Trafic de drogue et téléphones par drones au centre pénitentiaire d'Aix-en-Provence
Les interpellations de dronistes se multiplient aux abords de la prison d'Aix-Luynes, utilisée pour alimenter les détenus en liens avec le narcotrafic marseillais.
Quick Look
Des interpellations quasi quotidiennes de dronistes ont lieu au centre pénitentiaire d'Aix-en-Provence pour livrer drogue et téléphones à des détenus liés au narcotrafic, selon l'Ofast.
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Why It Matters
Les premiers survolages de drones dans les prisons ont été constatés en 2017 pour acheminer des produits illicites et des moyens de communication.
Le ciel du centre pénitentiaire d’Aix-en-Provence est devenu un véritable hub à aéronef. En témoignent les très nombreuses interpellations de dronistes qui interviennent presque quotidiennement aux abords de la prison, connue pour abriter de nombreux narcotrafiquants issus de la région marseillaise.
Ces détenus parviennent généralement à garder contact avec l’extérieur, profitant de la bande passante qui parvient à pénétrer le mur des geôles et des téléphones portables qui leur sont habilement glissés en détention ou via des complicités. « Les premiers cas de survols malveillants de drones aux abords d’établissements pénitentiaires ont été constatés en 2017, pour livrer des moyens de communication ou des produits stupéfiants », confirme une note d’analyse stratégique de l’Office anti-stupéfiants (Ofast) publiée au mois de janvier dernier et que nous avons pu consulter.
« Ces livraisons alimentent l’organisation de trafics en milieu carcéral, au bénéfice de détenus, pour leur consommation ou en faveur de malfaiteurs poursuivant leurs activités en détention », poursuit l’Ofast en expliquant que cette technologie, « en voie d’expansion », représente « un défi sécuritaire croissant pour les forces de l’ordre » ainsi que pour les sites sensibles.
Des « prestataires de services »
« Il y en a tous les soirs autour d’Aix-Luynes », confirme une source proche du dossier. La semaine dernière, pas moins de six personnes suspectées d’avoir fait voler des drones aux abords de la prison ont ainsi été interpellées par la police nationale. Selon nos informations, qui confirment celles de La Provence, deux mineurs faisaient partie du coup de filet.
Ces derniers ont été arrêtés le 11 septembre aux alentours de minuit alors qu’ils tentaient de fuir les abords de la prison à bord d’un véhicule. À l’intérieur, deux autres suspects ainsi qu’un aéronef qui venait de survoler l’une des maisons d’arrêt du centre pénitentiaire. Le quatuor a été placé en garde à vue dans la foulée. À l’issue de cette mesure, les deux mineurs ont finalement été relâchés au motif que l’infraction était insuffisamment caractérisée, mais les deux majeurs devaient être déférés.
Le lendemain, deux autres personnes suspectées d’avoir fait voler un drone au-dessus de la prison ont également été arrêtées alors qu’elles tentaient de fuir la scène en voiture. Le drone a été saisi et les suspects ont été placés en garde à vue. « Début octobre 2025, 2 121 livraisons réussies étaient déjà recensées (depuis le début de l’année, NDLR) », abondent les enquêteurs de l’Ofast dans leur note de synthèse. « Lors de la détection de drones et de leurs télépilotes, seuls les “prestataires de services” sont généralement interpellés, l’identification du commanditaire étant plus difficile », ajoutent les policiers.
Open Questions
- Qui sont les principaux commanditaires derrière ces livraisons par drones ?





