
Un amendement contraignant le Trésor à publier un plan sur les cryptomonnaies a été adopté par les Lords, malgré l'opposition du gouvernement travailliste.
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Le projet de loi sur les services financiers (Financial Services and Markets Bill) est en discussion depuis plusieurs mois au Parlement britannique.
La France a perdu une bataille ! Mais la France n’a pas perdu la guerre ! Mercredi soir, à Westminster, le gouvernement travailliste a essuyé un revers qu’il n’avait pas vu venir, ou plutôt qu’il espérait éviter. La Chambre des Lords a voté un amendement obligeant le Trésor britannique à publier une véritable stratégie nationale sur les cryptomonnaies, les stablecoins et les actifs tokenisés. Score final : 194 voix pour, 138 contre. Un écart net : l’alliance de circonstance entre conservateurs et libéraux-démocrates a suffi à emporter la mise face à un bloc travailliste resté quasiment soudé.
Une stratégie sur les cryptomonnaies imposée malgré Labour
Le texte, baptisé sobrement « Digital assets strategy » et référencé Amendement 88, a été porté par la baronne Neville-Rolfe lors du Report Stage de mercredi. Ancienne ministre conservatrice du Trésor, elle l’a accroché au projet de loi sur les services financiers (Financial Services and Markets Bill) déjà en discussion depuis plusieurs mois. Concrètement, il impose au Trésor de préparer, publier et soumettre à consultation un plan couvrant les cryptoactifs, les stablecoins, les titres tokenisés et les infrastructures de marché financier numériques. Douze mois, pas un de plus, une fois le texte promulgué. Le compte à rebours ne démarre pas aujourd’hui, il démarre à la sanction royale.
Le gouvernement travailliste, lui, plaidait pour une approche plus souple, sans calendrier contraignant gravé dans la loi. Selon lui, une obligation légale rigide se concilierait mal avec la vitesse à laquelle ces marchés évoluent. Raté. Les pairs conservateurs et libéraux-démocrates ont jugé que l’incertitude réglementaire durait depuis trop longtemps pour se contenter de bonnes intentions, et le registre officiel des votes du Parlement britannique fixe le résultat noir sur blanc. Et sur ce coup-là, ils ont eu la majorité.
Le vote des Lords sur les actifs numériques n’est qu’une étape, pas la ligne d’arrivée
Toutefois, la partie est loin d’être terminée. Le texte doit désormais repartir vers la Chambre des Communes, où les députés pourront l’accepter tel quel, le modifier, ou tout simplement le rejeter. Rien n’oblige le gouvernement à s’incliner une seconde fois : à la Chambre basse, Labour dispose d’une majorité bien plus confortable qu’à la Chambre haute. L’amendement ne deviendra une obligation légale que s’il survit à cette étape et reçoit la sanction royale.
Le calendrier réglementaire britannique, déjà passablement chargé, s’épaissit encore d’un cran. La Financial Conduct Authority avait publié ses règles définitives pour les entreprises crypto début juillet, avec une entrée en vigueur prévue pour octobre 2027, pendant que la Banque d’Angleterre assouplissait ses propres exigences sur les stablecoins. Un mille-feuille de textes qui avance par étages, entre le régulateur, la banque centrale et, désormais, le Parlement lui-même qui s’invite dans la fabrique de la doctrine crypto du pays.
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Débat à la Chambre des Communes sur l'amendement 88.
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