Voitures électriques : les ventes s'envolent en France portées par la flambée des prix du carburant
Les véhicules électriques ont représenté un tiers des immatriculations neuves en juillet, favorisés par des prix de carburant élevés, des aides publiques et une baisse des prix à l'achat.
Quick Look
Portées par la flambée des prix du carburant liée à la guerre au Moyen-Orient, les voitures électriques ont atteint un tiers des ventes neuves en juillet en France, soutenues par des mesures publiques et des tarifs plus accessibles.
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Why It Matters
La flambée des prix du carburant au Moyen-Orient a poussé les consommateurs français vers les véhicules électriques.
Sur les forums automobiles, les réseaux sociaux et dans les concessions, les voitures électriques ont la cote. Les "wattures", qui ont profité de la flambée des prix du carburant en raison de la guerre au Moyen-Orient, ont représenté un tiers des voitures neuves vendues en juillet, selon la Plateforme automobile (PFA), qui rassemble constructeurs, équipementiers et fournisseurs en France. Un chiffre qui confirme la bonne santé du secteur.
"Impensable" il y a encore quelques années, la voiture électrique est devenue une réalité pour Frédéric. En juin, cet habitant de Rouen a acquis une Tesla, après trois mois lors desquels les prix à la pompe avaient atteint des niveaux "indécents", culminant à 2,26 euros le litre de gazole en avril, selon l'Insee. "On dépensait jusqu'à 100 euros par semaine en diesel, et ce changement nous a fait économiser environ 340 euros par mois", calcule ce quadragénaire, dont la transition a fait des émules. "Plusieurs personnes de ma famille se sont aussi lancées quand ils ont vu les résultats."
"L'effet s'est étalé sur plusieurs mois"
Entre janvier et juillet 2026, les véhicules électriques – 3,5% du parc automobile français au début de l'année, selon le Service des données et études statistiques (Sdes) de l'Etat – ont représenté 29,1% des voitures vendues, contre 17,5% en 2025 sur la même période, selon la PFA. 285 943 "wattures" ont ainsi été vendues en France, soit près de 120 000 de plus que sur la période janvier-juillet 2025 (168 191). Parmi les modèles plébiscités figurent la Renault 5 (3 794 voitures vendues), la Renault Scenic V (2 910) et la Renault Twingo IV (2 564). Cette hausse a aussi profité au marché de l'occasion, avec des ventes en hausse de +54% sur un an.
Dans le même temps, les ventes de véhicules thermiques neufs se sont effondrées, tandis que celles des hybrides sont restées à un niveau stable, dans un marché des automobiles neuves (toutes motorisations confondues) en hausse (+9%) mais encore très éloigné de ses niveaux d'avant-Covid-19. "Il y a, sans aucun doute, un effet de la flambée des prix des carburants sur le marché automobile, avec des consommateurs qui se tournent vers l'électrique", observe Bastien Gebel, spécialiste de la décarbonation du secteur automobile chez Transport & Environnement, une ONG qui promeut des transports propres.
Cet afflux a débuté en mars, au moment où les prix des carburants sont montés, avant de continuer dans les mois suivants. "Les carnets de commandes se sont remplis dans les premières semaines, mais l'effet s'est étalé sur plusieurs mois, le temps que les voitures soient livrées." En juillet, les voitures 100% électriques ont représenté 35% des nouvelles immatriculations, soit 44 378 véhicules.
Au plus fort de la guerre, en avril, l'ONG Transport & Environnement avait notamment calculé le coût de cette flambée sur le porte-monnaie : avec une voiture à batterie, un conducteur économisait 88 euros par mois par rapport à une voiture essence en roulant 1 000 kilomètres. La différence pouvait même atteindre "environ 200 euros par mois" entre une thermique et une électrique pour les gros rouleurs (2 300 km par mois).
Une conjoncture très favorable
Mais les ventes de "wattures" s'inscrivent dans un contexte plus large, avec une conjoncture générale très favorable à cette technologie. Plusieurs politiques publiques favorisent son développement. Le leasing social permet à 50 000 foyers modestes de louer une voiture à un prix abordable (entre 100 et 200 euros par mois), tandis que le gouvernement finance aussi l'achat de véhicules neufs avec des aides comprises entre 3 500 et 5 700 euros. Sans oublier l'électrification progressive des flottes d'entreprise.
Dans le même temps, les prix des "wattures", au plus haut après la crise sanitaire et prohibitifs pour une partie de la population, ont atteint des niveaux plus abordables. Cette baisse – de 4% entre 2024 et 2025 selon une étude de l'institut Mobilités en transition et C-Ways – a été rendue possible par la politique tarifaire des constructeurs pour inciter leurs clients à basculer vers cette technologie plus propre et l'arrivée de modèles d'entrée de gamme, comme la R5 et la Twingo de Renault ou la ë-C3 de Citroën.
"Quand le prix baisse, la demande augmente", résume Bernard Jullien, maître de conférences en économie à l'université de Bordeaux et spécialiste de l'industrie automobile. Il cite des voitures désormais vendues autour de 20 000 euros. Pour Bastien Gebel, il est question de "rationalité économique des ménages".
"Le surcoût de l'achat d'une voiture électrique par rapport à une voiture thermique devient faible avec les bonus et les économies d'usage [avec les prix des carburants]."
Bastien Gebel, spécialiste de la décarbonation du secteur automobile chez Transport & Environnement
à franceinfo
Mais ces bons chiffres pour le secteur pourraient-ils résister à un retour à la normale des prix à la pompe ? Plusieurs experts pensent que oui. Ils voient dans ce premier semestre "un point de bascule vers l'électrique", comme Marie-Laure Nivot, analyste du cabinet AAA Data. "Je pense que la machine est lancée, et que cela semble irréversible avec la proportion de ventes", complète Bernard Jullien.
Selon ce spécialiste de l'industrie automobile, il y a aussi "une prise de conscience collective entre l'Union européenne, les constructeurs et les consommateurs", alors que l'année 2024 avait été marquée par une baisse des ventes et un recul des politiques publiques d'aides. "Si les vendeurs ont parfois peiné à trouver un récit, l'argumentaire est tout trouvé depuis six mois" avec les prix des carburants, juge Bernard Jullien.
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Poursuite de la croissance des ventes de véhicules électriques en France
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Open Questions
- Les ventes d'électriques se maintenir si les prix du carburant baissent ?
- Quel sera l'impact à long terme sur les infrastructures de recharge ?





