Clémence Guetté propose une loi pour reconnaître juridiquement l'amitié
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La députée La France insoumise Clémence Guetté publie un livre proposant une loi pour reconnaître juridiquement l'amitié, incluant des mesures comme un pacs amical, un congé pour s'occuper de l'enfant d'un ami, l'élargissement du congé proche aidant, l'autorisation d'absence pour le deuil d'un ami, la réservation de logements sociaux pour colocations d'amis et un rapprochement amical pour les fonctionnaires.
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Why It Matters
Clémence Guetté, députée La France insoumise du Val-de-Marne, publie un livre intitulé Pour une politique de l'amitié, dans lequel elle propose une loi pour reconnaître juridiquement l'amitié, face à une épidémie de solitude et une dégradation des conditions matérielles.
C'est un sujet qui l'occupe depuis "plusieurs mois". Dans un livre de 160 pages intitulé Pour une politique de l'amitié, paru jeudi 27 août, la députée La France insoumise Clémence Guetté dresse les contours d'une proposition de loi "au service de l'amitié".
Nous sommes, selon elle, "confrontés à une épidémie de solitude sans précédent et à une dégradation massive des conditions matérielles" qui font "souvent" de nos amitiés des "bouées de sauvetage" dans nos existences. Pourtant, "dans notre corpus juridique, tout est pensé pour le couple et pour la famille. Les ami.es, les autres liens d'affection et de solidarité, eux, sont donc les grands oubliés du droit", écrit-elle. L'élue du Val-de-Marne souhaite que le législateur "reconnai(ss)e l'importance intime et sociale de l'amitié", en accordant des droits à ceux qui la partagent, sans "toutefois l'enfermer dans un cadre".
Alors que l'ex-ministre de l'Intérieur Bruno Retailleau ou l'ancien Premier ministre Gabriel Attal, tous deux candidats à la présidentielle, se sont déjà prononcés contre ses propositions, franceinfo liste les principales mesures portées par l'élue d'extrême gauche.
Renforcer le statut des marraines et parrains civils
Clémence Guetté souhaite offrir "une reconnaissance juridique" au baptême civil, dont la célébration en mairie relève du symbole et non d'un contrat légal engageant la responsabilité d'un adulte envers un enfant qui n'est pas le sien. "Nous sommes nombreuses et nombreux à vouloir accorder à nos ami.es le même rôle que celui qu'occuperait une tante ou un oncle dans la vie et l'éducation de nos enfants", justifie-t-elle.
Ce nouveau statut permettrait de "placer l'enfant sous la protection de ses marraines ou parrains à condition que ces derniers s'engagent à contribuer à son émancipation et à prendre soin de leur filleul.e comme de leur propre enfant si les parents venaient à mourir ou se rendaient coupables d'actes de maltraitance", détaille-t-elle.
Créer un "pacs" amical
L'élue LFI propose de mettre en place "l'adoption sociale", une mesure défendue par Jean-Luc Mélenchon lors de sa candidature à l'élection présidentielle en 2022. Il s'agirait d'un "partenariat social, sorte de nouveau pacs ouvert", entre deux personnes liées par une amitié forte, mais qui ne serait pas conditionné "à l'exigence d'une résidence commune".
Ce partenariat impliquerait, comme dans le pacs classique, une aide matérielle et une assistance réciproque. Il permettrait également de léguer ses possessions à son ami, "comme s'il était son héritier en ligne directe" – c'est-à-dire avec des conditions fiscales avantageuses. "Lorsque l'on a choisi sa famille et que des ami.es sont devenus centraux dans notre existence, ne pas les voir déposédé.es de tout au moment de notre décès est absolument fondamental", justifie la députée.
Prendre un congé pour s'occuper de l'enfant d'un ami
Afin de soutenir ses amis devenus parents, notamment les mères célibataires, l'élue du Val-de-Marne souhaite qu'un congé de parentalité (le nouveau nom qu'elle souhaite donner au congé maternité et paternité) puisse être pris par un ami du parent, lorsque seul un adulte élève l'enfant. "Un.e ami.e doit pouvoir épauler une personne qui vit une naissance, puis un post-partum, des moments de très grande vulnérabilité, à la fois psychique et matérielle", avance l'autrice."On peut (...) ne pas vouloir devenir mère, mais ressentir un profond désir de s'occuper d'un enfant", ajoute-t-elle.
Elle souhaite également que ce transfert de congé à un ami, dans le cas d'une famille monoparentale, soit possible pour le congé enfant malade. "Les mères isolées bénéficient du même nombre de jours que les parents en couple. C'est la double peine : tout en assumant seules la charge d'un enfant malade, elles ne peuvent pas non plus compter sur un.e conjoint.e ou coparent.e pour cumuler ces jours", argue Clémence Guetté.
Elargir le congé proche aidant
Aujourd'hui, un salarié ne peut prendre un congé de son travail pour s'occuper d'un proche malade que si ce dernier vit au sein du même logement, ou est un membre de sa famille. "On peut obtenir un congé pour accompagner la sœur de son conjoint au quotidien, jamais pour sa meilleure amie", regrette Clémence Guetté. Elle souhaite que les salariés souhaitant accompagner un ami malade puissent eux aussi bénéficier d'un aménagement de leur temps de travail.
Autoriser l'absence au travail pour le deuil d'un ami
Dans le Code du travail, un temps d'absence après un décès n'est sanctuarisé que dans le cas d'un enfant, d'un parent, d'un grand-parent, d'un conjoint ou d'un frère ou d'une sœur. La députée LFI souhaite qu'il soit aussi possible de s'absenter dans le cas de la mort d'un ami proche. Pas moins de 10% des personnes qui ont vécu la perte d'un ami disent en effet en ressentir encore les conséquences sur leur travail plus d'un an après, selon une étude du Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (Crédoc), qu'elle met en avant.
Réserver une partie du logement social aux colocations d'amis
Alors que les modèles familiaux évoluent, la députée souhaite favoriser l'éclosion de nouveaux modes d'habitats en dehors du schéma de la famille nucléaire. Sur le modèle des colocations entre seniors, qui fleurissent ces dernières années, Clémence Guetté veut "réserver une partie du parc social à des logements conçus différemment, pensés pour être habités à plusieurs".
Un "rapprochement amical" pour les fonctionnaires
La députée reprend à son compte une proposition du philosophe Geoffroy de Lagasnerie, qui souhaite que les fonctionnaires puissent demander une mutation pour "rapprochement amical" au même titre que le "rapprochement de conjoint" qui existe aujourd'hui. Sur cette proposition comme sur les autres, l'élue entretient néanmoins peu de doute sur la possibilité de les voir votées "dans la configuration actuelle de l'Assemblée", où ni La France insoumise ni les partis de gauche ne disposent de la majorité.
What to Watch
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Les propositions de loi de Clémence Guetté seront débattues à l'Assemblée nationale dans les prochains mois
Possible · Within months
Open Questions
- Quelles sont les chances réelles d'adoption de ces propositions à l'Assemblée nationale actuelle ?
- Comment ces mesures seraient-elles financées ?
- Quel soutien populaire existe-t-il pour ces propositions ?
- Y a-t-il des expériences similaires dans d'autres pays ?







