Procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu : 27 et 20 ans de prison requis
Quick Look
- Au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, l'avocat général a requis 27 ans de réclusion criminelle contre Loïk Le Priol et 20 ans contre Romain Bouvier, tous deux militants d'ultradroite, pour des faits survenus en mars 2022 à Paris.
- Le verdict est attendu vendredi.
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Why It Matters
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 19 mars 2022 à la terrasse du bar Mabillon, dans le 6e arrondissement de Paris, lors d'une querelle alcoolisée entre les victimes et les accusés, tous deux militants d'ultradroite liés au GUD.
Le ministère public ne réclame pas la peine maximale pour les deux principaux accusés. Au procès de l'assassinat de Federico Martin Aramburu, l'avocat général a requis devant la cour d'assises de Paris, mercredi 23 septembre, 27 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Loïk Le Priol, poursuivi pour assassinat, et 20 ans de prison contre Romain Bouvier, jugé pour tentative d'assassinat. Une obligation de soins socio-médicaux est aussi demandée pour chacun d'eux. Le verdict est attendu vendredi et ils encourent toujours la perpétuité.
Les deux militants d'ultradroite tentent de s'expliquer depuis plus de deux semaines sur l'épisode sanglant d'une querelle alcoolisée qui avait débuté, dans la nuit du 19 mars 2022, à la terrasse du bar Mabillon, dans le 6e arrondissement de Paris. "Ce dossier, c'est l'enchaînement d'une mécanique meurtrière qui conduit à l'irréparable", estime Philippe Courroye. L'avocat général compare cette mécanique "aux quatre temps d'un moteur", comme celui d'une certaine Jeep qui figure dans ce dossier criminel. "Il y a l'admission du gaz ou de l'essence, la compression, l'explosion et l'échappement."
"Si vous avez peur d'une serviette..."
Tout au long du procès, Loïk Le Priol a nié la préméditation de son geste, plaidant la légitime défense. "Il faut avoir de l'estomac pour soutenir dans ce dossier la légitime défense", s'indigne Philippe Courroye. Il relève que Loïk Le Priol a eu des déclarations "évolutives" à ce sujet, mais surtout que le danger imminent n'existait pas. "Si vous avez peur d'une serviette avec trois glaçons", lance-t-il ironiquement, en référence aux mini-cubes de glace récupérés dans un hôtel par Federico Martin Aramburu et Shaun Hegarty, pour apaiser leurs blessures de la première rixe. L'avocat général rappelle que l'ancien militaire a tiré six fois et qu'il a touché quatre fois la victime.
Sur le stress-post traumatique détecté en 2015 chez Loïk Le Priol, présenté par la défense dans ce procès comme susceptible d'avoir altéré son discernement, Philippe Courroye considère, au regard des expertises psychiatriques, qu'"aucun élément ne permet d'affirmer que le syndrome était actif lors des faits".
"Le traumatisé de guerre, il ne court pas après les symptomes de la guerre."
Philippe Courroye, avocat général
devant la cour d'assises de Paris
Au fil des audiences, Romain Bouvier, auteur de quatre coups de feu, atteignant la victime deux fois, a quant à lui affirmé n'avoir eu ni l'intention de tuer, ni même de blesser. "Il a échoué [à tuer], mais il faut distinguer le résultat de l'intention", souligne le représentant du ministère public. "On a quatre tirs, volontaires (...) et un chargeur qui est vidé." Au vu des images de vidéosurveillance et des éléments fournis par une médecin légiste, Philippe Courroye pense, contrairement à ce qu'a plusieurs fois affirmé Romain Bouvier, qu'il "n'a pas tiré vers le sol" volontairement.
"Un tandem maléfique"
Sur la préméditation, pour l'un comme pour l'autre, l'avocat général conclut que "l'intention d'homicide est évidente", notamment car les rugbymen n'étaient pas armés. Il ajoute que les antécédents judiciaires de ce "tandem maléfique" sont "marqueurs d'une dangerosité" pour la société. Loïk Le Priol et Romain Bouvier ont, entre autres, été condamnés pour violences en réunion sur Edouard Klein, un ancien chef du GUD, groupuscule d'extrême droite dissous par le gouvernement en 2024.
"Si le mobile de ce dossier n'a rien de politique ou de xénophobe, le compagnonnage de ces individus au GUD n'est pas étranger à leur dérive et aux faits."
Philippe Courroye, avocat général
devant la cour d'assises de Paris
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
La cour d'assises de Paris rendra son verdict vendredi.
Very likely · Within days
Loïk Le Priol et Romain Bouvier feront appel éventuel du verdict.
Possible · Within weeks
Open Questions
- Quel sera le verdict final de la cour d'assises ?
- Les peines requises seront-elles confirmées ou alourdies ?
- Quelles suites seront données à l'obligation de soins socio-médicaux demandée ?







