Une juge fédérale a bloqué un décret visant à restreindre le droit du sol pour les enfants d'immigrés en situation irrégulière aux États-Unis.
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Le 14e amendement de la Constitution américaine garantit la citoyenneté à toute personne née sur le sol américain. Le tourisme de naissance consiste à accoucher à l'étranger pour obtenir cette citoyenneté.
C’est un cheval de bataille de Donald Trump. Mercredi, une juge fédérale a fait barrage à son décret remettant en cause le droit du sol pour les enfants d’immigrés en situation irrégulière. Le président américain veut empêcher ce qu’il présente comme « un tourisme de naissance ». Mais qu’est-ce que ce phénomène qu’il estime être une incitation à l’immigration clandestine ?
Le « tourisme de naissance », ou « birth tourism » en anglais, est une pratique qui consiste à aller accoucher dans un autre pays que celui dont on est citoyen. Le but, par ce voyage, est d’obtenir pour le bébé à naître la citoyenneté d’un autre pays pratiquant automatiquement le droit du sol.
Aux Etats-Unis, le 14e amendement de la Constitution américaine stipule que « toutes les personnes nées ou naturalisées aux États-Unis et soumises à la juridiction de ceux-ci sont citoyens des États-Unis et de l’État dans lequel elles résident ». Ce principe du « jus soli », un droit du sol sans restriction, est aussi appliqué au Canada, au Mexique, au Brésil ou encore en Argentine.
« Anchor baby »
Depuis 2020, les Etats-Unis refusent l’octroi de visa visiteur si le but du voyage est d’accoucher sur le sol américain. Par ce nouveau décret signé en août par Donald Trump puis retoqué, le gouvernement entendait encore durcir les conditions d’attribution de la citoyenneté. Les enfants nés de parents non-citoyens employés d’un gouvernement étranger ou qui ont déjà tenté d’obtenir la citoyenneté par des moyens frauduleux devaient par exemple être exclus du droit du sol.
Derrière ces naissances, on retrouve le mythe du « anchor baby » ou « bébé passeport ». Ce terme péjoratif, notamment utilisé par le camp conservateur américain, sous-entend qu’avoir un enfant citoyen américain serait un moyen pour ses parents d’obtenir eux aussi la citoyenneté ou un titre de séjour aux Etats-Unis. Une fausse idée, rappelle Human Right Watch.
« Le fait d’avoir des enfants citoyens américains est rarement un facteur déterminant dans les décisions d’immigration, et les États-Unis séparent régulièrement des familles », assure l’ONG sur son site Internet, estimant que plus de 4.600 enfants ont été séparés de leurs parents entre 2017 et 2021. Par ailleurs, les enfants nés citoyens américains ne peuvent parrainer leurs parents qu’à partir de leur majorité, soit 21 ans, pour qu’ils obtiennent un titre de séjour.
Des chiffres incertains
Si Donald Trump évoque des « centaines de milliers de bébés » concernés par ce phénomène, aucun chiffre officiel n’existe recensant les femmes accouchant sur le sol américain avec un visa de tourisme. Le Migration Policy Institute, groupe de recherche non-partisan sur l’immigration, estime qu’entre 22.000 et 26.000 bébés naissent chaque année dans un contexte de « tourisme de naissance » selon la fourchette la plus haute, rapporte la BBC.
En 2024, 9.600 enfants nés d’une mère étrangère étaient recensés aux Etats-Unis, d’après les données gouvernementales. Selon plusieurs spécialistes, ce « tourisme de naissance » reste marginal sur le territoire américain, par rapport aux plus de 250.000 naissances annuelles d’enfants d’immigrés en situation irrégulière ou de résidents temporaires.

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