Procès de Rémy Daillet : le tribunal refuse la remise en liberté du principal prévenu
Jugé pour l'enlèvement de la petite Mia et des projets d'attentats, Rémy Daillet reste en détention malgré les demandes de son avocat.
Quick Look
- Rémy Daillet, jugé à Paris pour l'enlèvement de la petite Mia en 2021 et des projets d'attentats, s'est vu refuser une demande de remise en liberté.
- Le tribunal a souligné un risque de fuite et un comportement de défiance envers l'institution judiciaire.
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Why It Matters
Rémy Daillet est jugé pour l'enlèvement de la petite Mia en 2021 et pour des projets d'attentats visant à renverser le gouvernement français. Il est associé à des théories complotistes.
Au tribunal correctionnel de Paris,
Cheveux grisonnants, moustache en brosse, lunettes à grosses branches dorées, veste de survêtement noire et tee-shirt blanc, Rémy Daillet ressemble à un malfrat des années 1970. L’homme est jugé depuis ce mardi, avec 14 autres prévenus, pour l’enlèvement et la séquestration de la petite Mia M. en 2021, alors âgée de 8 ans, sur fond de théories complotistes. Il est également poursuivi pour la préparation d’attentats terroristes, contre des centres de vaccination ou des personnalités juives, dans le but de renverser le gouvernement français. Le prévenu, qui se définit comme « écrivain, chef d’entreprise, pédagogue, créateur d’une fondation », risque jusqu’à dix ans de réclusion criminelle.
Remis en liberté sous contrôle judiciaire en juin 2023 après trois ans en détention provisoire, il a été réincarcéré à Fleury-Mérogis en août dernier. Et devant le tribunal ce mardi, son avocat, Dylan Slama, entend obtenir sa remise en liberté ; il est le seul à défendre un client incarcéré dans ce procès, qui doit se terminer le 9 octobre. Rémy Daillet a « sa part de responsabilité », reconnaît son conseil, tout en dénonçant « une exception Daillet », la faute à une sévérité particulière du juge d’instruction. Echec. Le tribunal estime que la « détention provisoire est l’unique moyen de maintenir votre personne à disposition de la justice ».
« Toutes mes demandes au magistrat sont refusées »
Avant cette décision, Rémy Daillet a pris la parole pour défendre son cas, notes et stylo en main, n’hésitant pas à citer des articles de loi en sa faveur. Plusieurs fois signalé cet été à des centaines de kilomètres de la ville d’Albi, qu’il avait pourtant l’interdiction de quitter, le prévenu aurait pu faire une demande au magistrat, lui fait remarquer le président. « Toutes mes demandes au magistrat sont refusées, même pour aller voir mon père mourant que je n’ai pas pu voir », répond Rémy Daillet d’une voix enrouée.
S’excusant d’avoir un « chat dans la gorge », le sexagénaire justifie cette « escapade » à plus de 400 km pour « se mettre au frais », afin de préparer le procès dans de meilleures conditions que dans « un appartement où il faisait 50 °C et avec des enfants ». Il regrette de ne pas avoir accès au « plaidoyer » qu’il a mis trois ans à préparer pour sa défense et dénonce des conditions de détention compliquées : « Je ne peux pas appeler ma femme, ni même mon avocat. Je vis d’eau fraîche et de pain dur, c’est difficile ».
Personnalité narcissique et potentiel danger
Las, le procureur rappelle que le prévenu, soupçonné d’être à la tête d’un réseau violent et prêt à passer à l’acte pour « dire Adieu à la République », a maintes fois violé son contrôle judiciaire. Il parle d'« incidents délibérés, nombreux et volontaires », d'« un comportement de défiance face à l’institution judiciaire » et d'« un risque de fuite qui n’est pas à exclure ». Rémy Daillet, dit-il, « joue avec les limites en termes de communication ».
Celui qui se faisait aussi appeler « France Royale » ou « Mon Colonel » par ses partisans considérait que « la gendarmerie était à son service et que s’il voulait venir à minuit, il le ferait », plaide encore le procureur. Pendant son contrôle judiciaire, Rémy Daillet s’est notamment filmé sur YouTube en train de tenter de découper son bracelet électronique.
Le représentant du ministère public ajoute à son argumentaire les descriptions psychologiques de Rémy Daillet faites par les experts au cours de l’instruction. On entend pêle-mêle un « dysfonctionnement dans sa perception du monde et des autres, dans ce qu’il ramène tout à lui », des « traits de personnalité narcissique », une personnalité « pas très équilibrée » et « susceptible de présenter un état dangereux pour autrui. » Et le procureur de conclure : « S’il est prévenu, c’est à cause de lui, s’il est dans le box, c’est à cause de lui. » En face, Rémy Daillet prend des notes sur son carnet, un sourire en coin.
What to Watch
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Fin du procès le 9 octobre.
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Open Questions
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