
À l'approche du meeting de Clermont-Ferrand, LFI engrange les soutiens et progresse dans les sondages, au grand dam de ses rivaux politiques.
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Jean-Luc Mélenchon prépare sa quatrième campagne présidentielle pour La France insoumise en vue des prochaines échéances électorales.
Pour les insoumis, les coïncidences de l'automne sont heureuses. Jeudi 8 octobre, La France insoumise revendique d'avoir dépassé la barre des 400 000 soutiens à la candidature de Jean-Luc Mélenchon, trois petits jours avant son meeting de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme) prévu dimanche. Un rendez-vous destiné, selon les cadres du mouvement, à amplifier la dynamique de leur champion, lancé dans sa quatrième campagne présidentielle à 75 ans.
Outre l'affluence des précédents rassemblements insoumis, comme le meeting de Saint-Denis en juin, les universités d'été du mouvement puis la braderie de Lille en août et la Fête de L'Humanité en septembre, l'entourage de Jean-Luc Mélenchon met en avant les bons sondages du candidat de gauche radicale pour envisager une qualification au second tour, chose que l'ancien socialiste n'est pas parvenu à faire lors de ses précédentes tentatives, en 2012, 2017 et 2022.
"Il ne faut pas brûler les étapes"
Ces enquêtes d'opinion, dont les insoumis critiquent très régulièrement les méthodes, se retrouvent à jouer le rôle de thermomètre de la bonne forme de LFI. "Jean-Luc Mélenchon a progressé par rapport au printemps", note le sondeur Mathieu Gallard.
"Une partie de l'électorat de gauche se dirige vers le candidat le mieux placé et c'est lui. C'est la logique de vote utile."
Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos
à franceinfo
Et d'ajouter : "On sait aussi qu'une partie de l'électorat jeune et populaire n'entre dans la campagne que dans les dernières semaines, et qu'ils sont plutôt portés vers le candidat LFI."
Dans la dernière enquête d'Ipsos publiée à la mi-septembre, Jean-Luc Mélenchon recueille 15,5% d'intentions de vote dans l'hypothèse la plus courante dans les états-majors, à savoir des candidatures de Raphaël Glucksmann et Edouard Philippe. A deux points derrière le maire du Havre et président du parti Horizons, qu'il ne devance qu'en cas de maintien de Gabriel Attal.
Dans un autre sondage de Cluster17 – "L'institut sur lequel on porte l'œil le plus attentif", selon un cadre du mouvement –, l'ancien parlementaire atteint même 20% si Edouard Philippe n'est pas candidat et laisse Gabriel Attal représenter le bloc central. De quoi pousser les cadres insoumis à s'imaginer au second tour de la présidentielle face à celle qui le devance toujours dans les sondages : Marine Le Pen. Un duel que le mouvement se refuse pour l'heure à préparer car "il ne faut pas brûler les étapes", estime un collaborateur parlementaire.
"Mélenchon est bon. Depuis toujours"
Pour les troupes mélenchonistes, ces bons sondages reflètent une préparation méthodique et anticipée afin d'éviter les désillusions des dernières présidentielles, avec quelques centaines de milliers de voix à grappiller pour aller au second tour. "On est très forts, très haut, très tôt", se félicite un stratège de la campagne.
"Nos techniques de campagne ne sont pas les mêmes : avant, on devait faire notre trou ; là, on l'occupe. C'est moins spectaculaire."
Un cadre de la campagne de Jean-Luc Mélenchon
à franceinfo
Dans le camp adverse, les mines se ferment à l'évocation du nom de l'ancien ministre de Lionel Jospin. "La dynamique de Mélenchon inquiète beaucoup de monde ou du moins tous ceux qui ne veulent pas voter pour lui", grince un député des Républicains. "Nous avions alerté depuis juin que Jean-Luc Mélenchon serait en dynamique, parce qu'il l'a été précédemment et que cela ne faisait pas de doute", soupire Nathalie Loiseau, députée européenne du parti Horizons. L'expérience du leader insoumis ne serait pas étrangère à cette percée, à en croire certains.
"C'est sa quatrième présidentielle. Son organisation est très rodée et il a des qualités indéniables de tribun."
Un cadre du parti d'Edouard Philippe
à franceinfo
"Mélenchon est bon. Depuis toujours", reconnaît encore une figure de Renaissance. Et de constater le lancement d'une autre phase de la campagne, après une période de "radicalisation" du candidat de La France insoumise : "On est sur le retour du pédagogue qui met sur le devant la scène ses sujets et les fait débattre par tous, comme sa proposition d'annuler une partie de la dette." Fin août, Jean-Luc Mélenchon avait en effet enflammé le débat public en proposant de "mettre au congélateur les dettes des Etats, en commençant par celles de la période Covid".
La dynamique d'une campagne se juge ainsi à la capacité du candidat à imposer ses thèmes et ses propositions.
"Jean-Luc Mélenchon incarne un cap et une vision pour le pays. Les électeurs comprennent ce qu'il veut. Il a un socle idéologique qui est solide."
Mathieu Gallard, directeur d'études chez Ipsos
à franceinfo
"Les éco-régions, c'est un bête de truc", lâche par exemple un cadre de Place publique, le mouvement de Raphaël Glucksmann, à propos de sa proposition visant à "restructurer les régions françaises autour des fleuves". "Il y a cinq ans, on avait tenté de faire la même chose sur la question de l'eau et ça n'avait pas réussi", observe un cadre de La France insoumise. Si la mayonnaise semble mieux prendre cette fois, c'est parce que, vante-t-il, "on a appris la maîtrise des séquences et du temps".
"Nous sommes abîmés par la division"
L'efficacité de la machine insoumise n'est pas la seule explication à la percée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages, qui doit aussi se lire au regard de la faiblesse des autres camps, excepté celui du Rassemblement national. "La dynamique de Mélenchon se comprend par le manque de dynamique des candidats du centre. Ils se tirent la bourre entre eux. Et à gauche, Mélenchon peut compter sur les errements du PS pour s'imposer", observe un proche d'Edouard Philippe. "Nous sommes abîmés par la division, appuie encore Nathalie Loiseau. Elle décourage les électeurs de croire en un rassemblement, parce que cela dure."
A défaut de présenter un front uni contre Jean-Luc Mélenchon, ses rivaux tentent de l'attaquer sur plusieurs aspects dans l'espoir de contenir sa progression. Déjà en répétant à longueur d'interviews que l'accession au second tour du leader insoumis est la garantie de voir Marine Le Pen élue en mai prochain. "Mélenchon aujourd'hui est un agent électoral de l'extrême droite. S'il se qualifie au second tour, il donnerait le pouvoir à Jordan Bardella et Marine Le Pen", avait par exemple assuré Raphaël Glucksmann sur TF1 en mai.
Dans tous les cas de figure, la candidate du RN l'emporterait largement face à Jean-Luc Mélenchon. Les adversaires de La France insoumise accusent aussi le mouvement de Jean-Luc Mélenchon d'avoir initié et attisé la colère des lycéens mobilisés depuis plusieurs jours. "L'exploitation cynique des lycéens par LFI et les forces politiques qui veulent tout conflictualiser est scandaleuse. Tout peut déraper très vite", a ainsi dénoncé Edouard Philippe le 1er octobre.
Mais LFI se défend d'être à la manœuvre. Les cadres du mouvement affirment même que la présence d'élus devant les lycées ou lors des manifestations participe à calmer la situation. "Si on n'était pas là, ça partirait bien plus en bazar", glisse le député Antoine Léaument, alors que Bruno Retailleau, candidat des Républicains, a proposé le 1er octobre d'"interdire LFI" : "On a un parti qui appelle à la sédition et on a même un parti qui essaie d'organiser l'insurrection."
"On encaisse puis on retourne la charge"
Les têtes pensantes de La France insoumise craignent une virulence de plus en plus forte à mesure que l'élection se rapproche. "On s'attend à de la drogue dans le sac de Rima Hassan", anticipe un cadre, en référence au placement en garde à vue de l'eurodéputée, début avril, pour "apologie du terrorisme". Plusieurs articles avaient alors rapporté qu'une petite quantité de drogue de synthèse avait été découverte dans le sac de l'élue, alors qu'il ne s'agissait que de CBD, une substance légale. Depuis, "Complément d'enquête" a révélé que le ministre de l'Intérieur en personne avait en partie contribué à la diffusion de l'information erronée et Rima Hassan a porté plainte contre Laurent Nuñez pour "violation du secret de l'enquête" devant la Cour de justice de la République.
"On subit, on encaisse, puis on retourne la charge", se félicite un cadre insoumis à propos de la capacité nouvelle du mouvement à renverser la vapeur, selon eux. Et de citer l'affaire Quentin Deranque, un militant nationaliste tué en février en marge d'une conférence de Rima Hassan à Lyon : "La séquence a débuté avec l'idée de la dissolution de LFI et s'est terminée avec la proposition de dissolution du collectif Némésis."
Parallèlement au durcissement de la campagne, le mouvement devra aussi composer avec une clarification de l'offre politique et des adversaires qui devraient se retrouver derrière un candidat unique dans chaque bloc. Si Jean-Luc Mélenchon conserve voire accentue sa dynamique dans cette hypothèse, sa candidature en deviendra d'autant plus menaçante pour les autres camps.
"La bascule, ce sera quand Jean-Luc Mélenchon sera devant Edouard Philippe dans les sondages."
Un élu socialiste proche de Raphaël Glucksmann
à franceinfo
En attendant, Jean-Luc Mélenchon et ses troupes préparent la suite. Leur programme, "L'Avenir en commun", sera mis à jour le 6 novembre, à la veille d'une convention présidentielle au Bourget (Seine-Saint-Denis). Quelques semaines plus tard, le candidat insoumis sera en meeting le 5 décembre au Havre, la ville d'Edouard Philippe. Faut-il y voir un signe de défi à l'égard de son rival le plus sérieux ? Jean-Luc Mélenchon n'a en tout cas pas l'intention d'abandonner sa posture offensive, voire provocatrice, qui fait sa marque de fabrique.
"Le risque qu'on pourrait avoir, c'est d'essayer de mettre de l'eau dans notre vin."
Antoine Léaument, député de La France insoumise
à franceinfo
"Si on faisait ça, le danger serait que des gens d'accord avec nous, parce qu'on est radicaux, s'en aillent", poursuit l'élu de l'Essonne. Officiellement, donc, LFI reste déterminée à ne rien concéder, à Clermont-Ferrand ou ailleurs, alors que ses rapports avec les autres partis continuent de se tendre.
AI outlook — possibilities, not facts
Mise à jour du programme 'L'Avenir en commun' le 6 novembre
Very likely · Within weeks
Meeting de Jean-Luc Mélenchon au Havre le 5 décembre
Very likely · Within months

The Finance Committee removed from the budget text the government measure aimed at reducing the 10% tax allowance on retirement pensions.

Jean-Luc Mélenchon is holding a Sunday meeting in Clermont-Ferrand to address young people and reflect on the high school movement, after a historic visit to the Gergovie plateau.
Some 140,000 voters are participating in the Social Democratic primary until Sunday 6 p.m., after a cyberattack Friday morning slowed down the electronic voting platform. Raphaël Glucksmann is favorite with 10 to 12% of voting intentions, ahead of Ségolène Royal and Olivier Faure, while internal tensions within the PS and with La France insoumise persist.
Florence Portelli, LR mayor of Taverny, and Ferréol Delmas from the Responsible Ecology think tank launched the Poussance Verte movement in Amboise on October 4 to encourage elected officials from the right and the center to integrate ecology in an incentive manner, in reaction to the fires and heatwaves of the summer, by promoting an energy mix including nuclear and renewables, and by aiming to influence the presidential campaign.
LFI MP Mathilde Panot sparked a lively controversy after announcing that she would not wear the Pink October ribbon, criticizing the origin of the campaign and linking the pesticide manufacturer Syngenta to Israel's colonial expansion, which provoked reactions from the Minister of Health Stéphanie Rist, the Minister of Gender Equality Aurore Bergé and the head of the RN Marine Le Pen.

Emmanuel Macron's popularity drops to 15%, his lowest since 2017, while his prime minister gains two points to 22% after a drop of 7 points the previous month, according to an Ipsos BVA-Cesi poll carried out from September 7 to 8 among 1,000 people. Jordan Bardella and Marine Le Pen remain at the top of the potential successors but are losing points.