Adèle Haenel provoque un moment politique sur le plateau de « La Grande Librairie »
L'ancienne actrice a profité de sa « carte blanche » pour dénoncer la politique de la France face à la situation en Palestine.
Quick Look
Invitée sur France 5 dans « La Grande Librairie », Adèle Haenel a conclu son intervention par une « carte blanche » politique, accusant l'État d'Israël de génocide en Palestine et qualifiant la France de complice.
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Why It Matters
Adèle Haenel a quitté le monde du cinéma en 2023 et présente son premier ouvrage intitulé Viser juste.
Une « carte blanche personnelle, libre », conclut l’animateur à la fin de ces trois minutes. Une façon, pour Augustin Trapenard, de rappeler le contexte de la prise de parole très politique d’Adèle Haenel dans « La Grande Librairie » .
Mercredi sur France 5, l’héroïne de Portrait de la jeune fille en feu (2019), qui a quitté en 2023 le monde du cinéma, est venue présenter Viser juste, aux côtés de Virginie Despentes, Philippe Jaenada ou Lilia Hassaine. Un premier ouvrage dans lequel elle relate le chemin qui suit un traumatisme et s’attaque à ce qu’elle nomme le « mur du déni » dans notre société.
Périlleuse transition
À la fin d’échanges où sont évoqués l’éviction d’Olivier Nora, le statut professionnel d’auteur, Jane Eyre ou la profondeur des faits divers, elle a eu la charge de clore l’émission. « C’est le principe, je laisse carte blanche à un des invités pour un texte qu’il écrit. C’est une façon de faire exister la littérature », introduit Augustin Trapenard, animateur d’une émission qui est une exception télévisuelle française. Au cours de cette séquence, l’ex-actrice a mis en scène à la deuxième personne le « saut » dans le vide que constitue la prise de parole d’une victime de viol.
« La table de famille où tu t’assois est un plongeoir. Il faudra courir et sauter dans un mot. Le reste de la phrase suivra, comme une chute irrémédiable. La peur accélère ton cœur, mais là, dehors, tu t’étais juré de ne pas reculer. Pour toi et toutes les autres qui parlent dans ta voix. Alors, le mot tombe. Il m’a violée. »
Adèle Haenel glisse bientôt d’un sujet à un autre, au prix d’une périlleuse transition. « Moi aussi, j’ai pris une décision. Je vais parler », déclare-t-elle, visiblement anxieuse. « Ce fauteuil où je m’assois est un plongeoir. Le premier mot sera un saut dans le silence télévisuel qui englue le pays. L’État d’Israël commet un génocide en Palestine et la France est complice. N’acceptez pas l’inacceptable. Alors sanctionnez Israël et libérez la Palestine. »
Condamnation de Christophe Ruggia
Des auteurs d’horizons divers se sont exprimés lors de ces cartes blanches. La Franco-américaine Susie Morgenstern en a fait une déclaration d’amour à la lecture, quand Emmanuel Carrère y a rendu hommage à Boualem Sansal, alors emprisonné en Algérie. La romancière Maria Pourchet, elle, y a défendu la nuance, « cette part que nous pourrions abandonner dans l’impatience d’arbitrer ». Un contrepoint à la radicalité.
Open Questions
- Quelles seront les réactions de la chaîne France 5 suite à cette prise de parole ?






