Crise agricole : le plan d'aide du gouvernement jugé insuffisant par les syndicats
La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a annoncé un plan de plus d'un milliard d'euros pour soutenir les agriculteurs face à la sécheresse, une mesure largement critiquée par les syndicats et l'opposition.
Quick Look
- La ministre de l'Agriculture Annie Genevard a dévoilé un plan d'aide de plus d'un milliard d'euros pour les agriculteurs touchés par la sécheresse.
- Les syndicats (FNSEA, Confédération paysanne) et La France insoumise dénoncent des mesures insuffisantes et inadaptées.
AI-generated summary
Why It Matters
Le secteur agricole français subit des canicules répétées et une sécheresse historique, entraînant des pertes de production importantes.
L'heure des comptes. Alors que les agriculteurs doivent faire face à des canicules à répétition et à une sécheresse historique, la ministre de l'Agriculture a annoncé un plan d'aide au monde agricole, vendredi 4 septembre dans la matinée. "Il est inadmissible que la ministre s'entête à laisser les éleveurs sans solution", a vertement critiqué le syndicat des éleveurs de ruminants (bovins, ovins, chèvres) dans un communiqué. Le ministère doit donc revoir sa copie, afin que les éleveurs ne soient pas sacrifiés par un plan qui les ignore. Cette même source estime que pour leur permettre de nourrir leurs animaux et de poursuivre leur activité, il faudrait "un total de 300 euros d'aides par unités de gros bétail (UGB)".
Le gouvernement annonce un plan de plus d'un milliard d'euros. "Face à une crise climatique d'une ampleur exceptionnelle, l'Etat se mobilise pour ne laisser aucun agriculteur seul : plus d'un milliard d'euros pour indemniser rapidement les pertes et préserver notre potentiel de production agricole, a affirmé Annie Genevard. Il en va de notre souveraineté agricole et alimentaire. C'est un effort conséquent de la nation pour ses agriculteurs."
Un plan qui "rate totalement sa cible", selon La France insoumise. "Un milliard pour ne rien changer", tance La France insoumise dans un communiqué, assurant que ce plan "rate totalement sa cible. La moitié de l'enveloppe ira à des agriculteurs qui sont déjà assurés, c'est-à-dire une minorité, poursuit le parti. Ceux dont les pertes ne sont pas assurées auprès d'assureurs privés auront beaucoup moins. C'est pourtant ceux qui en auraient le plus besoin !"
Un plan qui ne convainc pas les syndicats agricoles et l'opposition. La Confédération paysanne parle d'un "véritable scandale". "Il faut revoir la copie", affirme de son côté la FNSEA. "Un milliard pour ne rien changer", tance pour sa part La France insoumise dans un communiqué, assurant que ce plan "rate totalement sa cible".
Sébastien Lecornu a demandé, jeudi, au ministre des Comptes publics, David Amiel, "de procéder à des annulations et des gels de dépenses de l'Etat". Ils seront effectués dès maintenant pour financer les dépenses urgentes que la situation agricole nécessite", a rapporté l'entourage du Premier ministre.
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard est toujours à la Foire de Châlons-en-Champagne (Marne), où elle s'entretient avec des membres de la Coordination rurale. L'échange est tendu. "Annoncer 1 milliard d'euros avec du recyclage", commence l'un d'eux, avant de se faire couper par la ministre : "Je ne peux pas vous laisser dire ça !" Les discussions se poursuivent.
La ministre de l'Agriculture détaille aussi la façon dont ce plan va être appliqué. "Dès la semaine prochaine, les préfets des départements, sous la houlette des préfets de région, auront à leur disposition un fonds de soutien d'urgence", annonce-t-elle. Un financement pour que les agriculteurs puissent "acheter ce dont ils ont besoin".
"C'est le fruit d'un effort très conséquent", défend Annie Genevard depuis la foire de Châlons-en-Champagne. "Chacun est dans son rôle, moi c'est de trouver des solutions. Des secteurs vont devoir fournir des efforts. La situation implique un effort général de toute la société. (...) Le consommateur, en acceptant d'acheter français. C'est toute la France qui doit se mettre au chevet des agriculteurs. (...) Tout le monde doit être mobilisé pour notre agriculture."
Autre syndicat d'agriculteurs qui n'est pas convaincu par les annonces de la ministre de l'Agriculture : la FNSEA. "Il nous faut ce plan, mais abondé d'au moins un milliard [d'euros] supplémentaire", réagit sur franceinfo Hervé Lapie, secrétaire général de l'organisation. Affirmant que les pertes pour le monde agricole sont estimées à environ 10 milliards d'euros, il juge insuffisante l'enveloppe prévue par le gouvernement. Le responsable de la FNSEA regrette l’absence de mesures concernant les assureurs et les banquiers "pour réaménager les annuités de nos exploitations agricoles, pour éviter un suraccident et un surendettement en 2027". Il réclame aussi la réouverture immédiate des négociations commerciales, censées se tenir de décembre à mars. "Quand on a perdu entre 20 et 50% sur nos productions, on ne peut pas attendre le mois de mars. (…) Il faut rouvrir les négociations commerciales et il faut équilibrer les marges."
Les annonces d'Annie Genevard n'ont pas convaincu la Confédération paysanne. Thomas Gibert, porte-parole du syndicat agricole, assure sur franceinfo que son mouvement se mobilisera "dans les prochains jours", pour "ne pas laisser les fermes mettre la clé sous la porte". Il dénonce "un véritable scandale" et un "premier mensonge" de la part du gouvernement, qui ne propose selon lui "que des miettes". "Ce n'est pas un fonds d'1,2 milliard qui est proposé, puisque la moitié [de l'enveloppe] correspond au fonctionnement normal du système d'indemnisation de solidarité nationale." Thomas Gibert estime qu'une "réelle purge des fermes les plus fragiles" est en cours, "au prix des plus grands qui se frottent les mains". Un "fonds d'indemnisation universel, qui indemnise réellement les pertes de nos fermes", est nécessaire, insiste-t-il.
What to Watch
AI outlook — possibilities, not facts
Mobilisation de la Confédération paysanne dans les prochains jours.
Likely · Within days
Open Questions
- Comment le gouvernement ajustera-t-il le plan face aux critiques ?
- Quelles seront les actions concrètes des syndicats dans les prochains jours ?





