Le gouvernement et La France insoumise se rejettent la responsabilité des débordements survenus lors de la manifestation du 17 octobre, sur fond de polémique sur les services de renseignement.
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Une commission d'enquête a été lancée pour examiner les violences survenues lors de la manifestation du 17 octobre. Le débat porte sur la responsabilité des acteurs politiques dans ces événements.
A l’Assemblée nationale,
La journée a débuté par un rare moment de concorde au sein des groupes politiques : le lancement d’une commission d’enquête pour faire la lumière sur les violences, les pillages et les failles du maintien de l’ordre durant la manifestation du 17 octobre. Mais qu’on se rassure, la bagarre politique a vite repris le dessus. Dans un mano à mano enflammé, le gouvernement et les insoumis se sont écharpés ce mardi sur la responsabilité politique des événements du week-end.
« Le but de LFI, c’est le chaos »
Avant même le début des questions au gouvernement (QAG), le sujet agite la Salle des Quatre Colonnes de l’Assemblée. « Le but des insoumis, c’est de vouloir le chaos, de soutenir le chaos, d’aller soutenir les blocages de lycées puis de s’afficher tout sourire devant les caméras », souffle Sylvain Maillard, député Renaissance de Paris. A quelques mètres, l’insoumis Hadrien Clouet enfonce, lui, le ministre de l’Intérieur. « Qui est responsable de la sécurité en France ? C’est Laurent Nuñez, c’est son boulot, et il s’est montré défaillant. Le gouvernement veut le pourrissement du mouvement lycéen pour pouvoir le briser », ajoute l’élu de Haute-Garonne.
Accusés par le bloc central, la droite et le Rassemblement national d’avoir fait monter le niveau de violences, les insoumis trouvent ce mardi une aide (inespérée) du côté des élus socialistes. « Certains, au sein du gouvernement, ont voulu faire porter la responsabilité à La France insoumise des pillages, de ce qui a été cassé dans un certain nombre de centres-villes […] ce n’est pas la juste vérité », réplique Mélanie Thomin, députée PS du Finistère.
« C’est faux ! C’est faux ! »
Au début des QAG à 15 heures, Manuel Bompard est le premier à prendre le micro. Mais ce n’est pas vraiment pour poser une question à Sébastien Lecornu. « Vous refusez de répondre à la jeunesse […] votre amateurisme a fait le reste », déplore le député de Marseille, qui dénonce « un fiasco dont vous êtes les uniques responsables ». Le coordinateur de LFI, notes en main, ajoute : « Vous ne vous en sortirez pas en manipulant les services de renseignement, comme l’a révélé Mediapart, pour accuser La France insoumise ». Il évoque ici un article dans lequel le média d’investigation cite notamment un commissaire du renseignement territorial affirmant qu’il lui avait été demandé « texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux ». « Un scandale d’Etat », dénoncent les insoumis.
« C’est faux ! Les services de renseignement ne travaillent pas sur les partis politiques. Jamais il n’a été demandé d’écrire sur la LFI, jamais ! C’est faux, c’est faux ! C’est votre action de diversion », tonne Laurent Nuñez, arrivé au micro. Signe de son agacement, le ministre de l’Intérieur a la voix qui déraille à plusieurs reprises. « J’ai ma part de responsabilité […] mais vous avez la vôtre dans le soutien que vous apportez à l’ultragauche et l’extrême gauche radicalisée. Vous avez jeté de l’huile sur le feu ! », s’emporte-t-il sous les huées des insoumis. « Monsieur le ministre, vous avez perdu le contrôle, vous l’avez avoué, démissionnez », reprend Manuel Bompard sous les « barbouze » lancés par ses troupes.
« Vous êtes dangereux pour la démocratie »
Après d’autres questions sur le 17 octobre et les failles de sécurité, le ton monte de nouveau entre les insoumis et le gouvernement. « Dix ans que vous êtes au pouvoir et vous n’êtes jamais responsable de rien. Vous nous désignez responsables des problèmes que vous avez créés pour vous dédouaner de votre bilan catastrophique. Les plus dangereux d’entre vous rêvent déjà de nous interdire… », lance Mathilde Panot alors que le président LR du Sénat, Gérard Larcher, estimait lundi dans le Figaro que l’interdiction de La France insoumise pouvait être « posée ». « Vous êtes dangereux pour la démocratie, vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer », appuie l’élue insoumise.
Cette fois, c’est le Premier ministre qui monte à la tribune. « Toujours la même rhétorique, celle qui consiste à semer le chaos et ensuite à se victimiser par le mensonge et l’anathème », accuse Sébastien Lecornu en dodelinant de la tête. « Une honte ! », hurle un insoumis. « Je ne cherche pas à vous interdire, je veux vous combattre dans les urnes ! Vous avez choisi votre camp, c’est celui de la honte, et nous vous combattrons », reprend le chef du gouvernement. Ce dernier a prévenu qu’il rencontrerait jeudi les responsables de partis politiques pour tenter de sortir de la crise. On ne sait pas encore si La France insoumise sera de la partie.
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Réunion des responsables politiques avec le Premier ministre le jeudi.
Very likely · Within days

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