Ce que veulent les banques : l'étude de Mastercard et Sei sur la blockchain institutionnelle
Mastercard et la Sei Development Foundation analysent les critères de sélection des banques pour les infrastructures blockchain.
Quick Look
Mastercard et la Sei Development Foundation publient une étude sur l'adoption de la blockchain par les banques, soulignant que la confiance, la gouvernance et la conformité priment désormais sur la seule vitesse d'exécution.
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Why It Matters
Mastercard et la Sei Development Foundation ont analysé les critères de sélection des infrastructures blockchain par les banques dans un rapport intitulé The Foundations of Institutional Blockchain.
Ce que veulent les banques. Dans une étude commune, Mastercard et la Sei Development Foundation analysent la manière dont les banques et les gestionnaires d’actifs sélectionnent une infrastructure, la testent puis décident – ou non – de la déployer en production. Leur conclusion : la vitesse est devenue suffisante sur de nombreux réseaux, mais la confiance dans la finalité des transactions, la gouvernance et les opérations reste déterminante.
Points clés
Mastercard et Sei détaillent le parcours d’évaluation des banques : éligibilité, pilote, production, passage à l’échelle
La finalité déterministe, la prévisibilité des frais et les outils de conformité éliminent la majorité des chaînes dès la présélection
Le fossé entre pilote et production reste le principal cimetière des preuves de concept bancaires
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La blockchain dépasse le stade expérimental et bascule dans l’opérationnel
Le rapport, intitulé The Foundations of Institutional Blockchain, s’appuie sur plus de 40 entretiens avec des spécialistes des paiements, de la conformité et des infrastructures blockchain. Les auteurs ont également étudié les grilles d’évaluation déjà utilisées par les institutions financières.
Selon leurs calculs, la capacité cumulée des principaux réseaux dépasse désormais 3 400 transactions par seconde, soit environ cent fois plus qu’en 2019. Ce chiffre agrégé ne signifie pas qu’une blockchain particulière peut garantir seule ce débit dans toutes les conditions, mais il illustre les progrès réalisés en matière de performance.
Plus de 27 milliards de dollars d’obligations, de fonds, de dépôts bancaires et d’autres actifs financiers ont également été tokenisés. Le fonds monétaire tokenisé de BlackRock avait, à lui seul, dépassé 2,5 milliards de dollars d’encours en mai.
La question n’est donc plus seulement de savoir si une blockchain peut exécuter rapidement une transaction. Les institutions veulent aussi déterminer si son règlement est définitif, si sa gouvernance résiste à une crise et si son fonctionnement peut être intégré aux procédures existantes.
« L’adoption institutionnelle exige davantage que de l’innovation », résume Christian Rau, responsable des actifs numériques et de la blockchain pour la région APEMEA chez Mastercard. Il cite notamment la confiance, le passage à l’échelle, la conformité et l’intégration aux infrastructures financières existantes.
Cinq étapes avant la mise en production pour un projet
Mastercard et Sei identifient cinq étapes successives dans l’adoption d’une blockchain : l’éligibilité, la validation, le pilote, la production et le passage à l’échelle.
Chaque phase possède son propre responsable de décision et exige un niveau de preuve supérieur à la précédente. Une technologie peut ainsi fonctionner pendant un test limité sans satisfaire aux exigences juridiques, opérationnelles ou comptables nécessaires à son utilisation avec des capitaux réels.
Les institutions évaluent les réseaux selon cinq grands piliers couvrant notamment les performances, la confiance, la conformité, l’intégration et la maturité opérationnelle. Leur importance varie selon le cas d’usage.
Pour les paiements en temps réel, le débit et la rapidité d’exécution occupent une place prioritaire. Dans la gestion de trésorerie, les institutions accordent davantage de poids à la gouvernance, à la stabilité du réseau et à la capacité de réagir en cas d’incident.
Le rapport étudie six cas d’usage et montre ainsi qu’aucune blockchain ne peut être déclarée universellement adaptée aux institutions. Un réseau performant pour des paiements fréquents ne répondra pas nécessairement aux besoins d’une banque souhaitant tokeniser des actifs ou gérer des règlements complexes.
Sei souligne naturellement la performance comme un critère devenu incontournable. Cette étude étant cosignée par la fondation chargée de développer le réseau, elle constitue autant un cadre d’analyse qu’un document soutenant son positionnement auprès des institutions.
Open Questions
- Quels réseaux spécifiques seront retenus par les grandes banques ?
- Comment évoluera la régulation de ces technologies ?







