
Après son triomphe sur le Tour de France, le champion slovène s'aligne sur la Vuelta avec l'ambition de compléter son palmarès des trois Grands Tours.
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Tadej Pogacar a remporté le Tour de France 2024. Il cherche à compléter son palmarès en remportant la Vuelta, un exploit réalisé par seulement huit coureurs dans l'histoire.
Tadej Pogacar a été devancé, et c'est assez rare pour être souligné. En remportant le Giro dès sa première participation en mai, Jonas Vingegaard est devenu le premier coureur en activité, vainqueur des trois Grands Tours. Pour le rejoindre et devenir le neuvième de l'histoire, Tadej Pogacar va disputer le Tour d'Espagne (du 22 août au 13 septembre), dont il n'a pris le départ qu'une fois au début de sa carrière, en 2019. De quoi réussir un doublé Tour-Vuelta qui ressemble à une formalité pour lui, alors que seul Chris Froome (en 2017) l'a réalisé depuis que l'épreuve a été déplacée du printemps à la fin de l'été en 1995.
S'il ne l'a pas tenté dès l'année dernière, après son doublé Giro-Tour en 2024, c'est avant tout en raison d'une extrême lassitude au sortir de son quatrième sacre sur la Grande Boucle. "Je compte les années qui me séparent de la retraite", avait-il lâché en marge d'un critérium organisé là où il a grandi, dans la localité de Komenda, proche de Ljubljana. Un peu plus modéré au moment de justifier son absence des routes espagnoles dans un communiqué de son équipe, il expliquait simplement : "Après un Tour aussi exigeant, nous avons décidé qu'il était préférable de faire une pause. La Vuelta est bien sûr une course sur laquelle j'aimerais beaucoup retourner. J'en garde de merveilleux souvenirs de 2019, mais maintenant, mon corps me dit de me reposer."
Voilà que l'ogre slovène a retrouvé ses meilleures dispositions : requinqué, mais pas rassasié. En remportant son cinquième Tour de France haut la main, il n'a pas vraiment eu à puiser dans ses réserves. "Sa préparation physique s'est concentrée sur le mois de juillet, comme il se doit, et la Vuelta est simplement un ajout, explique le directeur de la performance de son équipe UAE-XRG, Jeroen Swart, dans une interview accordée à CyclingNews. Ce n'est pas forcément un élément qui a dicté la préparation avant le Tour. Mais le calendrier de courses avait été conçu pour lui permettre de conserver la fraîcheur mentale nécessaire pour disputer la Vuelta s'il décidait définitivement de la faire, une fois le Tour terminé."
Par rapport à l'an dernier, il a ainsi repris la compétition trois semaines plus tard, sautant le Tour des Emirats arabes unis - pourtant cher à son équipe - avant les Strade Bianche. Il a aussi fait l'impasse sur l'Amstel Gold Race et la Flèche wallonne, même s'il a ajouté le Tour de Romandie à son programme après Liège-Bastogne-Liège, et est arrivé sur la Grande Boucle plus frais que jamais, avec un maigre total de 16 jours de course.
Le départ de Monaco a peut-être aussi pesé dans la balance pour le Slovène, résident de la Principauté. Le prince Albert II s'était même permis d'éventer le secret de sa participation pendant une visite sur le Tour : "Tadej Pogacar avait dit qu'il serait au départ, donc on va voir", avait-il indiqué. Tadej Pogacar pourrait prendre le maillot rouge dès le contre-la-montre inaugural de neuf kilomètres dans les rues monégasques, ou le lendemain à Manosque, après 214 kilomètres vallonnés, ou à défaut le troisième jour, lors de l'arrivée à la station de Font-Romeu. Avant de le céder à un échappé, comme il a l'habitude de le faire, pour préserver ses équipiers.
Il sera, comme toujours, très bien accompagné, avec les grimpeurs Pablo Torres, Pavel Sivakov et Jay Vine à ses côtés, en plus de Joao Almeida, lui-même en mesure de viser un podium au classement général. Sans Jonas Vingegaard, Remco Evenepoel, ni Paul Seixas, la concurrence sera de toute façon modeste, à l'échelle d'un Grand Tour. "Je ne vois personne capable de tenir tête à Tadej au classement général de la course", tranche Alberto Contador, trois fois vainqueur de son tour national, dans un entretien à AS.
"La Vuelta est généralement moins piégeuse que les autres [Grands Tours] : le Giro, par exemple, à cause de la météo, et le Tour surtout à cause de la tension."
Le Slovène ne devrait avoir aucun mal à battre son compatriote Primoz Roglic (Red Bull-Bora hansgrohe), vainqueur de l'édition 2019 qui avait vu son cadet éclore, avec une troisième place en plus de trois succès d'étape. Richard Carapaz (EF Education-EasyPost), déchaîné sur le Tour, vise cette fois pleinement le classement général, mais son équipe lui a fixé pour objectif le podium final, consciente que Tadej Pogacar est intouchable.
Felix Gall (Decathlon-CMA CGM), Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), Enric Mas (Movistar), Tobias Johannessen (Uno-X Mobility) auront certainement la même sagesse. "Quand Tadej accélère, je préfère me tourner dans l'autre sens. Je me retourne et j'attends", résume le grimpeur italien Lorenzo Fortunato dans un entretien à Tuttobiciweb.
Sûr de sa force, Tadej Pogacar n'est même pas passé par le traditionnel stage pour préparer cette échéance. "Nous avons fait l'impasse sur l'entraînement en altitude, explique le directeur de la performance de son équipe, Jeroen Swart. C'est un effort cognitif que de s'éloigner pour faire ça, et on est déjà bien avancés dans l'année. Quand on parle de la transition entre le Giro et le Tour, c'est encore tôt, on a plus de fraîcheur. À ce stade de la saison, on sait qu'on veut qu'il se remette simplement, tant mentalement que physiquement. Lors d'un stage, il y a aussi cet effort mental à fournir."
Sans adversaire de son rang, ni de celui juste en dessous, Tadej Pogacar devrait être en mesure de l'emporter tout en gérant ses efforts, choisissant ses étapes au gré de ses envies et de ses jambes du matin. "La deuxième partie de la course pourrait être l'occasion d'adopter une approche un peu plus prudente et de se ménager ainsi pour ses autres objectifs, admet Jeroen Swart. Ce serait une façon intelligente de procéder."
Il lui restera en effet un dernier objectif majeur cette saison : décrocher, à Montréal, un troisième titre consécutif de champion du monde (le 27 septembre), exploit seulement réalisé par Peter Sagan entre 2015 et 2017. L'enchaînement, qu'Alberto Contador juge "tout à fait compatible", n'a été réalisé victorieusement que par Remco Evenepoel, en 2022. En revanche, Tadej Pogacar deviendrait le premier coureur de l'histoire à gagner la même année le Tour de France, la Vuelta et les championnats du monde.
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Tadej Pogacar participera au Tour d'Espagne du 22 août au 13 septembre.
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