Tensions entre Marine Le Pen et Édouard Philippe sur l'aide à l'Ukraine
Le ton monte entre les favoris de la présidentielle après les propos de Louis Aliot sur l'arrêt du financement de Kiev.
Quick Look
- Marine Le Pen et Édouard Philippe s'affrontent violemment sur le soutien à l'Ukraine.
- Le RN propose de cesser l'aide financière à Kiev, ce que Philippe et Attal qualifient de soumission à la Russie et de menace pour la sécurité européenne.
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Why It Matters
Le débat porte sur la poursuite de l'aide financière et militaire française à l'Ukraine dans le contexte de la guerre.
Marine Le Pen a fustigé vendredi 4 septembre le «bilan international piteux» de son concurrent à l'élection présidentielle Édouard Philippe, qui l'accuse de «servir la Russie», après que le vice-président du RN Louis Aliot a suggéré de «couper le robinet» à Kiev. Le ton monte entre les favoris des sondages.
«Votre bilan international est aussi piteux que vos résultats en matière économique et budgétaire», a lancé sur X la candidate du Rassemblement national à son rival du parti Horizons, qu'elle accuse de «colport(er) des calomnies qui avilissent le débat public». En cause: les propos de M. Aliot la veille au soir sur BFMTV, à propos de la guerre en Ukraine.
Interrogé sur la possibilité de «couper le robinet» des aides au gouvernement de Kiev, le maire d’extrême droite de Perpignan reprend l'expression à son compte: «On coupe le robinet. Le système de santé, le système éducatif, l'ensemble de l'économie, tout le monde est à l'os et on trouve de l'argent pour aller encore financer des armes (...) Je veux bien, mais qui paye tout ça? Il faut savoir aussi arrêter une guerre».
«Affaiblir l’Ukraine c’est menacer la sécurité de l’Europe et de la France»
Edouard Philippe a donc saisi l'occasion de reprocher au RN «son soutien au régime de Poutine», car «couper le robinet à l'Ukraine, c'est servir la Russie.» «Affaiblir l'Ukraine comme le souhaite Marine Le Pen, c'est menacer la sécurité de l'Europe et de la France. Je ferai tout pour l'en empêcher», jure le candidat de centre-droit, pour l'heure le mieux placé pour affronter Marine Le Pen au second tour. L'intéressée a contre-attaqué dans l'heure, rappelant à l'ancien chef du gouvernement qu'il était en fonction lorsque le président russe avait été «reçu en grande pompe au château de Versailles puis au fort de Brégançon», et qu'il avait lui-même accueilli Dmitri Medvedev, à l'époque Premier ministre, en juin 2019 au Havre.
Celle qui avait été reçue au Kremlin en 2017 a rappelé qu'elle plaide «depuis l'agression russe contre l'Ukraine» pour «une grande conférence pour la paix» afin d'aboutir à «un règlement diplomatique» du conflit. «Ce que vous n'avez réussi ni à défendre ni à obtenir», ajoute-t-elle. Et le maire du Havre de rétorquer: «Vous vous êtes opposée aux armes pour l'Ukraine et aux sanctions contre Moscou», accusant la cheffe de file du RN de vouloir «réécrire (ses) discours» : «Vous ne ferez oublier à personne vos liens avec la Russie».
Lui aussi candidat à la présidentielle, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal a qualifié le RN de «parti de l'étranger» et l'a accusé de «soumission à la Russie». «Couper le robinet à l'Ukraine, c'est abandonner un pays agressé. C'est laisser Vladimir Poutine gagner (...) Et c'est montrer au monde que la parole et le soutien de la France ne valent rien», a lancé sur X le patron de Renaissance.
Open Questions
- Quelle sera la position officielle du RN sur les traités de défense en cas de victoire ?
- Comment Édouard Philippe compte-t-il financer l'aide à l'Ukraine sur le long terme ?




