Edouard Balladur, ancien Premier ministre, est décédé à l'âge de 97 ans
« L’ami de trente ans » de Jacques Chirac devenu son rival lors de la présidentielle de 1995 s'est éteint à Paris.
Quick Look
- Edouard Balladur, ancien Premier ministre français et figure de la Ve République, est décédé à Paris à 97 ans.
- Marqué par son alliance puis sa rivalité historique avec Jacques Chirac en 1995.
AI-generated summary
Why It Matters
Edouard Balladur est décédé à Paris à l'âge de 97 ans. Il a marqué la Ve République notamment comme Premier ministre lors de la cohabitation des années 1990.
C’est bien connu, on ne peut être trahi que par les siens. Edouard Balladur et Jacques Chirac en sont un bon exemple, avec la preuve qu’en politique, les amitiés finissent mal, en général. Edouard Balladur, décédé lundi à Paris à l’âge de 97 ans, restera dans l’histoire de la Ve République comme « l’ami de trente ans » de Jacques Chirac devenu son rival lors d’une campagne présidentielle de 1995 féroce qui mettra un terme à ses ambitions.
Tour à tour décrit comme un grand bourgeois plein de morgue ou comme un « honnête homme » au style un peu désuet, Édouard Balladur fait irruption dans la vie politique française en 1986 lorsque Jacques Chirac, alors dirigeant d’une droite victorieuse aux législatives, en fait son tout-puissant ministre d’État chargé de l’Économie, des Finances et des Privatisations dans le premier gouvernement de cohabitation.
Balladur le Premier ministre qui voulait plus
Dans ces années marquées au niveau international par le libéralisme économique imposé par Margaret Thatcher en Grande-Bretagne et Ronald Reagan aux États-Unis, il met en œuvre en France un ambitieux programme de privatisations. Il s’agit alors de défaire les nationalisations des grandes entreprises, réalisées par la gauche en 1981.
En 1988, François Mitterrand est réélu pour son second mandat et la droite perd les législatives. Mais elle tient sa revanche cinq ans plus tard, avec le retour d’une chambre « bleu horizon » qui contraint le président socialiste à une nouvelle cohabitation. Chef de la droite, Jacques Chirac n’a aucune envie de retourner à Matignon et il laisse Édouard Balladur s’y installer. Les rôles semblent clairs : à Balladur celui de Premier ministre, à Chirac (alors maire de Paris et président du RPR) la préparation de la présidentielle de 1995.
Et Chirac l’emporte
Mais Edouard Balladur devient un Premier ministre populaire, dont les ambitions s’aiguisent. Et le 18 janvier, fort du soutien d’une majorité de l’opinion et du clan Pasqua (dont Nicolas Sarkozy, jeune ministre du Budget), il se déclare candidat à la présidentielle.
Longtemps donné largement en tête du premier tour, il voit son avance fondre au fil des semaines. « Au fil des années, j’ai manifesté trop de distance et de froideur dans le rôle public que j’avais à jouer, si bien que la politique que j’ai inspirée ou menée moi-même a semblé au peuple français manquer de chaleur et de rayonnement », admettait-il dans une tribune au Figaro.
Open Questions
- Quels seront les hommages officiels rendus à l'ancien Premier ministre ?



