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Tensions politiques en France autour du mouvement lycéen et appels à l'interdiction de LFI
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Tensions politiques en France autour du mouvement lycéen et appels à l'interdiction de LFI

Bruno Retailleau évoque l'interdiction de La France insoumise après des violences lors de manifestations lycéennes, tandis qu'Emmanuel Macron appelle au calme.

Quick Look

  • Des heurts émaillent la mobilisation lycéenne en France pour réclamer des moyens, provoquant des vifs échanges politiques.
  • Le président des Républicains Bruno Retailleau évoque l'interdiction de LFI, tandis qu'Emmanuel Macron condamne toute violence.

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Why It Matters

Un mouvement de contestation lycéenne réclamant des remplacements de professeurs et davantage de moyens a débuté en France, marqué par des heurts et des interpellations.

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«On a un parti qui est fasciné par la violence, on a un parti qui appelle à la sédition, et même, on a un parti qui essaye d’organiser l’insurrection», a déclaré le président des Républicains. Selon lui, «ce qui se passe aujourd’hui devant les lycées, c’est la répétition générale de ce qui pourrait se passer en 2027 si madame Le Pen gagnait, ils organiseraient une insurrection dans le pays».

Bruno Retailleau a ensuite durci le ton jusqu’à évoquer l’interdiction de La France insoumise, qui soutient le mouvement de contestation lycéenne. «Je pense aujourd’hui qu’il y a une question se pose : c’est la question de l’interdiction de LFI. Je sais que c’est très difficile en droit, mais je la pose, je la lance dans le débat public parce qu’on ne peut plus faire comme si de rien n’était, ça n’est plus possible.» «Il y a un cadre juridique qui existe dans le Code de la sécurité intérieure, (…) il faut un certain nombre de conditions, ces conditions sont-elles réunies ?», a-t-il ajouté.

Bruno Retailleau a enfin cité plusieurs griefs contre LFI : «se solidariser avec la Jeune Garde, appeler à l’insurrection, remettre en cause nos institutions, mettre une cible dans le dos de nos gendarmes et de nos policiers». Il a appelé la gauche «dans ce qu’elle a de plus républicaine» à «se désolidariser de la façon la plus nette».

«Je les maintiens», a réagi ce jeudi matin le maire de Saint-Denis concernant ses propos dans le cadre du mouvement de grève étudiante. Mardi matin, devant le lycée Paul-Eluard de sa ville, le maire LFI a estimé au micro de BFM que «la violence, à un moment donné, peut être légitime», pour manifester son soutien aux lycéens mobilisés. «Mais chaque fois qu’on peut l’éviter, c’est mieux», a-t-il aussitôt nuancé. Le préfet du département a effectué un signalement au titre de l’article 40 pour «des faits présumés de provocation à commettre un délit».

«Il faut arrêter de sortir ces mots de leur contexte», a plaidé Bally Bagayoko sur France Info. «J’ai moi-même été aspergé de gaz lacrymogène.» Pour l’élu LFI, la police tendrait à «créer les conditions qui peuvent mettre les jeunes en situation de réagir. (…) Il y a des situations où vous avez affaire à des jeunes, qui n’ont pas de casques, pas de gilet pare-balles, quand vous leur tirez dessus, c’est dangereux.»

Le maire de Saint-Denis a nié chercher à exciter les adolescents par sa présence, alors que des vidéos le montrent dansant à côté d’une poubelle en flammes. Une «fake news», selon l’élu. «Ces élèves n’ont pas besoin de Bally Bagayoko pour les exciter.» Bally Bagayoko réfute également l’idée selon laquelle l’union syndicale lycéenne (USL) serait une succursale de LFI. Louis Boyard en a été le président et le président actuel a été candidat LFI aux municipales. «Il peut être candidat et ça n’a rien à voir ensuite avec ses activités associatives», a répondu le maire de Saint-Denis.

Bally Bagayoko a ensuite reformulé le message qu’il adresse aux étudiants : «Votre revendication est légitime. Ne prenez pas de risques inconsidérés, ils sont toujours utilisés pour noyer votre message. Appeler à l’apaisement, y compris pour le ministère de l’Intérieur et le ministère de l’éducation.»

Les lycéens qui réclament notamment des remplacements de professeurs et davantage de moyens, espèrent jouer jeudi l’«acte deux» de leur contestation, émaillée de violences, avec les étudiants qui devraient se joindre à eux. Le mouvement, qui a débuté il y a environ une semaine, a concerné 356 établissements partout en France mercredi, contre 338 mardi, selon le ministère de l’Intérieur.

Pour la seule journée de mercredi, 625 personnes ont été interpellées et 83 policiers et gendarmes blessés. Depuis le début des blocus, 119 élèves et personnels ont été blessés, selon le bilan communiqué mercredi par Édouard Geffray.

Le président de l’USL, l’Union syndicale lycéenne, Ryad Rani, a appelé mercredi lors d’une conférence de presse commune à Paris avec l’Union étudiante, à un «acte deux» faisant valoir des revendications communes. Avec la secrétaire générale du deuxième syndicat étudiant, Eloïse Lefebvre-Milon, ils appellent «toutes les organisations syndicales, associatives et politiques à (les) rejoindre dans la mobilisation» jeudi et mardi 6 octobre, et réclament un «financement massif des lycées et des universités».

L’Unef, troisième organisation étudiante, appelle aussi les étudiants «à descendre dans les rues partout en France» contre la «suppression massive de places dans les facs» et le gel des APL notamment. Le gouvernement a tenté mercredi de mettre fin à la propagation du mouvement en annonçant l’ouverture d’une «plateforme de concertation» à laquelle «tous les lycéens pourront contribuer». Ils pourront y déposer leurs revendications et leurs inquiétudes de manière territorialisée.

Emmanuel Macron a martelé mercredi que la mobilisation des lycéens en France ne justifiait pas la «violence» et que les responsables politiques n’étaient «pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», des propos visant les responsables d’un parti de gauche.

La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a environ une semaine avec le soutien affiché de La France insoumise (LFI, gauche radicale) pour demander davantage de moyens. Elle intervient à sept mois de la présidentielle.

«J’entends et je comprends les angoisses parfois, les colères que notre jeunesse peut avoir (...) Par contre, aucun de ces débats, aucune de ces craintes ne légitime la violence. Et en aucun cas des responsables politiques (..) ne sauraient légitimer une violence au carré», a déclaré le président français lors d’une conférence de presse à Madrid au côté du premier ministre Pedro Sanchez.

Les responsables politiques «sont là parce qu’il y a un mandat démocratique, parce qu’ils ont été élus de manière calme, dans un cadre organisé, et ils ne sont pas là pour agiter les peurs et faire commettre le pire», a-t-il ajouté.

L’IGPN, la «police des polices», a été saisie de trois enquêtes après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements, a indiqué le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, selon qui les forces de l’ordre sont intervenues «avec beaucoup de proportionnalité». «Ce sont des mineurs qui sont en face des forces de l’ordre. Évidemment, il y a un usage très proportionnel» des «armes intermédiaires», notamment du gaz lacrymogène, a poursuivi le ministre.

Ces investigations concernent des faits qui se sont déroulés à Sevran (Seine-Saint-Denis), Saint-Ouen-L’Aumône (Val-d’Oise) et Tours, où un jeune homme a été blessé à la tête mercredi et a été hospitalisé. Selon le procureur, ses lésions sont «compatibles» avec un tir de LBD.

What to Watch

AI outlook — possibilities, not facts

  • Appel à une mobilisation nationale des lycéens et étudiants pour un acte deux.

    Very likely · Within days

Open Questions

  • Quelles suites judiciaires seront données aux signalements contre le maire de Saint-Denis?
  • Comment le gouvernement parviendra-t-il à apaiser la mobilisation des étudiants et lycéens?

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This article was originally published by Le Figaro Actualités.

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