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L'agression s'est produite après le match nul entre l'Olympique lyonnais et Le Havre (1-1) le samedi 29 août aux abords du Groupama Stadium. Meriem Bouchedda est élue municipale de Rillieux-la-Pape.
Meriem Bouchedda et son conjoint ont été agressés après le match OL-Le Havre, samedi 29 août, aux abords du Groupama Stadium. L’élue affirme avoir subi des insultes racistes avant que son compagnon ne soit roué de coups. Tous deux ont reçu 15 jours d’ITT et ont déposé plainte. Une enquête est en cours. Elle témoigne de cette nuit traumatisante.
Il est près de minuit, samedi 29 août, lorsque Meriem Bouchedda et son conjoint quittent le Groupama Stadium après le match nul entre l’OL et Le Havre (1-1). Le match s'est terminé une heure auparavant. Le couple a pris le temps de manger avant de croiser un groupe de six hommes à la sortie du parvis du stade.
Selon l’élue de Rillieux-la-Pape, plusieurs d’entre eux tiennent des bières à la main. "Ils étaient alcoolisés" raconte-t-elle. Le groupe se retourne vers le couple et profère une première insulte raciste : "Sale bougnoule". Meriem Bouchedda et son conjoint décident de continuer leur chemin.
Mais les insultes se répètent. Le compagnon de l’élue demande alors à qui elles s’adressent. L’un des hommes lui répond : "Je parle à toi, tu vas faire quoi ?" Le couple veut partir. "Mon conjoint m’a regardée et m’a dit : “On s’en va, ils sont bourrés, laisse tomber"" raconte Meriem Bouchedda. Mais il n’a pas le temps de se retourner.
Son conjoint plaqué au sol et frappé
Selon son récit, l’un des hommes attrape son compagnon par le cou et le fait tomber au sol. Il commence à lui porter des coups de poing au visage. D’autres membres du groupe interviennent à leur tour.
Il y en avait un qui était en train de s’acharner et les autres, dès qu’ils arrivaient à proximité, ils mettaient un coup de pied ou un coup de poing.
Meriem Bouchedda, élue de Rillieux-la-Pape
Meriem Bouchedda tente de s’interposer. L’un des agresseurs la repousse et la fait tomber à plusieurs reprises. Elle reçoit elle aussi des coups. Son poignet est fracturé. Son conjoint continue de subir les violences. "Il lui mettait des coups de poing dans le nez, dans la bouche. Ses amis lui mettaient des coups de pied, notamment à la tête" raconte-t-elle.
La scène prend une autre dimension lorsque l’un des hommes l’étrangle. "Il avait son bras autour de son cou. Mon conjoint avait eu une infection aux poumons ces derniers jours, il avait déjà du mal à respirer. Je lui ai dit : “Je t’en supplie, arrête, il va mourir."" Au sol, le visage ensanglanté, son compagnon ne parvient plus à parler. "Il tapait seulement avec sa main pour dire stop. Ça a duré plusieurs secondes. Pour moi, il allait mourir." Des personnes présentes finissent par intervenir verbalement. "Elles lui ont dit : “C’est bon, lâche-le, tu vas le tuer.""
L’homme relâche alors sa victime. Selon Meriem Bouchedda, plusieurs membres du groupe donnent encore des coups de pied à son conjoint avant de quitter les lieux.
"Tout le monde nous regardait et riait"
L’élue dénonce aussi l’attitude des personnes présentes après l’agression. Elle estime qu'une vingtaine de personnes se trouvent alors autour du couple. L'une d'elles s'enquiert de savoir ce qui se passe, selon l'élue. L'un des amis de l'agresseur, qui porte un maillot de l’OL, lui répond “C’est mon pote, t’inquiète pas, ce sont des sales Arabes, ils méritent.”
Je les ai suppliées d’appeler la police ou les pompiers. Tout le monde se foutait de nous. Tout le monde nous riait.
Meriem Bouchedda, élue de Rillieux-la-Pape
Elle sort alors son téléphone et filme une partie de la scène après le départ des agresseurs. Sur les images, elle affirme reconnaître des personnes portant des maillots et des écharpes de l’Olympique lyonnais. L'un d'eux porte également un t-shirt "Identité lyonnaise" des Bad gones. Ces éléments devront être vérifiés par les enquêteurs.
Une fracture du poignet et 15 jours d’ITT
Après l’agression, Meriem Bouchedda appelle elle-même la police. Le couple se réfugie à l’intérieur du stade, où des agents de sécurité viennent leur porter assistance. Les secours interviennent ensuite et les deux victimes sont conduites à l’hôpital. L’élue souffre d’une fracture du poignet et se voit prescrire 15 jours d’incapacité temporaire de travail. Elle doit consulter un spécialiste pour déterminer si une opération est nécessaire.
Son conjoint présente plusieurs contusions, des hématomes au visage et au dos ainsi que des traces au cou. Il reçoit lui aussi 15 jours d’ITT. Le couple a déposé plainte pour violences volontaires.
Une enquête en cours
La préfecture du Rhône confirme le dépôt de plainte et l’ouverture d’une enquête sous l’autorité du parquet. Elle situe les faits à l’extérieur du stade, après la levée du dispositif de sécurité. Un point que conteste Meriem Bouchedda. Elle situe l’agression sur une voie d'accès située à proximité immédiate de l’OL Store, entre le parvis et les accès au tram.
L’Olympique lyonnais affirme de son côté que le stade est fermé au moment des faits. Le club indique avoir conservé les images de vidéosurveillance et collaborer avec les enquêteurs. Il annonce aussi vouloir se constituer partie civile aux côtés des victimes et promet une « tolérance zéro » face aux violences et aux discriminations.
Selon Meriem Bouchedda, le directeur de la communication de l’OL l’a recontactée lundi pour lui confirmer que des images de vidéosurveillance ont été retrouvées. Elles ne comporteraient pas de son et ne permettraient donc pas, selon elle, de confirmer les insultes racistes.
Des photos présentées aux enquêteurs
L’enquête doit désormais permettre d’identifier les auteurs. Meriem Bouchedda indique avoir remis aux policiers les images qu’elle a prises après les faits. Elle doit aussi être reçue ce mardi au commissariat avec son conjoint. Les enquêteurs prévoient de leur présenter des photographies de personnes connues de leurs services afin de vérifier si certaines peuvent être reconnues. "Pour le moment, personne n’a été identifié et personne n’a été arrêté" indique l’élue.
Elle doit aussi rencontrer un médecin légiste afin de faire constater ses blessures et celles de son conjoint.
Je n’arrive plus à dormir depuis. J’ai vu son visage ensanglanté, en train de se faire étrangler. Cette image reste dans ma tête.
Meriem Bouchedda, élue de Rillieux-la-Pape
L’élue dit aujourd’hui vouloir que toute la lumière soit faite sur cette agression, mais aussi sur le rôle des personnes présentes au moment des faits. "C’est surtout cette image qui me reste : mon conjoint au sol, en sang, et les gens autour qui continuent à boire leur bière et à rire."
AI outlook — possibilities, not facts
L'enquête permettra l'identification et l'arrestation de certains agresseurs grâce aux images de vidéosurveillance et aux témoignages.
Likely · Within weeks
Meriem Bouchedda sera reçue au commissariat avec son conjoint pour poursuivre les démarches de l'enquête et faire constater ses blessures par un médecin légiste.
Certain · Within days
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