n’est pas représenté comme il faut dans cette élection» et voudrait une primaire plus large.

Gabriel Attal venu défendre «une campagne de terrain», Marine Tondelier soutenir «l’union» de la gauche et Jean-Luc Mélenchon dérouler ses propositions sociales: les candidats à la présidentielle ont présenté samedi à la braderie de Lille leurs stratégies face au Rassemblement national.

Entre remise en cause de l’aide financière à l’Ukraine et signature par Jordan Bardella d’un protocole d’accord symbolique sur l’immigration avec Nigel Farage, figure du Brexit, le Rassemblement national fait face à ses contradictions sur le volet international. Ses opposants se sont engouffrés dans la brèche. «Cheval de Troie de la Russie», «grande soumission», «patriotes de pacotille»... Les mots des candidats à l’élection présidentielle sont forts à l’encontre du parti de Marine Le Pen et M. Bardella.

Favorite des sondages pour l’Elysée en 2027, la candidate du parti à la flamme et son président sont visés de toutes parts par leurs concurrents, après deux prises de position de leurs troupes ces derniers jours. En premier lieu, l’hypothèse de voir la France «couper le robinet» de l’aide à l’Ukraine en cas d’arrivée du RN au pouvoir a été avancée par le vice-président Louis Aliot, jeudi soir.

Et vendredi, le président du parti M. Bardella est parvenu à rassembler la quasi-totalité de la classe politique contre lui en paraphant en grande pompe un protocole d’accord symbolique avec Nigel Farage, patron du parti pro-Brexit Reform UK. Dans ce texte, qui imagine fictivement une victoire de ces deux partis alliés, un volet prévoit notamment... le renvoi vers la France de migrants interceptés dans les eaux britanniques.

Marine Le Pen reste largement en tête des intentions de vote au premier tour de la présidentielle de 2027, tandis qu’Édouard Philippe confirme être à ce stade le mieux placé du bloc central pour accéder au second tour, selon un sondage Ipsos/BVA pour Le Parisien publié samedi.

Avec entre 34 et 36% des intentions de vote au premier tour, la candidate du Rassemblement national reste loin devant ses concurrents. Le score du Rassemblement national paraît stabilisé : il est très similaire à celui que recueillait en juin chez le même sondeur Jordan Bardella, testé à l’époque. Derrière Marine Le Pen, le candidat Horizons Édouard Philippe est le mieux placé dans quasiment toutes les configurations pour accéder au second tour.

Seule exception néanmoins : si Gabriel Attal (Renaissance) est sur la ligne de départ à ses côtés. Dans ce cas, M. Philippe (14,5%) serait doublé de justesse par le leader Insoumis Jean-Luc Mélenchon (15%), M. Attal obtenant 7,5% des voix. Si Gabriel Attal n’était pas candidat, Édouard Philippe serait à 19%, quatre points devant Jean-Luc Mélenchon, et loin devant Bruno Retailleau (Les Républicains, 7,5%). Ce dernier apparaît en recul d’1,5 point dans cette configuration par rapport à la dernière enquête Ipsos pour Le Parisien, réalisée en juin.

Raphaël Glucksmann, candidat via la primaire organisée avec le Parti socialiste, navigue entre 11,5% et 14% des intentions de vote. Il serait au coude à coude avec Gabriel Attal si l’ex-premier ministre était désigné candidat du camp présidentiel, à 14%. Dans l’espace socio-démocrate, le candidat de Place publique semble convaincre beaucoup plus que le Premier secrétaire du PS Olivier Faure, testé pour la première fois par cet institut et dont les intentions de vote ne dépasseraient pas 5,5%, un score proche de celui de l’écologiste Marine Tondelier (entre 3,5 et 5,5%).

Open Questions

  • Quels seront les candidats officiellement qualifiés pour les primaires ?
  • Comment évolueront les intentions de vote dans les prochains sondages ?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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