Rénovation thermique des écoles : l'enveloppe budgétaire amputée de 40 millions d'euros
Le plan initial de 136 millions d'euros pour l'adaptation climatique des écoles est réduit, se concentrant désormais sur les audits énergétiques.
Quick Look
- Le plan de 136 millions d'euros destiné à la rénovation thermique des écoles est amputé de 40 millions d'euros.
- Le financement, réduit de 71% pour l'adaptation climatique, se limitera désormais aux audits énergétiques pour 2500 établissements prioritaires.
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Why It Matters
Le plan initial visait à adapter 12 500 écoles aux canicules via des rénovations thermiques financées par EDF et des certificats d'économies d'énergie.
Les fonds pour les écoles revues à la baisse. L’enveloppe de 136 millions annoncée en pleine canicule fin juin pour accélérer la rénovation thermique des écoles a été amputée de 40 millions d’euros, a confirmé vendredi à l’AFP le directeur du programme Actee, chargé d’accompagner les collectivités.
Selon des informations révélées par Politico et Le Monde, sur le plan de 136 millions financé à 60% par l’électricien EDF, l’enveloppe de 56 millions d’euros annoncée par la Banque des territoires, la Banque postale et le programme Actee pour l’adaptation climatique de 12.500 écoles sera réduite de 40 millions d’euros, soit de 71%, et ne servira qu’à financer des audits énergétiques. Le montant soustrait, financé par les fournisseurs d’énergie via les certificats d’économies d’énergie (CEE), serait finalement dédié au plan d’électrification de la France, qui prévoit 10 milliards d’euros annuels pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, selon une source proche du dossier.
«Le cabinet du premier ministre nous a annoncé fin juillet que nous étions à 16 millions d’euros. Le plan annoncé fin juin était plutôt intéressant et couvrait un peu plus de 10.000 écoles, et ce plan est maintenant réduit à 2500 écoles», a réagi Guillaume Perrin, directeur du programme Action des collectivités territoriales pour l’efficacité énergétique (Actee). «C’est un regret par rapport à l’enjeu du plan de canicule, à toute la souffrance des enfants, des enseignants qui a pu être exprimée pendant les deux canicules qui ont eu lieu en pleine période scolaire», a-t-il souligné. Le ministre de l’Économie Roland Lescure avait précisé fin juin vouloir cibler dans un premier temps les 2500 écoles les plus vulnérables à la chaleur puis «très vite aller à 10.000 écoles».
2000 dossiers déposés depuis le 8 juillet
Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Éducation nationale confirme ce changement. «Il n’y a pas de baisse d’ambition dans ce plan: l’objectif de mieux armer les écoles les plus vulnérables pour faire face aux canicules à venir reste inchangé», tient-il cependant à rassurer. Selon un spécialiste du secteur, ce choix peut également s’expliquer par la nécessité de faire passer en CEE une partie du financement des aides de MaPrimeRénov’, principale aide publique destinée à la rénovation énergétique des logements, qui sortirait donc des discussions budétaires.
En pleine canicule fin juin, EDF avait annoncé débloquer 80 millions d’euros, dont 40 millions pour financer des équipements de rafraîchissement rapidement disponibles dans les écoles, et 40 millions pour accompagner des projets de rafraîchissement plus structurels. «Sur la base des moyens finalement affectés au plan par l’État cet été», la Banque des territoires a précisé avoir révisé à la hausse - sans donner de montant - sa contribution budgétaire pour assurer «à la fois le lancement des 2500 audits confort d’été pour les établissements prioritaires en cours de recensement» et réaliser «au moins 2500 audits complémentaires». Environ 2000 dossiers pour 4000 écoles ont été déposés depuis le 8 juillet, précise la Banque.
Open Questions
- Quel sera le financement réel pour les travaux de rénovation après les audits ?



